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Lettre d'information Agricole du 10 décembre 2018

Publié le 12 décembre 2018

UE : les surfaces agricoles vont se réduire d'ici 2030 

D'après un rapport de la Commission européenne, les surfaces agricoles vont se réduire en Europe d'ici 2030, aux alentours de 176 millions d'hectares, contre 178 millions en 2018, mais à une vitesse plus lente qu'au cours de la précédente décennie. Dans le détail, la production européenne de céréales devrait continuer de croître, à 325 millions de tonnes d'ici 2030, essentiellement en raison de la hausse de la demande industrielle. Du côté du secteur laitier, l'UE devrait fournir près de 35% de la hausse attendue de la consommation mondiale. Les exportations européennes de fromage, beurre, poudre de lait devraient par ailleurs croitre en moyenne de 330.000 tonnes par an. Pour la viande, la production européenne de viande de boeuf estimée à 8,2 millions de tonnes en 2018 devrait décliner en raison de la chute de la consommation, et de la réduction des troupeaux attendue. Idem pour la viande de porc. En moyenne, la consommation de viande devrait baisser à 68,6 kg en 2030 par habitant de l'UE, contre 69,3 kg en 2018. 

Loi alimentation : l'ordonnance présentée le 12 décembre 

Prévu lors du Conseil des ministres de mercredi dernier, l'examen de l'ordonnance de la loi Alimentation voulue par Emmanuel Macron pour améliorer le revenu des agriculteurs aura lieu lors du prochain conseil, le 12 décembre, ont annoncé le ministère de l'Economie et le ministère de l'Agriculture. Les deux ministres précisent que l'ordonnance qui sera examinée mercredi permettra « pour deux ans et à titre expérimental » de limiter les promotions dans une proportion d'un produit gratuit pour trois, contre un pour deux précédemment dès le 1er janvier. L'ordonnance prévoit également la possibilité de suspendre temporairement la mise en oeuvre de ces dispositions en cas de nécessité. 

Grippe aviaire : 78,4 millions d'euros d'indemnisations

Le ministère de l'Agriculture a annoncé la clôture des indemnisations des exploitations et des entreprises aval touchées par l'épidémie de grippe aviaire H5N8 de l'hiver 2016/2017. Au total, 70 millions d'euros ont été versés à 2.400 éleveurs de volailles et 8,4 millions d'euros à des entreprises des maillons sélection, accouvage et aval, hors indemnisations des abattages sanitaires. À noter que la France a recouvré son statut de pays indemne d'influenza aviaire hautement pathogène le 27 octobre 2017. Néanmoins, le Ministère de l'Agriculture rappelle l'importance du respect des mesures de biosécurité, en particulier en période de migration des oiseaux sauvages, considérée à haut risque. 

Cop24 : un nouveau rapport préconise la réduction de la consommation de viande 

Selon une étude du think tank américain WRI (World Resources Institute), pour relever le défi de nourrir 10 milliards de personnes en 2050, il faudra lutter contre le gaspillage alimentaire, réduire la consommation de viande, gagner en productivité agricole tout en produisant moins de gaz à effet de serre. D'après le rapport, la demande alimentaire devrait augmenter de plus de 50% en 2050 tandis que la demande d'aliments d'origine animale (viande, produits laitiers et oeufs) devrait augmenter de près de 70%. 

Bovins : hausse des abattages 

D'après la note d'Infos rapides du ministère de l'Agriculture, les abattages totaux de bovins ont augmenté en têtes (+1,1 %) et en poids (+1,4 %) en octobre 2018 par rapport à 2017. Sur les 9 premiers mois de l'année, la production bovine française se révèle identique à celle de 2017. Les échanges de viande bovine s'affichent par ailleurs en hausse sur les 9 premiers mois de 2018. Les importations ont augmenté de 3% et les exportations de 2,3%. 

Porc : net recul des abattages et des cours 

En octobre, les abattages de porcins se replient de 2,1% en tonnes équivalent-carcasse (téc) et de 1,6% en têtes sur un an, selon la note de conjoncture du ministère de l'Agriculture. En cumul de janvier à octobre, les abattages progressent néanmoins de 0,9% en têtes et en téc, par rapport à 2017. Sur un mois, le poids moyen des carcasses augmente de 800 g, passant de 91,3 kg en septembre à 92,1 kg en octobre. Malgré le recul des abattages en octobre, le cours français recule de 7 centimes/kg par rapport à septembre, le plaçant 8% en deçà de la moyenne quinquennale. Ailleurs en Europe, les prix suivent la même tendance, en lien avec la hausse saisonnière de l'offre. Enfin, les exportations de viande porcine ont reculé de 17% en septembre, par rapport à la moyenne quinquennale, et de 20% sur un an. Dans le détail, les ventes déclinent vers l'Italie (-26% sur un an), et dans une moindre mesure vers l'Espagne et la Hongrie. Malgré la baisse des ventes à destination de la Chine (-15%) et du Japon (-31%), les exportations se maintiennent vers l'Asie grâce aux flux dynamiques vers les Philippines (+78%). 

Baisse des achats de viande de porc par les ménages 

Les premiers chiffres de 2018 confirment la tendance à la baisse des achats de viande de porc par les ménages. La viande fraîche est particulièrement concernée, avec un repli de 6% pour les côtes de porc et 4% pour les rôtis entre janvier et août 2018, par rapport à la même période de 2017. Concernant la charcuterie, seule la saucisse fraîche progresse encore (+2,1%), alors que le jambon cuit, qui représente le quart des achats de charcuterie des ménages, baisse de 1,8%. 

Promotions : déjà des conséquences perverses pour les filières avicoles 

Selon le syndicat des aviculteurs de France (CFA), « la limitation des promotions à 25% des volumes dès l'année prochaine pose problème aux produits avicole et cunicole. Elle a déjà des conséquences perverses sur le terrain, avec des contrats revus à la baisse de près de 25% pour les volailles label (vendu à 40% en promotion), des baisses qui ont pour effet direct l'allongement des vides sanitaires et donc un manque à gagner pour les éleveurs ». La CFA déplore également « le comportement de certains distributeurs qui semblent profiter de ce futur dispositif pour exercer une pression intolérable sur les prix et les volumes à contractualiser ».