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Lettre d'information Agricole du 28 mai 2018

Publié le 28 mai 2018

Les députés adoptent une nouvelle forme de contractualisation 

Dans la nuit de mercredi 23 à jeudi 24 mai, les députés ont adopté le premier article du projet de loi Alimentation par 70 voix (1 contre, 17 abstentions). Il vise entre autres à ce que les coûts de production deviennent la base de la construction du prix des produits agricoles. L'article ainsi adopté stipule que tout « contrat de vente écrit relatif à la cession à leur premier acheteur de produits agricoles », destinés à la revente ou à la transformation, devra être « précédé d'une proposition du producteur agricole ». La proposition de contrat devra comporter des clauses relatives entre autres « au prix ou aux critères et modalités de détermination et de révision du prix ». 

L'Assemblée vote pour 50% de bio dans les cantines 

A l'issue de longs débats, l'Assemblée a adopté le samedi 26 mai l'article 11 du projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation. Celui-ci prévoit que les repas servis dans les cantines devront comprendre d'ici 2022 au moins 50% de produits acquis selon des modalités prenant en compte le coût de leur cycle de vie, ou issus de l'agriculture biologique, ou bénéficiant de l'écolabel pêche, ou encore issus d'une exploitation ayant fait l'objet d'une certification environnementale. La part fixée pour le bio est d'au moins 20% de la valeur totale. 

L'UE pourra conclure plus facilement ses accords commerciaux

Le 22 mai, les ministres du Commerce de l'UE ont validé une nouvelle approche dans la conclusion des futurs accords commerciaux de l'Union. Celle-ci leur permettra de se passer, selon les cas, de la ratification par les Parlements nationaux et éviter que les traités qu'elle négocie puissent être stoppés par un seul Parlement national ou régional. A l'avenir, les accords commerciaux seront scindés en deux : d'un côté les dispositions purement commerciales qui ne nécessiteront que l'approbation du Parlement européen pour entrer en vigueur ; de l'autre, un accord d'investissement qui devra être ratifié par tous les Parlements. 

Les importations de lait de consommation ont diminué 

L'année dernière, les acteurs du lait de consommation ont réussi à renforcer leur excédent commercial, les importations ayant diminué. Le solde de la balance commerciale est ainsi passé de 184 millions de litres en 2016 à 218 millions de litres en 2017, soit une hausse de 18,7%. Les importations ont diminué de 26,7% entre 2016 et 2017 à 124 millions de litres, et de 45% sur deux ans depuis 2015. « La raison de cette baisse est à voir du côté du choix des distributeurs et des consommateurs de privilégier le lait de consommation français », a expliqué Yves Legros, président de Syndilait, à l'occasion d'une conférence de presse le 15 mai dernier. Selon le syndicat, le lancement du logo « lait collecté et conditionné en France » en 2014 aura permis aux consommateurs d'orienter leurs achats vers un lait d'origine France. Il est à ce jour présent sur 60% des bouteilles et briques de lait proposées dans le commerce. Les professionnels ont également lancé un logo complémentaire en 2017 pour les autres produits laitiers transformés. Au total, 3,15 milliards de litres de lait de consommation en 2017 ont été consommés par les Français l'année dernière, dont 2,4 milliards achetés en grande distribution, représentant un chiffre d'affaires d'environ 2,2 milliards d'euros sur ce circuit. 

Gros bovins : Hausse de la production en Europe 

Malgré des estimations de baisse de la production de bovins dans l'Union (-1% en 2018 et -1,5% en 2019), les abattages européens ont progressé sur les deux premiers mois de l'année (+4% à 1,3 million de tonnes). La surprise vient des 15 plus anciens membres de l'UE qui affichent une hausse de leur production de 3,5%. Les quatre premiers producteurs européens (la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie) ont ainsi produit 26.600 t de viandes bovines supplémentaires, soit une hausse de 3,9% sur un an. Si cette hausse se révèle être liée à une anticipation en raison de mauvaises conditions climatiques et à un manque de fourrage, les abattages à venir devraient être plus limités. Au niveau de la France, 851.200 gros bovins ont été abattus au premier trimestre 2018, soit 1,7% de plus que l'an dernier. Mais cette progression est surtout à mettre sur le compte des abattages de vaches allaitantes qui ont bondi de 7,9%. En parallèle, 152.000 génisses ont été abattues, soit 5,4% de plus qu'un an plus tôt, ce qui laisse supposer un ralentissement de la production sur le long terme. À l'inverse, les abattages de mâles ont reculé de 4,4%, à 258.230 têtes. 

Baisse du nombre de porcs abattus dans l'Union européenne en 2017 

Selon Eurostat, les abattages de porc dans l'Union Européenne ont chuté de 1,47%. La production européenne s'est établie l'an dernier à 254,7 millions de têtes. Les dynamiques divergent selon les principaux pays producteurs. Elle est en croissance pour l'Espagne (+1,2% à 49 M) et la Pologne (+1,4% à 22 M). Cependant, la production de porcs est en diminution en Allemagne (-2,6% à 57 M), en France (-1,7% à 23 M), au Danemark (-4,2% à 17 M) et aux Pays-Bas (-1,5 %à 15 M). 

La volaille mise sur l'origine et la santé 

Selon les données de Kantar Worldpanel en CAM arrêté au 18 février 2018, le marché de la volaille pèse 600.000 tonnes et recule de 0,2% en volume. De plus, ce marché, qui se valorise de 0,9% à 3,5 milliards d'euros, présente des contrastes importants. Premier constat, toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne : le poulet voit ses volumes reculer de 1,1%, contre - 2,5% pour le canard, - 4,7% pour la dinde et - 6% pour les petites volailles. Alors que les pièces entières sont en recul de 1,1% en volume, les découpes de poulet affichent au contraire une hausse de 4%. Il est vrai que les marques multiplient les promesses, car l'origine des produits et les conditions de production constituent des critères d'achat de plus en plus importants. 

38% de non-conformité dans l'étiquetage de la volaille 

Lors d'une enquête sur les règles d'étiquetage des carcasses et découpes fraîches de viande de volaille, la DGCCRF a relevé de nombreux manquements : dénominations non conformes, absence de l'origine des viandes, mention lacunaire, termes valorisants indus... Sur 85 établissements de transformation, dont une trentaine de commerces de gros, et une centaine de commerces de détail visités, les services des fraudes ont détecté 38% d'anomalie, dressé 96 avertissements, 4 injonctions et 8 procès-verbaux. La DGCCRF a constaté dans certains cas que des dénominations de type « poulet fermier », « campagnard » ou « de nos campagnes » figuraient sur l'étiquette de volailles standards. Ont également été révélées l'utilisation frauduleuse d'un label Rouge et l'utilisation de la dénomination « poulets issus de fermiers » sur des poulets ayant subi une congélation trop longue.