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Lettre d'information Agricole du 26 novembre 2018

Publié le 26 novembre 2018

La production européenne agricole en hausse de 6,2% 

D'après des chiffres dévoilés par Eurostat, la valeur totale de la production agricole dans l'Union européenne s'est établie à 432,6 milliards d'euros au prix de base de 2017, en hausse de 6,2% sur un an. Avec 72,6 milliards d'euros, c'est la France qui affiche la plus forte production agricole, devant l'Allemagne (56,2 milliards d'euros), l'Italie (55,1 milliards d'euros) et l'Espagne (50,6 milliards d'euros). Ce n'est en revanche pas la France qui a enregistré la meilleure progression de sa production agricole. Avec une hausse de 3,2%, elle se trouve en effet loin derrière l'Estonie (+18,2%), l'Irlande (+13,6%), la Roumanie (+13,2%), le Royaume-Uni (+12,6%) et la Pologne (+11,1%). Eurostat indique que la progression est en grande partie liée à l'augmentation de la valeur de la production animale (+10,3%), elle-même essentiellement due à une hausse des prix (+10,3%). Au sein des productions animales, ce sont principalement le lait (+20,2%), les œufs (+17,9%) et les porcins (+11,6%) qui ont progressé en valeur. Si les coûts des intrants agricoles ont augmenté de 1,8% dans l'UE en 2017, Eurostat estime à 12,4% la hausse de la valeur ajoutée brute générée par l'activité agricole. 

Nouveau recul de l'excédent agroalimentaire en septembre 

En septembre 2018, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint 512 millions d'euros, en baisse de 58 millions d'euros par rapport à septembre 2017 du fait d'une nouvelle diminution des exportations sur un an (-243 millions d'euros), selon une récente note Agreste du service de statistiques du ministère de l'Agriculture. L'excédent commercial en produits transformés régresse de 81 millions d'euros sur un an à 476 millions d'euros du fait notamment d'un recul des exportations de 222 millions d'euros (soit 5%). La note Agreste pointe la baisse des exportations de viandes et produits issus de l'abattage de 50 millions d'euros sur un an, pénalisées par des expéditions de viande porcine en recul vers les partenaires européens et vers l'Asie. 

France : ralentissement de la production laitière

Selon le Cniel, la production laitière française a reculé depuis le mois d'août et cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochains mois « par manque de stocks fourragers dans de nombreuses régions ». Néanmoins, les prix des produits laitiers se sont globalement redressés depuis début 2018, bien que la situation reste contrastée selon les familles de produits. En effet, sur le beurre se maintient à des niveaux élevés, la poudre de lait écrémé reste pour sa part à des niveaux très bas, en dessous du seuil d'intervention. Du côté de la production européenne, on note aussi une baisse de 0,1% de la production laitière au cours du mois d'août et le secteur devrait rester peu dynamique jusqu'au printemps 2019. 

Bovins : la Turquie, c'est fini ! 

En crise économique, la Turquie diminue ses importations de bovins vifs et de viande. Bien que la France n'ait pas repris ses envois de bovins malgré la signature d'un protocole l'an dernier, elle pourrait cependant pâtir d'une concurrence accrue sur d'autres marchés, estime FranceAgriMer. En cas de réductions des importations turques, les opérateurs français craignent en effet de retrouver la Pologne (16.000 téc de viande bovine envoyées vers la Turquie sur les cinq premiers mois de l'année) sur ses marchés traditionnels (Italie, Allemagne, Grèce) où le pays grignote déjà des parts de marché. Sur le marché des bovins vifs, la Turquie pourrait également continuer à bouder les broutards français pour se cantonner aux animaux brésiliens et uruguayens, privilégiant la quantité à la qualité. La Turquie a aussi importé 54.600 bovins finis l'an dernier, dont 31.700 en provenance d'Espagne. Si ce flux venait à se réduire, la péninsule Ibérique pourrait se tourner vers le Liban pour écouler ses animaux et prendre des parts de marché à la France. 

Les États-Unis ouvrent la voie à l'autorisation de la viande in vitro 

La semaine dernière, l'administration américaine a dévoilé un cadre réglementaire ouvrant la voie à la commercialisation d'aliments conçus à partir de cellules animales, quand ils seront disponibles. Selon le cadre réglementaire proposé, la FDA serait chargée de contrôler tout ce qui concerne les cellules, depuis leur prélèvement sur des bovins ou des volailles jusqu'au stade de la différentiation cellulaire. Le ministère de l'Agriculture superviserait de son côté tout ce qui relève de la production et de l'étiquetage des produits issus de ces cellules. 

La production mondiale de porc en légère hausse en 2019 

Selon les dernières données de l'USDA, la production mondiale de porc devrait augmenter de 1% en 2019, pour atteindre 114,6 millions de tonnes. La Chine devrait connaître une plus forte croissance de la production porcine en raison de l'augmentation du cheptel de truies et de l'amélioration de la productivité. La production de l'UE devrait diminuer légèrement, la baisse des prix des porcs et la hausse des coûts des aliments pour animaux entraînant une légère réduction du cheptel reproducteur. Les exportations mondiales de porc devraient augmenter de 3% en 2019 en raison d'une forte demande mondiale. L'UE restera probablement le premier exportateur, grâce à une demande accrue en Asie, notamment en Chine. Les États-Unis occuperont la deuxième place. Les importations se renforceront également en Amérique latine, les prix favorables et l'évolution des goûts favorisant la consommation de viande de porc. Les importations du Mexique devraient augmenter de 5% et celles de la Colombie de 29% en raison de la vigueur de la demande. 

Porc : une situation tendue et des incertitudes 

Actuellement, la production porcine est en augmentation en Europe (+1,3% de porcs produits) ; une hausse impulsée par le Danemark et l'Espagne. Les enquêtes de cheptel d'avril prévoient un ralentissement de cette dynamique avec un fort contraste entre les pays européens. « L'Espagne, qui bat des records d'année en année, devrait avoir une croissance de 6%. Celle de l'Allemagne devrait avoisiner les 1%. En France, la production devrait stagner (-0,2%). La croissance européenne globale devrait ainsi être de 2% », selon Elisa Husson, ingénieure d'études économiques à l'Ifip. En parallèle, la consommation européenne ne devrait pas augmenter. Une stabilisation des volumes exportés vers les pays tiers a été observée en 2018. Les mêmes ordres de grandeurs sont attendus pour 2019. 

Viandes blanches : la France se mobilise pour la levée des embargos 

Lors du conseil spécialisé pour les filières viandes blanches de FranceAgriMer du 13 novembre, un point a été fait sur les démarches menées par les autorités sanitaires françaises en vue de lever les embargos sanitaires à l'international. Concernant la volaille, la réouverture du marché, fermé pour cause d'influenza aviaire, est actée en Irak et au Japon, qui vient d'accepter la régionalisation. Les négociations restent en cours avec l'Egypte, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, l'Indonésie et le Chine. Taïwan a également levé l'embargo influenza aviaire le 14 août dernier, mais sans accepter la régionalisation. Pour le porc, une cellule export PPA associant les services de l'Etat, FranceAgriMer, les interprofessions et fédérations professionnelles a été mise en place pour suivre l'évolution des foyers de peste porcine africaine (PPA), identifier les blocages et les actions à mener à l'international.