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Lettre d'information Agricole du 12 février 2018

Publié le 12 février 2018

Le Sénat alerte le gouvernement sur la Pac et les accords de libre-échange 

Le 7 février, à l'occasion d'une audition de Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, la commission des affaires européennes du Sénat l'a alertée sur « l'indispensable maintien de l'enveloppe budgétaire allouée à la Pac en vue des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel » et sur « la nécessité d'un débat très ouvert avec le Parlement sur les accords de libre-échange ». Concernant l'avenir de la Pac, les Sénateurs (LR) Sophie Primas et Jean Bizet ont également fait part de leur inquiétude dans un communiqué en date du 8 février 2018. « Depuis 1962, les autorités françaises ont toujours fermement défendu la Pac et son budget. Renoncer aujourd'hui à cette ambition serait, tout à la fois, une rupture historique, une erreur économique, ainsi qu'un non-sens stratégique, non seulement pour nos agriculteurs, mais pour notre pays en général ». Une telle orientation serait également explicitement contraire à la résolution du Sénat adoptée le 8 septembre 2017, dans laquelle les élus mettaient « en garde contre le risque qui consisterait, à l'avenir, à considérer la politique agricole commune comme la variable d'ajustement du budget de l'Union ».

La production des IAA à son plus bas niveau depuis 2013 

D'après une récente note Agreste, la production globale des IAA a diminué de 0,5% au troisième trimestre 2017 par rapport au même trimestre de 2016, s'établissant à son plus bas niveau pour un troisième trimestre depuis 2013. La production a notamment été pénalisée par la baisse des fabrications de viande et produits à base de viandes, des autres produits alimentaires et des huiles et graisses végétales et animales. « Les demandes nationale et étrangère de produits alimentaires se sont contractées en volume, conduisant à une baisse conjointe des exportations et des importations », a précisé la note Agreste.

L'année 2018 s'annonce contrastée pour le lait

Après avoir grimpé de 16% en 2017, le prix moyen du lait payé aux producteurs en France pourrait ralentir sa progression cette année. Selon le Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière (Cniel) en effet, le prix du lait restera pris en tenailles entre deux tendances de marchés radicalement opposées : des stocks très importants de poudre de lait écrémé tirant les prix vers le bas, et un manque de beurre soutenant les cours. A fin janvier, les 1.000 litres de lait s'échangeaient à 362,7 euros, un prix stable depuis le début de l'année.

France : 2018, une « année charnière » pour les coopératives laitières françaises 

L'année 2018 sera une « année charnière » pour les éleveurs laitiers regroupés en coopératives, au moment où le gouvernement français tente d'apaiser les relations commerciales, a indiqué le président de Coop de France Métiers du Lait, Damien Lacombe. « La filière laitière française a besoin de plus d'années favorables et les adhérents ont besoin de refaire leur Trésorerie » après la sévère crise qu'a connu le secteur en 2015/2016, a expliqué Damien Lacombe, également président de Sodiaal, la plus importante coopérative laitière française, lors d'une conférence de presse. « L'objectif, c'est d'aller chercher de la valeur en profitant de cette année où on a une fenêtre de tir pour changer nos relations avec la grande distribution », qui doit notamment entrer dans l'interprofession laitière, a expliqué Damien Lacombe.

Nouvelles conditions d'exportation de produits porcins vers le Japon 

Suite aux négociations entre la DGAL et le Ministère japonais de l'Alimentation, et à la mission d'audit de décembre 2016, les autorités japonaises ont accepté de délivrer une dérogation aux établissements français de produits carnés porcins souhaitant exporter vers le Japon. Cette dérogation (« établissements désignés exceptionnels ») permet désormais aux établissements producteurs de ne pas se fournir exclusivement auprès d'établissements agréés pour l'exportation vers le Japon sous condition de prouver la traçabilité des produits exportés. Conformément à l'instruction DGAL/SDASEI/2017-1044 du 28 décembre 2017, les établissements candidats doivent déposer un dossier de demande d'agrément avant le 21 février 2018.

Trois cas d'influenza aviaire faiblement pathogène dans le Morbihan 

Dimanche 4 février, trois foyers de virus influenza aviaire faiblement pathogène ont été confirmés dans trois élevages de canards du Morbihan situés à Arzal, Pluméliau et Sérent, selon la préfecture du Morbihan. Au total, 25.000 canards ont été abattus, à titre préventif. Le préfet a ordonné le confinement des volailles et la restriction des mouvements de ces animaux dans un rayon de 1 km autour des trois exploitations infectées.

Volailles : les abattages ont piqué du bec en 2017 

Selon les dernières estimations du ministère de l'Agriculture, en décembre 2017, les abattages de volailles, toutes espèces confondues, ont reculé de 1,8% en têtes et de 2% en tonnage. Sur 2017, ils se replient de 1,3% en têtes et de 1,1% en tec par rapport à 2016. Pour les abattages de poulets, ils se contractent de 0,3% en têtes sur l'année 2017, tandis qu'ils progressent de 2,2% en poids, en lien avec la baisse de la demande de poulets légers à l'exportation. Quant à la production indigène de volailles de chair, elle atteint 1.350 milliers de tec au cours des neuf premiers mois de 2017. Elle serait donc quasi stable, en glissement annuel. L'évolution varie selon l'espèce : en hausse pour le poulet de 1,6%, en repli pour la dinde de 3,7%, et en forte baisse pour le canard de 7,4%. Les exportations de viandes et préparations de volailles ont reculé de 1,7% en novembre, en glissement annuel. Sont particulièrement concernés les dindes (–8,3%) puis les canards (–2,5%).

L'oeuf reste cher bien qu'en baisse 

Ces deux derniers mois, la tendance nationale officieuse de l'œuf tout-venant destiné à l'industrie a chuté de 44,2% ; celle des œufs calibrés a perdu 16%. En cause, en premier lieu, le ralentissement saisonnier du commerce, auquel s'est ajouté les moindres besoins des industriels qui ont dû faire face, aux dires du secteur, à une activité ovoproduits correcte sans plus, voire décevante, selon le débouché et le produit considérés. La vitesse de repli des cours à l'industrie a été d'autant plus forte cette année que les niveaux de prix atteints fin 2017 étaient élevés et le manque à gagner des industriels important. Le soudain retour de propositions très attractives d'œufs d'Europe de l'Est sur la scène communautaire a aussi intensifié les tensions, malgré les doutes qui continuent de planer quant à la qualité sanitaire de certains produits. Bien que moins agressive, l'Espagne a également affiché des tarifs plus compétitifs, laissant l'Hexagone sous tension. L'origine France étant privilégiée sur le marché du conditionnement, les cours ont mieux résisté et présentaient fin janvier des signes de stabilisation. Malgré ces replis significatifs, l'aval de la filière doit encore conjuguer avec des prix industrie dépassant de 39,4% leur niveau moyen des cinq dernières années et des tarifs des œufs calibrés en hausse de 66%.