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Lettre d'information Agricole du 30 octobre 2017

Publié le 30 octobre 2017

Le Gouvernement valide un plan d'action relatif au Ceta

Le Gouvernement a validé un plan d'action relatif à l'accord économique et commercial global avec le Canada (Ceta). Répondant aux points de vigilance soulevés par la commission Schubert, il doit permettre notamment d'assurer une application effective des normes sanitaires et environnementales nationales et européennes. Interbev a réagi à la présentation de ce plan pour dénoncer son « manque d'ambition » et son « incohérence », et appelle les parlementaires à refuser de ratifier le Ceta. Une position partagée par la FNSEA.

L'UE finance 52 nouveaux programmes de promotion

Le 24 octobre, la Commission européenne a approuvé 52 nouveaux programmes destinés à promouvoir les produits agricoles et agroalimentaires européens en Europe et dans le monde. Ces programmes vont recevoir une aide d’un montant total de 88 millions d’euros issue du budget de la politique agricole commune de l'Union européenne. « Les programmes sont conçus pour aider les producteurs du secteur agricole et agroalimentaire européens à mieux communiquer sur la qualité de leurs produits en vue d'ouvrir de nouveaux marchés et de renforcer leur part de marché existante », indique le communiqué. Parmi les financements, 1,9 million d'euros a été accordé à l'Agence Bio, 1,2 million à Interfel et 2 millions d'euros à l'Ania.

La collecte européenne de lait en ordre dispersé

D’après une note de synthèse Agreste publiée le 25 octobre, en juillet dernier, le prix du lait à teneurs réelles atteignait en Europe 345 euros/1.000 litres en moyenne, contre 257 euros/1.000 litres en juillet 2016. En France, sur la même période, le prix du lait s'est accru de 56 euros pour atteindre 351 euros/1.000 litres en juillet 2017. Mais contrairement à la tendance européenne, les livraisons peinent à décoller. Trois pays enregistrent une croissance de la collecte particulièrement marquée sur le premier semestre de 2017, et tirent les chiffres européens vers le haut : l'Irlande (+6,9% sur un an), la Pologne (+4,1%) et l'Italie (+1,8%). À l'inverse, les livraisons sont en retrait pour les principaux producteurs de lait : l'Allemagne (20% de la collecte européenne), en baisse de 3,2% par rapport au premier semestre de 2016 et la France (16% de la collecte) en recul de 2,8%. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, respectivement 3e et 4e producteurs européens (10% et 9% de la collecte) voient leur collecte reculer plus modérément, de l'ordre de 1%.

Lait : les stocks empêchent une vraie hausse du prix

Malgré la flambée du cours du beurre qui crève les plafonds depuis quelques mois, le prix du lait à la production ne devrait guère augmenter dans les semaines qui viennent, selon Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières. En effet, l'Union européenne croule sous les stocks de poudre de lait. Ceux-ci ont atteint 380.000 tonnes, soit l'équivalent d'un tiers de la production annuelle. Et ce n'est pas la reprise de la production observée depuis quelques semaines en Europe qui va inverser la tendance. La structuration de la filière laitière en organisations de producteurs commerciales semble en revanche constituer une piste prometteuse pour faire remonter de la valeur ajoutée aux producteurs. Pour la FNCL, la création de ces OCP devrait par contre s'accompagner de la mise en place d'outils et de prévention des risques dans la prochaine Pac ainsi que d'un rééquilibrage des rapports de force entre industrie et commerce.

Viande bio : un marché en plein essor

À l'occasion d'une conférence organisée dans le cadre du Sommet de l'Élevage, Philippe Cabarat, le président de la commission bio d'Interbev, a indiqué que la viande bio représentait 1 à 2% de la viande consommée et que sept consommateurs français sur dix en avaient consommé ou se disaient prêts à le faire. En 2016, 3.280 exploitations d'élevage se sont converties au bio, soit 30% de plus qu'en 2015. Dans le même temps, le cheptel bio s'est accru de 17% en vaches allaitantes, de 15% en laitières, de 12% en brebis viande et de 6% pour les truies. Avec seulement 0,94% de son cheptel en bio, l'élevage porcin reste en marge de cette tendance. Pour les autres, le seuil des 4% est dépassé. Naturellement, les volumes de carcasses bios suivent le mouvement avec, sur 2016 (10.381 tonnes pour les porcs charcutiers et coches (+7%)). Sur trois ans, le chiffre d'affaires des ventes au détail des charcuteries-salaisons a progressé de 7% pour s'établir à 108 millions d’euros. Il est de 74 millions pour le porc. En conclusion, Philippe Cabarat a indiqué que, pour l'ensemble de la production bio, les tendances 2017 laissent apparaître une progression du chiffre d'affaires de 14,4%. Une hausse qui repose principalement sur l'élargissement de la gamme en GMS et l'ouverture de points de vente spécialisés.

La volaille est la viande la plus consommée dans le monde

Selon l'Institut technique de l'aviculture, la viande de volaille est, depuis cette année, la viande la plus consommée dans le monde avec 118 millions de tonnes, devant la viande porcine (117 millions de tonnes). Depuis les années 2000, son taux de croissance annuel moyen est de 3,4%, contre + 1,6% en viande porcine, + 1,5% en viande ovine et + 0,95% pour la viande bovine. Au cours des dix prochaines années, la production de volaille devrait concentrer près de la moitié de la croissance de la production de viande, selon les perspectives de l'OCDE et de la FAO. Actuellement, un tiers de la production de volaille provient de l'Asie, 22% de l'Amérique du Sud, 19% d'Amérique du Nord et 18% d'Europe.

Le Japon s'ouvre à nouveau à la volaille française

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a annoncé vendredi 27 octobre que le Japon avait autorisé la réintroduction sur son marché des viandes de volailles mais aussi du foie gras. « Cela fait un an que la France, qui a subi de gros épisodes de grippe aviaire, n'a pas rencontré ce type de problème » a précisé Stéphane Travert.

MSA : Perte de l’allègement de 7 points sur les cotisations maladie

En discussion à l’Assemblée Nationale depuis le 24 octobre, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 ne remporte pas l’adhésion de la MSA. Ce projet, qui prévoit une baisse de 2,15 points des cotisations famille et la mise en place d’un taux dégressif de 5 points sur la branche maladie, inquiète en effet la MSA. Celle-ci considère que cela va faire perdre aux agriculteurs la mesure d’allègement de sept points de la cotisation maladie décidée en 2016. Conséquence supplémentaire de cette mesure : un montant de cotisation Amexa complémentaire pour le régime agricole évalué à 121 millions d’euros pour 2018. Autre sujet de préoccupation : l’annonce d’une révision ou d’une extinction en 2019 des autres dispositifs d’exonération ciblés, notamment le « dispositif TO-DE » d’exonération des cotisations pour l’emploi de travailleurs occasionnels ou demandeurs d’emploi. En matière de retraites, la MSA se dit en revanche satisfaite de l'harmonisation du versement des retraites agricoles et de l'Aspa, l'allocation de solidarité aux personnes âgées, même si cela va entraîner un décalage de la prochaine revalorisation des pensions de retraites au 1er janvier 2019.