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Lettre d'information Agricole du 6 juin 2017

Publié le 06 juin 2017

Législatives : les demandes de l’agriculture et de l’agroalimentaire bretons

Après une première action le 11 avril et à quelques jours du premier tour des élections législatives, le collectif Agri Agro de Bretagne a interpellé les candidats pour qu’ils agissent sur un certain nombre de points : repenser le cadre des négociations commerciales, mettre fin aux surcharges administratives, stopper le dumping social en Europe, créer un régime des installations classées spécifique à l’élevage, limiter l’encadrement du droit aux recours contre ceux qui contestent les projets et supprimer le compte personnel de pénibilité. D’après le collectif, dans une région où un emploi sur trois dépend directement ou indirectement de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ces mesures « peuvent être mise en œuvre rapidement ».

Les prix des produits agricoles en hausse de 6% en avril

D’après la note de conjoncture Agreste publiée le 1er juin 2017, les prix des produits agricoles à la production et des produits alimentaires sont en hausse de 6,4% en avril 2017 par rapport à avril 2016. Le ministère de l’agriculture estime toutefois que la dynamique haussière, entamée à la mi-2016, s’essouffle un peu et souligne que seuls les vins sans appellation (-9 %), les volailles (-2 %) et les légumes (-3,8 %) n’ont pas connu de hausse. Concernant les cours des grandes cultures, ceux-ci se contractent légèrement en avril tandis que les tarifs des fruits augmentent par rapport à 2016. « Tout en se maintenant presque à l’équilibre des cours moyens de 2012 à 2016, les prix des légumes se replient sur un an sous l’impact des cours des choux fleurs et de la laitue », ajoute le ministère. Du côté des animaux, « le rebond des prix des gros bovins, enregistré depuis le début de l’année 2017, continue en avril, hissant les prix au-dessus de ceux de 2016 », précise le ministère, qui ajoute que « l’embellie sur les cours du porc se poursuit, grâce au marché asiatique et une production européenne en baisse ». Toujours touchés par la crise aviaire, les prix de la volaille sont en baisse sur un an et par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

La rafle des terres agricoles redémarre

A l’occasion de la présentation des chiffres des marchés fonciers ruraux, le 30 mai 2017, Emmanuel Hyest, le président de la Fédération nationale des Safer, a souligné que la consommation par les villes du foncier agricole était repartie à la hausse en 2016. Le nombre de transactions a en effet bondi de 22% en 2016 contre 3,8% en 2015, faisant passer la surface du marché de l’urbanisation de 25.000 ha en 2015 à 30.000 ha en 2016. « Dès que l’économie repart un peu, une forte pression s’exerce à nouveau sur les terres agricoles », a observé Emmanuel Hyest. D’après la FNSafer, la surface agricole d’un département disparaît tous les cinq, six ans. À ce rythme, d’ici à 2060, il y aurait de 2,2 à 2,6 millions d’hectares artificialisés, soit 8 à 9% de la SAU française. En un siècle, un cinquième du potentiel agricole français pourrait être perdu. « La régulation est donc plus que jamais indispensable », a conclu Emmanuel Hyest.

Salariés agricoles : Rendre le compte pénibilité « faisable »

Alors que le candidat Macron avait promis lors de la campagne présidentielle un moratoire sur le compte relatif à la pénibilité, la suspension provisoire n’a pas été confirmée. Interrogé à l’antenne de Radio Classique, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a expliqué que l’exécutif souhaitait conserver le dispositif pour le faire évoluer. Certaines conditions étant très difficiles à mettre en œuvre, le gouvernement souhaite prendre le temps de trouver des indicateurs simples pour le salarié et pour l’employeur afin d’arriver à « un compte pénibilité qui soit faisable, pragmatique et intelligent ». Pour le moment, seuls quelque 8.900 salariés de l’agriculture ont été déclarés « exposés à la pénibilité » en 2015 par leur employeur, selon la MSA.

