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Lettre d'information Agricole du 26 février 2018

Publié le 26 février 2018

Macron exhorte les agriculteurs à se remettre en question 

Deux jours avant le 55ème Salon de l'Agriculture, dans son discours devant 700 jeunes agriculteurs, Emmanuel Macron a affirmé avoir « un chantier : la modernisation de l'agriculture ». Comme promis lors de la campagne présidentielle, un plan d'investissement de 5 Mds d'euros sur cinq ans va être lancé. L'accès en sera réservé aux projets qui auront un impact positif sur l'environnement et le bien-être animal ; ainsi qu'aux activités de transformation et de distribution privilégiant les circuits courts. D'une manière générale, Emmanuel Macron a invité son public à regarder l'avenir sous un jour radicalement différent. Les aides, notamment européennes, ne devront plus être vues comme un complément de revenu, mais comme des outils de gestion de crise et des manières de se prémunir contre la volatilité ou les aléas climatiques. Emmanuel Macron a félicité les agriculteurs pour le travail de réorganisation économique des filières qu'ils ont présenté à sa demande. Enfin, s'agissant des 1.400 communes qui vont perdre le bénéfice de l'indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), le Président a promis « un accompagnement financier le temps de la transition ».

Lancement de la concertation sur la réforme de la fiscalité agricole 

Lancée le 16 février par les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et de l'Agriculture Stéphane Travert, la concertation sur la réforme de la fiscalité agricole se déroulera sur quatre mois. Associant députés, sénateurs et professionnels agricoles, cette concertation aura pour objectif de faire évoluer la fiscalité « afin qu'elle soit davantage adaptée à la vie économique des exploitations agricoles, en confortant leur viabilité et leur compétitivité ». Plusieurs pistes importantes ont d'ores et déjà été présentées : développement de l'impôt sur les sociétés dans le secteur agricole, évolution de la Dotation pour aléas (DPA) ou de la Dotation pour investissement (DPI).

UE : Nouveau record pour les exportations agroalimentaires

D'après le dernier rapport mensuel sur le commerce de la Commission européenne, la valeur des exportations agroalimentaires de l'Union européenne a atteint 137,9 milliards d'euros en 2017, marquant une augmentation de 5,1% par rapport à 2016. Les Etats-Unis (+6%), la Russie (+16%) et plusieurs marchés asiatiques (Japon +11%, Chine +5%, Hong-Kong +10%, Corée du Sud +13%) restent les plus dynamiques. Si les secteurs du vin, des spiritueux et des liqueurs, ainsi que les aliments pour animaux de compagnie ont réalisé de très bons résultats, les exportations de blé et autres céréales, ainsi que la viande porcine ont vu leurs exportations diminuer respectivement de 27,5% (-1,5 milliard d'euros), de 2,8% (-0,1 milliard d'euros).

Pac : le montant du paiement redistributif fixé à 49,73 euros par hectare 

D'après un arrêté publié au Journal officiel le 16 février 2018, le montant du paiement redistributif au titre de la campagne Pac 2017 est fixé à 49,73 euros par hectare, soit, à quelques centimes près, le même montant qu'au titre de la campagne 2016 (49,60 euros).

Hausse de la collecte laitière en décembre 2017

Les derniers résultats de conjoncture publiés par Agreste, le service statistique du Ministère de l'Agriculture, font état d'une hausse de 3,3% de la collecte laitière française en décembre 2017 par rapport à décembre 2016. Le rebond de la collecte de lait de vache engagé en septembre 2017 a permis de combler le déficit accumulé au cours du premier trimestre, et d'atteindre ainsi le niveau de collecte laitière de 2016 (+0,3%). Parallèlement, le prix du lait standard et celui à teneurs réelles ont reculé en décembre 2017 par rapport au mois précédent mais restent plus élevés qu'en décembre 2016 : +34 euros /1.000 litres pour le prix du lait ; +6,1% à +16,5% selon les bassins de production pour le prix du lait à teneurs réelles. Au final, en cumul annuel 2017, la fabrication de produits laitiers au lait de vache est majoritairement déficitaire par rapport à 2016.

Six centimes de hausse moyenne en 2017 pour le kilo de porc breton 

1,37 euros/kg, c'est la moyenne cumulée en 2017 du marché du porc breton, en hausse de 6 centimes par rapport à 2016 (1,293 euros/kg). Après un point haut à 1,548 euros/kg obtenu le 20 avril 2017, la cotation bretonne a entamé sa lente descente, jusqu'à atteindre 1,142 euros/kg en fin d'année. 2017 constitue la seconde année consécutive de hausse du prix moyen au MPB, après le point bas de 2015 consécutif à l'embargo russe.

Porc : la Chine tousse, la France s'enrhume 

Porté par la forte demande chinoise, le cours du porc s'était redressé de mi-2016 à mi-2017. Depuis la fin de l'été, le repli des achats chinois a fait fléchir le cours de référence au Marché du Porc Breton (1,10 euros/kg mi-janvier). De plus, la production française de porcs est en baisse de 2% en 2017 et la France a perdu deux millions de porcs en huit ans. La production allemande a reculé aussi, mais celle des Danois devrait augmenter et l'Espagne est en plein boom : 250.000 truies supplémentaires sont attendues en Espagne ces deux prochaines années. La production de porcs espagnols devrait croître de 6% en 2018. On évoque aussi une hausse de la production de 4% aux États-Unis cette année. Les achats des ménages, quant à eux, ont encore reculé de 5% en volume en porc frais l'an dernier. La plupart des indicateurs sont en baisse : pénétration, fréquence d'achat, quantités achetées, etc. Les Français se détournent un peu plus de la viande. Pour autant, le porc n'a pas tout donné. L'innovation et la segmentation - nettement insuffisantes - sont des pistes de croissance payantes. La montée en gamme par les signes de qualité et le bien-être animal sont aussi des gisements sous-exploités.

En 2022, tous les oeufs en boîtes devront être issus d'élevage de plein air 

Promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron en février 2017, les oeufs en batterie vont disparaître des rayons d'ici la fin du quinquennat, a annoncé Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture. « En 2022, les oeufs dit « coquilles » - en boîtes ou en vrac - seront issus d'élevage de plein air et plus d'élevage en cage ». Pour la filière, l'enjeu est de taille puisque 68% des poules pondeuses en France sont encore élevées dans des élevages en batterie. Répondant à une attente sociétale (90% des Français favorables à l'interdiction d'après une enquête YouGov pour L214), cette mesure a déjà été anticipée par plusieurs distributeurs.