actualités

Lettre d'information ACS du 4 février 2019

Publié le 04 février 2019

La banque publique Bpifrance confiante sur la conjoncture française en 2019 

Alors que les données publiées par l'Insee ont dévoilé une progression de l'économie française de 0,3% pour le dernier trimestre 2018, un chiffre comparable à celui du troisième trimestre, les économistes anticipent un nouveau ralentissement pour 2019. La banque publique Bpifrance estime pour sa part que ses perspectives de croissance pour 2019 sont "assez significatives" et elle n'anticipe pas de retournement pour les mois à venir. L'année 2018 a été marquée pour Bpifrance par une activité record en termes de financement, représentant un total de 19 milliards d'euros (+9%), en dépit d'un léger recul des aides et prêts à l'innovation (-10,2%). Ce poste devrait renouer avec la croissance dès 2019 pour évoluer entre 1,3 et 1,4 milliard d'euros (vs 1,2 milliard en 2018) avec entre autres le lancement du plan "Deeptech" visant à faire émerger des pépites issues du monde académique. Au niveau des investissements, la banque, qui devrait avoir réalisé un résultat net proche du milliard d'euros en 2018, espère se renforcer à nouveau dans le secteur de la transition énergétique. 

Loi Pacte: le Sénat vote la simplification des seuils pour les entreprises 

Dans la nuit du 30 au 31 janvier, le Sénat a voté en première lecture les dispositions du projet de loi Pacte en faveur de la simplification des seuils qui déclenchent des obligations fiscales et sociales pour les entreprises. L'objectif de cette mesure était de rationaliser les niveaux de seuils d'effectifs, en privilégiant trois d'entre eux: onze, 50 et 250 salariés. En cas de franchissement d'un seuil, le texte instaure en outre un délai de cinq ans consécutifs avant de se voir appliquer les nouvelles obligations qui y sont liées. Selon le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, cette décision va permettre d'alléger la facture qui pèse sur les PME de près de 600 millions d'euros. 

Brexit : la France s'alarme du manque de préparation des PME 

Alors que le Parlement britannique a rejeté le 15 janvier l'accord négocié par Theresa May avec l'Union européenne, le gouvernement français s'inquiète des conséquences d'un « hard brexit » pour les PME. Près de 30.000 entreprises réalisent des exportations vers le Royaume-Uni et 3.300 entreprises françaises sont implantées outre-Manche. La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runnacher et Nathalie Loiseau, la ministre en charge des Affaires européennes ont présenté un plan de sensibilisation des entreprises aux fédérations professionnelles. Il prévoit la diffusion d'un nouveau support intitulé « Se préparer à une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'Union européenne » et l'organisation d'une nouvelle série de réunions dans les régions, animées notamment par les Direccte. L'inquiétude a également gagné le patronat. La Confédération des PME (CPME) « recommande aux entreprises de vérifier le plus rapidement possible l'origine des produits alimentant leur chaîne d'approvisionnement, et ce, afin de surveiller leur conformité avec les règles en vigueur dans l'Europe des 27 ». Le Medef entend aussi accélérer la préparation des entreprises au pire scénario. 

Les entrepreneurs veulent plus d'entraide sur leur territoire 

Selon une étude réalisée pour la fondation MMA des Entrepreneurs du Futur, 84% des entrepreneurs sont attachés à leur territoire, autant pour des raisons personnelles que pour des raisons économiques. Mais, ils n'ont pas tous la même perception du territoire. Pour 48% des personnes interrogées, la ville et la communauté de communes sont les échelons principaux. Viennent ensuite la région (23%), le département (12%) et enfin l'Europe (6%). Les perceptions varient en fonction du type d'activité. Ainsi, les petits commerçants et les artisans privilégient l'échelon local. La région est particulièrement mise en avant par les hommes de réseau (34%) et les dirigeants de PME (27%). Les agriculteurs mentionnent plus souvent l'Europe (18%). Par ailleurs, les chefs d'entreprise s'adressent en premier lieu au banquier (29%). Il est suivi par les chambres de commerce ou des métiers (18%), les collectivités territoriales (13%). Enfin, les entrepreneurs se montrent très critiques vis-à-vis des relations qu'ils entretiennent avec les acteurs territoriaux. 73% d'entre eux souhaiteraient plus d'appui et 76% voudraient également que les entreprises de leur territoire s'entraident davantage. 

