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Lettre d'information Agricole du 17 décembre 2018

Publié le 17 décembre 2018

Le Parlement européen approuve l'accord UE/Japon

Le 12 décembre, le Parlement européen a approuvé (474 voix pour, 152 contre et 40 abstentions) un vaste accord commercial entre l'UE et le Japon. Cet accord, qui doit entrer en vigueur le 1er février 2019, pourrait servir de base à un éventuel traité commercial avec le Royaume-Uni après le Brexit. 

SRP et promotions : l'ordonnance publiée au JO 

L'ordonnance n°2018-1128 du 12 décembre relative au relèvement du seuil de revente à perte et à l'encadrement des promotions pour les denrées et certains produits alimentaires est paru au JO ce vendredi. Cette ordonnance stipule l'affectation d'un coefficient de 1,10 au prix d'achat effectif pour les denrées alimentaires et les produits destinés à l'alimentation des animaux de compagnie revendus en l'état au consommateur. L'entrée en vigueur de cette mesure doit encore être fixée par décret et intervenir au plus tard le 1er juin 2019. L'ordonnance interdit par ailleurs les avantages promotionnels supérieurs à 34% du prix de vente au consommateur ou une augmentation de la quantité vendue équivalente dès le 1er janvier 2019 à l'exception « des produits périssables et menacés d'altération rapide, à condition que l'avantage promotionnel ne fasse l'objet d'aucune publicité ou annonce à l'extérieur du point de vente ». L'ordonnance stipule enfin que ces avantages promotionnels accordés par le fournisseur ou le distributeur ne doivent pas représenter plus de 25% : du CA prévisionnel fixé par la convention (pour les marques nationales et certaines MDD) ; du volume prévisionnel prévu par le contrat de fabrication de MDD répondant à un besoin particulier du distributeur ; et « des engagements de volume portant sur des produits agricoles périssables ou issus de cycles courts de production, d'animaux vifs, de carcasses ou pour les produits de la pêche et de l'aquaculture ». Et ce dès les négociations commerciales 2019. 

PAC: les régions exigent un rôle accru

Le 13 décembre, les régions françaises ont exigé du ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, de jouer un rôle accru dans la prochaine Politique agricole commune (PAC), qui se négociera à Bruxelles à partir de l'an prochain. Dans un "livre blanc", les régions exigent notamment une décentralisation plus approfondie du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader, 2e pilier de la PAC), et plus particulièrement de pouvoir verser elles-mêmes ces aides, ce qui est aujourd'hui du ressort de l'État. L'arbitrage sur le futur rôle des régions se fera au plus haut niveau de l'État, en début d'année prochaine.

Europe : le prix du lait poursuit sa progression 

D'après les chiffres publiés le 7 décembre 2018 par la Commission européenne, le prix du lait continue sa progression et atteint les 359,1 euros/1 000 litres en octobre 2018, soit 3,1% de plus qu'en septembre. Le prix moyen du lait payé au producteur en Europe a par ailleurs augmenté de plus de 12% depuis le mois de mai 2018 et les premières estimations tablent sur un prix du lait à 360 euros /1 000 l pour novembre 2018. La France se positionne pour sa part légèrement au-dessus de la moyenne européenne avec un prix moyen qui s'élève à 367,1 euros/1 000 l. Malgré cette progression, le prix du lait reste en-dessous des valeurs enregistrées en 2017 à partir de la mi-mars. 

France : une collecte de lait en baisse 

D’après le Cniel, la production laitière européenne s’affiche en légère baisse sur les mois de septembre et d'octobre. En France, elle présente même un fort décrochage avec une baisse de la production de 70 millions de litres entre fin avril et début novembre, ou elle atteint environ 430 000 millions de litres. Comparé à l'année précédente, sur les six dernières semaines, la production laitière se situe entre 4 et 5 % en dessous des volumes 2017. Cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochains mois en raison du manque des stocks fourragers dans de nombreuses régions.

Viandes blanches : la demande asiatique va s'accroître 

Selon les prévisions de la Commission européenne, les envois communautaires de viandes de porc et de volaille devraient progresser vers l'Asie à l'horizon 2030. L'embargo russe devrait perdurer en 2019, et le pays se rapproche de l'autonomie. Pour la viande porcine, la demande mondiale devrait continuer de croître d'ici 2030, mais à un rythme moins soutenu que la précédente décennie. Elle devrait progresser de 0,7% par an, soit un total de 724.000 tonnes sur l'ensemble de la période. Sur le marché de la viande de volailles, la demande mondiale devrait poursuivre sa progression au même rythme que la dernière décennie, à raison de 2,3% par an, pour atteindre 17 millions de tonnes en 2030. La Commission européenne prévoit des exportations communautaires en hausse de 1,4% par an jusqu'en 2030, pour atteindre un total de 1,9 million de tonnes. La croissance de la production est attendue en baisse : 0,3% par an contre 2,5% sur la dernière décennie. Elle devrait être tirée par la Hongrie, la Pologne et la Roumanie. Alors que l'embargo russe devrait perdurer en 2019, le pays prépare son autonomie alimentaire. En viande porcine, le pays était autosuffisant à 79% en 2013 et l'est désormais à 91% en 2018. En viande de volailles, le pays a presque atteint l'autosuffisance, passant de 89% en 2013 à 98% cette année. 

Volailles : les canards tirent à la hausse les abattages 

En octobre 2018, les abattages de volailles augmentent de 2% en tec sur un an, tirés par l'activité dynamique des canards à gaver (+19%) et des canards à rôtir (+11%). Concernant les autres volailles, les abattages continuent de diminuer depuis août : -1,8% pour les dindes en octobre sur un an et -0,6% pour les poulets. Sur ce même mois, le prix à la production de poulet augmente très légèrement (+0,3% sur un mois) après une hausse de 1,4% en septembre sur un mois. Quant au prix à la production de la dinde, il progresse de 0,9% sur un mois. Au troisième trimestre de 2018, avec près de 450.000 tonnes, la production française des volailles de chair se contracte par rapport à 2017 (-4,6 % pour les poulets, -14 % pour les dindes), tandis que celle de canards (gras et à rôtir) progresse (+20%). Néanmoins, la production de poulets est très proche de celle de la moyenne quinquennale. Sur les neuf premiers mois de 2018, la production reste supérieure à celle de 2017 (+1,8%), fortement tirée par le dynamisme des productions de canards (+11%), notamment de la filière du gras. Enfin, sur les neuf premiers mois de 2018, la consommation apparente de viandes de volailles resterait en hausse pour chacune des espèces (+2,7% pour l'ensemble des volailles). 

Le Parlement européen se penche sur le bien-être des poulets 

S'appuyant sur un rapport européen publié en avril 2018 et relatif à l'application de la directive sur le bien-être du poulet, le Parlement européen a voté fin octobre une résolution demandant à la Commission de renforcer le bien-être des poulets. En effet, selon ce rapport, seulement les deux tiers des États membres ont mis en oeuvre le texte et les deux tiers des élevages vont au-delà de la densité d'élevage de 33 kg/m2, fixée comme la règle générale. Outre le renforcement de l'application de la directive, s'ajoute une liste de demandes : encourager la recherche sur l'antibiorésistance, définir une feuille de route pour une production durable et compétitive, s'assurer que les viandes importées sont conformes aux critères européens, étiqueter l'origine des viandes importées et instaurer comme en oeuf un marquage UE lié au mode d'élevage.