Scepticisme de la FNSEA vis-à-vis de l’assurance-chômage pour les agriculteurs

Alors qu’Emmanuel Macron annonçait lors de sa campagne vouloir mettre en place un système universel d'assurance-chômage, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert a fait part le 31 mai de son scepticisme quant à ce projet en ce qui concerne le monde paysan. « Il y a beaucoup de questions autour de l'assurance-chômage. Les agriculteurs à ce jour n'y ont pas droit. Mais si l'ouverture du droit doit se traduire par six points supplémentaires (de cotisations sociales, ndlr), ça nous interroge beaucoup pour un métier qui ne voit pas comment il pourrait accéder à l'assurance-chômage », a-t-elle déclaré après une rencontre avec le Premier ministre Édouard Philippe à Matignon. Elle a également profité de la rencontre pour évoquer la question du coût du travail, qui crée selon elle une « distorsion de concurrence » avec les voisins européens. Elle a notamment souligné les fermetures d'exploitations dues à ces inégalités de charges dans des secteurs « très employeurs de main d'œuvre » de l'agriculture, comme le maraîchage, l'horticulture, les pépinières et la viticulture.

Baisse de la collecte de lait biologique en France

La collecte de lait biologique représente 132 millions de litres récoltés au premier trimestre en France, soit 5,8% de moins que l'an dernier selon FranceAgriMer. Les mauvaises conditions climatiques de l'an dernier ont entraîné une baisse de la qualité et de la quantité des fourrages disponibles pour l'hiver. Au vu du nombre de conversions en cours, la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) estime à 800 millions de litres la collecte de 2018, soit une hausse de 36% en trois ans. Pour les entreprises, le défi est important : il va s'agir de pouvoir absorber toute cette matière première supplémentaire. Au 1er trimestre, les fabrications de yaourts et laits fermentés ont explosé, affichant une progression de 20%, à plus de 15.000 tonnes. Celles de crèmes conditionnées sont tout aussi dynamiques (+22%). En fromages, les fabrications progressent de plus de 5% et en beurre de 5,5%. Par ailleurs, 1.471 tonnes de poudres de lait bio ont été séchées au premier trimestre (+37,1%), grâce au fort développement de la demande en poudre de lait infantile. Seules les fabrications de lait liquide conditionné ont reculé (-9,7%), faute d'offres. Une baisse qui s'est traduite par la plongée des achats des ménages en cumul annuel du 26 décembre 2016 au 16 avril 2017 (-20,7%), selon FranceAgriMer-Kantar Worldpanel. Le reste du rayon fait au contraire preuve d'une insolente bonne santé quand on le compare au conventionnel, avec des progressions des volumes allant de 8,8% (beurre) à 28,1% (crème) tandis qu'aucun produit en laitier conventionnel ne progressait.

Les producteurs de lait bretons réclament de meilleurs prix

Une centaine de producteurs de lait a interpellé à Plérin les représentants des coopératives pour réclamer un meilleur prix d'achat de leur production alors que nombre d'entre eux sont dans une situation économique critique. Les producteurs de lait « ne peuvent plus attendre un hypothétique éclaircissement dans les marchés laitiers. Ils ont besoin de prix tout de suite pour permettre de rémunérer leur travail », a ainsi expliqué Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d'Armor, à l'occasion d'une session de la chambre régionale d'agriculture. Le 30 mai, les agriculteurs ont ciblé les responsables de coopératives, censées défendre les intérêts des producteurs qui en sont membres. En 2016, les résultats financiers des transformateurs, « notamment coopératifs, ont été importants, pour ne pas dire scandaleux » quand les producteurs sont dans la « détresse », ont-ils souligné. « La filière n'aura un avenir que si sa base se maintient, vit décemment et peut investir pour améliorer son outil », ce qui est « inenvisageable au regard des rémunérations actuelles proposées », a conclu Didier Lucas.

La France, poids lourd de la filière du veau

Selon Interbev, la France produit 191.000 tec de veau, soit 30% de la production européenne, arrivant ainsi en deuxième position derrière les Pays-Bas qui assurent 32% du tonnage européen. En France, la production de la filière du veau est assurée par 2.900 élevages. Au niveau européen, la filière a généré 5,9 Mds € de chiffre d'affaires en 2016. Du côté de la consommation, celle-ci a atteint 397.000 tonnes à un prix moyen de vente au consommateur autour de 15 €/kg. La France, l'Italie et la Belgique consomment à eux trois près de 70% de la viande européenne. Cette dernière s'élève à 1,3 kgec par habitant sur un total de 15 kg de viande bovine consommée. Les Français, avec 35% de la consommation européenne sont les premiers « amateurs » de viande de veau en Europe. Ils en mangent 3,5 kgec chacun pour 25 kgec de viande bovine consommée.