Les Français tiraillés entre l'envie d'entreprendre et le besoin de protection 

A l'occasion du prochain Salon des entrepreneurs, OpinionWay a réalisé un sondage qui révèle que 28% des Français souhaitent reprendre ou créer une entreprise. Cet engouement est cependant moins important que chez nos voisins européens. Plus de la moitié des personnes interrogées se projettent dans la création d'entreprise au Royaume-Uni. Ce chiffre monte à 55% en Espagne. Mais le salariat reste attractif en France, avec 63% des Français qui voient leur avenir professionnel comme salarié uniquement. Par ailleurs, le travail indépendant est principalement perçu comme un moyen de créer son propre emploi par 88% des Français. Toujours dans l'Hexagone, seul la moitié des répondants y voient un moyen de bien gagner sa vie alors qu'ils sont 90% au Royaume Uni. Enfin, le manque de protection sociale est mentionné dans tous les pays comme la principale difficulté rencontrée par les entrepreneurs (52% en France, 66% en Allemagne et 76% en Espagne). Pour François Hurel, président de l'Union des autoentrepreneurs, il est plus que nécessaire de « créer un socle des protections sociales attachées à la personne et avec une portabilité des droits, à l'instar de la formation professionnelle » pour faire face notamment à la montée en puissance des plateformes numériques. 

Microentrepreneurs : un succès en trompe-l'oeil 

D'après les derniers chiffres publiés par l'Insee, les créations d'entreprises ont atteint un niveau record en 2018, un succès largement dû aux microentreprises. En effet, ces dernières représentent près de la moitié des 691.000 nouvelles immatriculations, soit 308.300 enregistrements. Un chiffre en hausse de 28% par rapport à l'année précédente. Mais ce succès masque des difficultés notamment sur le plan financier. Fin 2017, seuls 723.000 personnes (61,4%) déclaraient un chiffre d'affaires positif. Le revenu moyen avoisinait les 3.664 euros au quatrième trimestre 2017. Par ailleurs, il y a autant de situations personnelles que de microentreprises. Salariés, chômeurs, retraités ou bénéficiaires des minimas sociaux, près de 70% disent exercer une autre activité ou disposer de revenus complémentaires. De plus, les gains varient considérablement selon les secteurs. Contesté par les artisans, ce dispositif est toujours accusé de favoriser la concurrence déloyale. Il est malgré tout plébiscité par certains. Selon François Hurel, président de l'Union des autoentrepreneurs, 78% des 18-24 ans préfèreraient être indépendants que salariés. Le salariat reste bien ancré en France puisqu'il n'a pas réellement reculé depuis 10 ans, avec environ 19,4 millions de salariés. Enfin, il est aussi reproché au régime de la microentreprise d'encourager le salariat déguisé. Face à un niveau de protection sociale très faible, les contentieux se multiplient devant la justice. Uber a également été condamné par la Cour d'appel de Paris à requalifier en contrat de travail le contrat commercial qui liait la plateforme à un chauffeur indépendant. Dans ce contexte, le ministère du Travail réfléchit à un nouveau régime juridique, visant à clarifier les liens entre les travailleurs et les plateformes, qui pourrait être intégré à la loi d'orientation des mobilités. La Fédération nationale des autoentrepreneurs a quant à elle obtenu début janvier de siéger auprès de la Sécurité sociale des indépendants. 

Logement : nette baisse des mises en chantier et des permis de construire en 2018 

Après deux années d'essor, la construction de logements neufs a nettement ralenti en 2018. Selon les chiffres du ministère de la Cohésion des Territoires, le nombre de mises en chantier s'est établi à 398.100 (-7% par rapport à 2017), et celui des permis de construire à 460.500 unités (-7,1%). Sensible depuis le début 2018, la chute s'est accentuée au dernier trimestre pour les mises en chantier, alors que certaines organisations du bâtiment évoquent des reports liés au mouvement des "gilets jaunes". Sur les trois derniers mois de l'année, les mises en chantier ont en effet reculé de 18,3% - par rapport à la même époque de 2017 - contre 7,9% au précédent trimestre. La tendance s'est en revanche maintenue pour les permis de construire, plus représentatifs des tendances à venir. Ceux-ci sont en baisse de 8,4% au quatrième trimestre contre 10,2% au précédent.