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Lettre d'information Agricole du 20 novembre 2017

Publié le 21 novembre 2017

UE : 179 millions d’euros pour promouvoir les produits agroalimentaires en 2018

Le 15 novembre, la Commission européenne a accordé aux producteurs européens un budget de 179 millions d’euros pour assurer la promotion des produits agricoles tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'Union et continuer à trouver de nouveaux marchés. Celui-ci va notamment permettre de cofinancer des campagnes de promotion ciblant des pays tiers à fort potentiel de croissance, comme la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'Asie du sud-est (à hauteur de 26,25 millions d’euros pour les programmes simples), le Mexique, la Colombie, le Canada et les Etats-Unis (à hauteur de 22,5 millions d’euros pour les programmes simples). Cette orientation s'inscrit dans la continuité du mouvement lancé au début de l'année par l'offensive diplomatique du commissaire Hogan visant à trouver de nouveaux débouchés et à soutenir la consommation des produits de l'Union à l'étranger.

Les exportations redressent la balance commerciale

En septembre, l'excédent des échanges agroalimentaires a atteint 595 millions d’euros, soit 127 millions d’euros de plus qu'en septembre 2016. La croissance des exportations à hauteur de 124 millions d’euros est l'explication donnée par la note Agreste Conjoncture. Les exportations de céréales, notamment, sont passées de 278 à 365 millions d’euros pour septembre. Du côté des produits transformés, les préparations de produits de la pêche, de produits laitiers et de différents produits alimentaires ont légèrement progressé. Le déficit avec l'UE se poursuit et n'est pas compensé par la progression de l'excédent avec les pays tiers, souligne Agreste.

Des "comptoirs de France" pour relancer les exportations de produits agroalimentaires

C'est en séance public que le député LREM Buon Tan a présenté plusieurs mesures susceptibles de relancer la machine de l'export. En effet, entre juillet 2016 et juillet 2017, le déficit commercial s'est creusé de 11,4 Mds d'euros pour atteindre 60,6 Mds d'euros. Une situation qui handicape particulièrement l'industrie agro-alimentaire dominée par un tissu de très petites entreprises pour lesquelles aller à l'international reste difficile, estime le député LREM. Pour faire bouger les lignes, ce dernier préconise l'expérimentation de « comptoirs de France » qui, dans le cadre d'une offre groupée, permettraient aux PME-TPE de rencontrer les acheteurs locaux et faire des envois groupés. Faciliter l'accès des PME-TPE aux outils publics de garantie (assurance prospection, assurance-crédit) constitue l'autre piste préconisée par Buon Tan pour permettre aux produits agroalimentaires française de rayonner plus largement sur les marchés export.

Relations commerciales : les acteurs s'engagent autour d'une charte

Mardi 14 novembre, les représentants des agriculteurs, de l'industrie agroalimentaire et de la distribution ont signé la charte d'engagements pour les négociations commerciales 2018, dans l'attente de textes législatifs issus des chantiers des états généraux de l'alimentation. L'ensemble des acteurs signataires s'engage à « mettre en oeuvre, dès les négociations commerciales qui se sont ouvertes le 1er novembre, les principes des propositions économiques issues des travaux des premiers ateliers des états généraux de l'alimentation ». Les engagements énoncés dans cette charte évoquent entre autres « le respect strict du cadre législatif et réglementaire en vigueur et à venir, notamment en matière de seuil de revente à perte et de promotions », « la loyauté des relations, via notamment à une meilleure transparence ».

La collecte de lait de vache en hausse en septembre

Selon les derniers chiffres publiés par le Service de la statistique du Ministère de l'Agriculture (Agreste), la collecte de lait de vache a progressé de 3,6 % en septembre 2017 par rapport à septembre 2016, en lien avec une conjoncture plus favorable. Le prix du lait standard s'établit en moyenne à 353 euros/1.000 litres, en hausse de 56 euros/1.000 litres par rapport à septembre 2016 et de 6 euros/1.000 litres par rapport au mois d'août 2017. Le prix du lait à teneurs réelles s'établit pour sa part à 376 euros/1.000 litres, soit une hausse de 64 euros/1.000 litres par rapport à septembre 2016 et une progression de 15 euros/1.000 litres par rapport au mois précédent.

Lait : le prix payé aux éleveurs sous la moyenne européenne

Selon l'observatoire des marchés laitiers de la Commission européenne, le prix du lait payé aux éleveurs français en octobre 2017 est estimé à 355,2 euros/t, tandis que les producteurs allemands ont bénéficié de prix estimés à 393,9 euros/t, les producteurs néerlandais à 417 euros/t et les producteurs irlandais à 382,5 euros/t. Depuis fin 2016, les éleveurs français accusent des prix parmi les plus bas, comparativement aux autres grands pays producteurs.

La production porcine française recule au premier semestre 2017

Durant le 1er semestre 2017, la production porcine française a baissé de 4,7% par rapport à la même période de 2016. Elle se situe à 1,1 million de tonnes équivalent carcasse (tec) sur six mois. Les abattages suivent la même tendance avec - 4,3% sur la même période et - 3,4% sur le seul mois de juillet. Dans le même temps, les importations de viande porcine ont progressé de 1% (282.600 tec sur six mois), la plus forte hausse concernant l'Espagne. Les exportations de viande chutent de 10,4% sur le premier semestre (272.000 tec) et de 14% en glissement annuel. Le repli vers la Chine explique en grande partie cette baisse même si les exportations vers ce pays restent tout de même plus élevées qu'en juin 2015.

Volailles : le poulet certifié fait de la résistance

Depuis ces deux dernières années, le marché global de la volaille résiste plutôt bien (+ 3% en CAM au 2 juillet) dans un environnement compliqué pour la viande. À l'intérieur du marché, les produits élaborés à base de volaille enregistrent une croissance en valeur de 4,4%, et les saucisses font un bond de 7,1% en valeur. Pour autant, le poulet cru, en pièce entière ou en découpe, n'en reste pas moins le poids lourd du marché avec 282.257 tonnes, suivi par la dinde, à presque 74.000 tonnes. L'évolution du marché par espèces montre que ces deux principaux segments sont en recul. Le poulet voit ses volumes reculer de 0,27% et la dinde, de 5,9%. En cause, la désaffection des consommateurs pour les pièces entières. Cependant, les conditions d'élevage rassurantes constituent assurément un autre levier de développement. En effet, la découpe de poulet standard progresse seulement de 0,75%, contre 4,5% pour la certifiée et 1,5% pour la découpe de poulet fermier. Enfin, le développement du bio est freiné par le manque de matières premières, mais aussi un positionnement prix élevé (environ 30 euros/kg pour la découpe de poulet). Ainsi, la volaille certifiée semble donc offrir un compromis en répondant aux attentes des consommateurs en matière de prix (en moyenne 20% moins chère qu'un poulet fermier) et de conditions d'élevage.