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Lettre d'information Agricole du 18 octobre 2021

Publié le 19 octobre 2021

Voici à quoi serviront les 2 milliards d'euros de France 2030 pour l'agriculture

Dans le cadre du plan France 2030 (30 milliards d´euros), le gouvernement prévoit une enveloppe de deux milliards d´euros pour « soutenir la troisième révolution agricole ». Le volet agricole de France 2030 s´appuiera sur le numérique, la robotique et la génétique. Selon Julien Denormandie, ministre de l´Agriculture, il faut démultiplier les initiatives. Dans le détail, 600 millions d'euros seront consacrés à « la révolution du vivant et de la connaissance ». Cette enveloppe doit permettre de financer les projets de R&D des entreprises, dont la méthanisation des élevages. Par ailleurs, 400 millions d'euros seront destinés à la « santé nutritionnelle », avec le renforcement et le soutien des entreprises spécialisées dans la recherche sur les ferments ou les microbiomes et à la relocalisation des chaînes alimentaires sur le territoire. A cette somme s´ajouteront 450 millions d'euros dans le cadre du plan d´investissements d´avenir 4 (PIA4). De plus, 500 millions d'euros seront prévus pour soutenir l´installation de nouveaux agriculteurs. Enfin, 500 millions d'euros seront consacrés à la recherche de nouveaux matériaux bas carbone.

Agriculteurs : les éleveurs ont le niveau de vie le plus faible, selon l'INSEE

Selon une étude menée par l'Institut national de la statistique, les éleveurs sont les agriculteurs les plus mal lotis en France, avec « les revenus agricoles et le niveau de vie les plus faibles ». En moyenne, rappelle l'Insee, seul un tiers des ressources des ménages agricoles provient de l'activité agricole. « La majorité de leurs revenus sont issus d'autres activités, en particulier celles du conjoint, et un cinquième sont issus du patrimoine, notamment sous la forme de fermages ». Dans les territoires de production de bovins viande ou mixte, d'ovins ou de caprins, où vivent 17 % des ménages, les revenus agricoles constituent « 30 % de leurs ressources », ce qui correspond à peu près à la moyenne des agriculteurs. Mais dans leur cas, les revenus « provenant d'autres activités étant également faibles », les ménages « sont très exposés à la pauvreté : une personne sur quatre vit sous le seuil de pauvreté » (contre 18 % pour l'ensemble des ménages agricoles), souligne le document. La faiblesse de leur niveau de vie s'explique aussi par le fait qu'ils sont essentiellement installés dans le centre de la France, dans des campagnes éloignées des pôles d'emploi, qu'ils vivent « plus souvent seuls que les autres agriculteurs, et bénéficient donc moins souvent des revenus d'un conjoint ou d'un autre membre de la famille ».

Feu vert du Parlement à de nouvelles mesures pour protéger le revenu des agriculteurs

Le 14 octobre, le Parlement a adopté définitivement, par un ultime vote du Sénat, de « nouvelles règles du jeu » pour protéger la rémunération des agriculteurs dans les relations commerciales avec industriels et distributeurs. Le Sénat a introduit deux « avancées » à la proposition de loi du député LREM Grégory Besson-Moreau, dite « Egalim 2 » : le principe de non-négociabilité appliqué à tous les produits alimentaires, « indépendamment du volume des différents ingrédients », et un encadrement « inédit » des produits alimentaires vendus sous marque de distributeur. La commission mixte paritaire (CMP) a également validé le principe d'une expérimentation pour exclure certaines filières de fruits et légumes du relèvement du seuil de revente à perte mis en oeuvre depuis Egalim 1. La proposition de loi prévoit en outre de rendre obligatoire l'indication du pays d'origine pour les produits agricoles et alimentaires. Le gouvernement veut une mise en oeuvre « le plus tôt possible ».

Le prix du lait européen atteint 364 euros/1.000 litres en août

D'après les dernières données de la Commission européenne, le prix du lait moyen versé aux producteurs européens a progressé de 15 euros/1.000 litres entre janvier et août 2021, pour atteindre en août une moyenne de 364 euros/1.000 litres. Sur un an, le prix moyen du lait a enregistré une hausse de +10 % (+33 euros/1.000 litres). La tendance haussière devrait se poursuivre sur le mois de septembre.

La Fnab demande que le marché du lait bio soit « stimulé »

Alors que le marché du lait biologique connaît actuellement un déséquilibre, la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) estime que « rien ne laisse penser qu'un palier de consommation [soit] atteint » et préconise une stimulation du marché, comme cela se fait pour les autres filières. La Fnab appelle à structurer une communication ambitieuse, notamment en renforçant « les budgets de communication de l'Agence Bio et des commissions bio des interprofessions ». « Depuis cinq ans, la filière bio a versé 8,5 millions d'euros à l'interprofession du lait qui, dans le même temps, a investi six fois moins pour communiquer sur la bio », précise Eric Guihery, responsable lait de la Fnab. Et de préciser que le budget de la commission bio du Cniel pour l'année 2021 est de l'ordre de 300.000 euros, sur un budget total de presque 40 millions d'euros. La fédération demande également au gouvernement de s'assurer que « 20 % des produits laitiers servis en restauration collective publique soient des produits laitiers biologiques ».

Bovins : la baisse de la production européenne va continuer en 2021 et 2022

D'après les dernières estimations de la Commission européenne, la production européenne de viande bovine a reculé de 0,5 % au premier semestre 2021. Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre en 2021 et surtout en 2022 (-0,9 %). Deux éléments incitent les éleveurs à vendre : la hausse des coûts de production et les prix élevés. La Commission européenne pointe toutefois des situations très diverses selon les états membres au niveau de la production : -7 % en Irlande, -1,5 % en Allemagne, +6,3 % en Espagne. Concernant les exportations, celles-ci ont chuté de 6 % au premier semestre, en lien avec la baisse des envois au Royaume-Uni dans les premiers temps du Brexit. Sur l'année 2021, les envois devraient toutefois s'afficher en hausse de 2 %, grâce à un rétablissement des flux. Seuls quelques marchés haut de gamme comme Hong Kong sont dynamiques. Après avoir chuté de 11 % au premier semestre en lien avec la fermeture de la RHF et la baisse des disponibilités sur le marché mondial, les importations devraient se rétablir pour progresser de 5 % sur l'année

Castration des porcelets : l'anesthésie générale et l'immunocastration à l'étude

Face à l´entrée en vigueur de l´interdiction de la castration à vif des porcelets en 2022, la filière porcine étudie d´autres possibilités comme l´immunocastration et l´anesthésie générale. Le conseil d´administration d´Inaporc a ainsi demandé la réouverture du dossier de l´anesthésie générale. Cette décision était demandée par les filières du sud qui ont besoin de porcs castrés pour la fabrication de charcuterie sèche. La Fict et des ONG welfaristes travaillent à la mise en place de l´immunocastration.

La production française d'oeufs en phase descendante

Après un emballement provoqué par la Covid, qui s'est traduit par une hausse importante des volumes (+4 % au premier semestre 2021), l'heure est au coup de frein pour les mises en place de poulettes estime l'Itavi. Elles ont baissé de 2,4 % jusqu'en juin et étaient pronostiquées à -10 % sur 9 mois. De sorte qu'un fort recul des volumes est à attendre à partir de la fin de l'année. Le secteur de l'oeuf a été particulièrement affecté note l'Itavi, avec même un recul des prix.