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Lettre d'information Agricole du 4 février 2019

Publié le 04 février 2019

Toujours moins d'agriculteurs en France 

Selon la MSA, la baisse du nombre de chefs d'exploitation agricole se poursuit. Il est passé de 514.000 en 2008 à 453.000 en 2017 et 448.500 en 2018. L'Hexagone perd ainsi entre 1,5% et 2% de chefs d'exploitation par an. Parmi les causes de cette baisse figurent l'extension de la taille moyenne des exploitations et du développement de l'urbanisation et des forêts. Par ailleurs, la MSA indique que les installations de nouveaux agriculteurs sont reparties en légère hausse en France en 2017 (+1,2%) après un recul de 6,2% en 2016. 14.319 nouveaux agriculteurs ou agricultrices se sont installés en 2017, dont 9.533 avaient moins de 40 ans. Avec la modification des règles en 2015, de nouvelles niches de production ont pu être inclues dans la famille des agriculteurs, expliquant ainsi cette légère hausse. Les installations de nouveaux agriculteurs sont ainsi passées de près de 13.000 par an avant 2015 à 15.100 en 2015. 

L'Agence Bio vote le doublement du fonds Avenir Bio 

D'après le ministère de l'Agriculture, le Conseil d'Administration de l'Agence Bio a voté le 25 janvier un « budget ambitieux » pour l'année 2019. Le fonds Avenir Bio sera en effet doublé et ce seront désormais quelque 8 millions d'euros qui seront consacrés tous les ans à soutenir des investissements pour collecter et transformer des produits bios, pour une offre 100% française, du champ à l'assiette. 

La réforme de la politique agricole commune attendra

Avec les incertitudes liées aux Brexit et au scrutin européen, les discussions sur la PAC entre les États de l'Union s'enlisent. La première réunion bruxelloise des ministres de l'agriculture de l'Union européenne (UE), lundi 28 janvier, a montré une chose : l'ambitieuse réforme de la politique agricole commune (PAC), proposée en juin 2018 par la Commission présidée par Jean-Claude Juncker, n'a aucune chance d'aboutir avant les élections européennes de mai. Cette révision de la plus vieille et de la plus importante des politiques communautaires (encore 39 % du budget de l'UE) poursuit un double objectif. La Commission propose de simplifier son application. Son excessive complexité a largement contribué à son impopularité dans les milieux agricoles. Il s'agit aussi d'en alléger le coût, dans la perspective du Brexit, qui entraînera un manque à gagner annuel d'environ 10 milliards d'euros (correspondant à la contribution du Royaume-Uni au budget de l'Union). Si, au Parlement européen, un vote en commission agriculture pourrait advenir dès mars, les discussions entre les Etats se sont enlisées. Certes, la présidence roumaine de l'UE assure vouloir aboutir à un accord entre capitales avant l'été, mais aucun expert bruxellois n'y croit. La réforme soulève trop d'interrogations et d'inquiétudes. 

La quasi-totalité des stocks de poudre sont vendus 

La Commission Européenne a indiqué que la dernière vente publique de lait écrémé en poudre avait été organisée avec succès le 24 janvier. Ainsi, 99% du total des stocks achetés et gérés par la Commission ont maintenant été vendus. Grâce à une intervention publique pour stabiliser le marché et « soutenir les revenus des agriculteurs », 380.000 tonnes de lait écrémé en poudre avaient été achetées par la Commission européenne entre 2015 et 2017. La Commission précise que ces stocks ont été écoulés « avec prudence, en maintenant l'équilibre du marché et en soutenant la reprise du secteur laitier ». 

La viande bovine a son indicateur de prix de revient 

A l'issue de six mois de discussion et de médiation, les représentants de la section bovine d'Interbev ont validé le 31 janvier une méthode de calcul d'un indicateur de prix de revient en viande bovine. Celle-ci se base notamment sur les coûts de revient calculés sur le réseau Inosys, réseau associant des éleveurs volontaires et des ingénieurs de l'Idele et des Chambres d'agriculture. Pour chaque catégorie, l'indicateur sera réactualisé tous les six mois pour prendre en compte l'évolution des charges des éleveurs (avec l'indice Ipampa) et une fois par an, il sera réactualisé au regard des évolutions des soutiens de la Pac. Une fois que les conditions de sa diffusion seront fixées, il restera la question des indicateurs de marché. 

Porc : les abattages se maintiennent en 2018 

La stabilité prévaut s'agissant des abattages de porcs en 2018. Ils progressent sensiblement de 0,2% en tonne équivalent carcasse (téc) et de 0,4% en têtes par rapport à 2017, rapporte Agreste. Par rapport à la moyenne quinquennale, il s'agit d'une progression de 0,3% en téc, mais un repli de 0,7% en têtes. Après une activité soutenue au premier trimestre 2018, les abattages sont en repli depuis août, par rapport aux niveaux élevés de 2017. En décembre 2018, ils « marquent un repli saisonnier marqué », analyse Agreste. Sur le volet commercial, les exportations de viande porcine marquent le pas en novembre 2018, après le pic saisonnier d'octobre. Elles sont également en baisse par rapport à novembre 2017 (-9%), et par rapport à la moyenne quinquennale (-2,5%). Les envois se replient notamment vers le marché européen. Avec en parallèle des importations croissantes (+2,3% par rapport à novembre 2017), la balance commerciale française redevient déficitaire en volume (- 3.100 téc) et son déficit en valeur se dégrade (- 45,6 millions d'euros). Avec une moyenne de 1,37 euro/kg en 2018, le prix du porc est en recul de 0,18 euro/kg par rapport à 2017, et de 0,14 euro/kg à la moyenne 2013-2017. Par ailleurs, le prix de l'aliment pour porcins a poursuivi son envolée, progressant de 6,6% entre juillet et novembre 2018. 

La Fnab soutient une limitation des élevages à 9 000 poules 

Alors que la Commission débat avec les Etats membres des règles de production qui vont s'appliquer aux éleveurs et éleveuses biologiques d'Europe, dans le cadre du tout récent règlement biologique européen à partir de 2021, la fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) demande à la France de s'opposer à la proposition de Bruxelles et de soutenir une « limitation de la taille des élevages à 9.000 poules et le respect du lien au sol qui devrait obliger les producteurs à disposer des surfaces nécessaires pour nourrir en partie leurs volailles ». Elle demande aussi le maintien de l'élevage de porcs sur paille. 

Dinde : nouvelle baisse de l'offre à l'horizon 

Selon FranceAgriMer-Kantar Worldpanel, le marché français de la dinde peine à renouer avec la croissance. Les achats des ménages pour leur consommation à domicile ont en effet reculé de 5,7 % en cumul du 25 décembre 2017 au 2 décembre 2018 par rapport à la même période un an plus tôt, dont -7,9 % pour la cuisse et -2,3 % pour l'escalope. Dans le but de s'adapter à la demande, l'amont s'efforce de revoir son offre à la baisse. Selon Agreste, si près de 37,05 millions de dindes ont été abattues en cumul de janvier à novembre 2018, soit 1,1 % de moins qu'un an plus tôt, la tendance reste toutefois à la stabilité au niveau des volumes (+0,6%), en raison notamment de la hausse du poids moyen à l'abattage (+3,7 % à 8,2 kg). En 2019, les abattages devraient continuer leur déclin, encouragés par une baisse des mises en place de dindonneaux (-12.1% par rapport à il y a un an). Un plafonnement du poids moyen à l'abattage est en outre envisagé.