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Lettre d'information ACS du 3 décembre 2018

Publié le 04 décembre 2018

Les défaillances d'entreprises repartent à la hausse 

Après deux années de recul, les défaillances d'entreprises (procédure de sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire) s'affichent à nouveau en hausse dans dix régions sur 13, indique le spécialiste de l'assurance-crédit Euler-Hermes. Une hausse de 2,2% des défaillances a en effet été enregistrée entre le point bas observé en mai dernier (53.113 défaillances en cumul sur douze mois) et fin octobre. Considérant que ces mauvais résultats annulent ceux des cinq premiers mois, l'assureur-crédit table plutôt sur une stabilisation des défaillances dès cette année et sur une progression de 2% en 2019. Alors que de multiples facteurs ont mis sous tension la trésorerie des entreprises (ralentissement de la consommation et de l'investissement des ménages, contraction des marges et dégradation des délais de paiement), la situation est particulièrement inquiétante dans le secteur de la construction ou de grandes défaillances ont été constatées. 

Contrats aidés: la réduction aurait provoqué 77.000 suppressions d'emploi en 2017 

Selon la direction des statistiques du ministère du Travail (Dares), le nombre de personnes en contrat aidé a diminué de 140.000 en 2017 (-35%), ce qui aurait provoqué 77.000 suppressions d'emploi et 55.000 inscriptions à Pôle emploi. Selon la Dares, "les variations du nombre de contrats aidés ont des impacts à court terme sur l'emploi" car "selon les dispositifs, une part plus ou moins importante des embauches n'aurait pas eu lieu sans l'aide de l'État". Dans le secteur non marchand, qui représente près de 90% des contrats aidés, on suppose que le seul frein au recrutement est la contrainte financière. Voulue par la nouvelle majorité, la diminution des contrats aidés s'est poursuivie en 2018. A la fin de l'année, 150.000 emplois auront en effet été mis en place sur les 200.000 budgétés. Pour 2019, environ 130.000 parcours emploi compétences (PEC, nouvelle version des contrats aidés) ont été budgétés, dont 30.000 pour l'Education nationale. 

Recul de l'emploi intérimaire en Bretagne 

D'après le baromètre Prism'Emploi, le nombre d'emplois intérimaires a enregistré une baisse en octobre 2018, que ce soit au niveau national (-4,8%) ou régional (-5,3% pour la région Bretagne). Si plusieurs secteurs d'activité ont affiché un fort repli en Bretagne (industrie -9% et commerce -10,3%), d'autres ont en revanche progressé (transport +10,1% et B-TP +3,2%). 3 départements sur 4 ont par ailleurs limité leurs embauches intérimaires : Ille-et-Vilaine (-11,2%), Côtes d'Armor (-3%) et Finistère (-3,2%). Seul, le département du Morbihan est en hausse à hauteur de 3%. 

Prélèvement à la source : 35 000 entreprises n'ont pas encore fait les démarches 

Alors que l'entrée en vigueur du prélèvement à la source est prévue le 1er janvier 2019, 35.000 entreprises n'ont toujours pas déclaré les revenus de leurs salariés au fisc malgré plusieurs relances. Plus de 40.000 personnes sont concernées. Selon Bercy, il s'agit majoritairement de très petites entreprises, composées d'un ou deux salariés. 23% d'entre elles n'ont d'ailleurs aucun salarié. Principalement basées en Île-de-France (40%), notamment en Seine-Saint-Denis, mais aussi en outre-mer (17%), ces entreprises sont bien souvent de petites entreprises précaires du bâtiment, du commerce ou de la restauration. Des pénalités financières, en fonction du nombre de salariés, pourront être appliquées si les entreprises concernées ne se conforment pas aux nouvelles procédures. 

Initiative France met à l'honneur ses parrains de la création d'entreprise 

En novembre, Initiative France, le premier réseau associatif de financement et d'accompagnement des créateurs, repreneurs et développeurs d'entreprise, a mis à l'honneur ses 4.100 marraines et parrains. Selon l'association, le lien de confiance qui se tisse entre un entrepreneur et son parrain contribue au développement et à la pérennité des entreprises, puisque 91% d'entre elles sont encore en activité trois ans après leur création. L'an passé, Initiative France a apporté 185 millions d'euros en prêts d'honneur aux entrepreneurs qu'elle soutient. Grâce à un effet de levier, ces subventions ont permis de lever 1,241 milliard d'euros auprès des banques. Au total, ce sont donc 16.416 entreprises qui ont été soutenues en 2017, ce qui représente quelque 43.128 emplois créés ou sauvegardés. À l'horizon 2020, Initiative France espère fédérer 5000 parrains et marraines, soit un millier de plus qu'aujourd'hui. 

L'Etat ne soutient pas assez les PME et TPE en France 

D'après un sondage Opinion Way pour Rumeur Publique, si 90% des personnes interrogées soulignent que le développement des entreprises de taille moyenne est un élément clé pour la croissance économique française (42% oui tout à fait, 48% oui plutôt), ils sont par contre 71% à penser que le soutien des Pouvoirs publics aux PME est insuffisant. Pour encourager le développement des entreprises de taille moyenne, les Français interrogés privilégient les prêts bancaires à taux zéro et un "small business act" à la française qui réserverait une part des commandes publiques aux PME et ETI. D'autres mesures sont évoquées par les sondés : un crédit d'impôt recherche renforcé ou une garantie. 

Les cessions et transmissions de PME progressent en 2018 

Selon le baromètre de la transmission de PME du CNCFA et Epsilon Research, la tendance à la reprise des cessions et transmissions, amorcée en 2017, se confirme. Malgré un marché caché, les auteurs du baromètre estiment que le marché de la transmission-cession des PME en 2018 a concerné près de 4.600 cas, dont 3.400 cessions et 1.200 transmissions intrafamiliales. Si ces dernières ont progressé de 0,15 point entre 2010 et 2014, elles n'ont concerné qu'un quart des transmissions en 2018. Aux trois-quarts, les entreprises sont cédées à des acquéreurs extérieurs à la famille du dirigeant. Le capital-transmission est par ailleurs très dynamique avec une augmentation de +16% en valeur et +18% en volume. Représentant 30% des acquisitions de PME, le capital-transmission varie en fonction de la taille de l'entreprise. Ainsi, il est beaucoup plus manifeste auprès des entreprises réalisant entre 5 et 15 millions de CA avec une hausse de 9 points entre 2017 et 2018, même s'il reste le plus élevé (44 %) sur le segment des entreprises réalisant entre 15 et 50 millions de CA. Du côté des prix des PME, les résultats dévoilent une tendance à la hausse, sous l'impulsion des fonds d'investissement et des acquéreurs industriels. Les prix payés sur les trois premiers trimestres de 2018 montrent des prix d'achat qui se situent entre 9,3 et 10 fois l'Ebitda. Ces prix hauts s'expliquent notamment par deux raisons. D'une part, l'appétence des industriels qui interviennent davantage sur les PME réalisant entre 15 et 50 millions de CA et d'autre part, les acquéreurs étrangers, friands des PME françaises, quelle que soient leur taille.