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Lettre d'information Agricole du 7 janvier 2019

Publié le 07 janvier 2019

Le périmètre coopératif agricole et agroalimentaire a reculé en 2018 

À l'occasion de son congrès annuel, Coop de France a publié un bilan négatif de l'évolution du poids économique de la coopération agricole et agroalimentaire en 2018. À travers 53 opérations (contre 80 en 2017), le secteur a acquis 382 millions d'euros sur 11 mois, mais en a cédé 1.965 millions d'euros, pour un solde négatif de 1,583 milliard d'euros (contre +1,873 milliard d'euros en 2017). L'ensemble des coopératives agricoles et agroalimentaires ont vu leur chiffre d'affaires global reculer de 2% à 84,4 milliards d'euros. 

Revenus agricoles 2018 : Le résultat net des agriculteurs en hausse de 18,3 % 

L'Insee a dévoilé ses prévisions de résultats agricoles pour l'année 2018. Selon l'institut, la valeur ajoutée brute aux coûts des facteurs a augmenté de 6,7 % en un an en termes réels. Compte tenu de la poursuite de la baisse du nombre d'agriculteurs, le résultat net des exploitants agricoles serait en hausse de 18,3 % par rapport à 2017. Selon les chambres d'agriculture, ce chiffre s'explique notamment par un « coup de frein sur les charges et les investissements ». L'APCA estime que « l'essentiel des impacts négatifs de la sécheresse pourrait se manifester en 2019. » L'institut a également mis en avant d'autres valeurs : hausse de la valeur ajoutée brute de la branche agricole (+8,9 %), hausse du coût des intrants (+1,7 %) ou encore baisse du prix du bétail en 2018 (-2,7 %). 

Le SRP relevé de 10% au 1er février 2019 

Publié le 29 décembre 2018, le décret n°2018-1304 du 28 décembre fixe la date de l'entrée en vigueur du relèvement du seuil de revente à perte (SRP) au 1er février 2019. Pour rappel, cette mesure prévue par la loi Alimentation prévoit pour les denrées alimentaires et les produits destinés à l'alimentation des animaux de compagnie, revendus en l'état au consommateur, le relèvement du SRP, en affectant leur prix d'achat effectif d'un coefficient de 1,10. L'encadrement des promotions prévues par la même ordonnance, entrera en vigueur le 1er janvier 2019 pour l'encadrement en valeur à moins de 34% et le 1er mars 2019 pour l'encadrement en volume de 25%. 

Du mieux dans l'agriculture, sauf pour les élevages de porcs 

D'après les Chambres d'Agriculture qui ont publié les premières tendances chiffrées de 2018, les résultats agricoles ont progressé de 18,3%. Mais un secteur souffre et devrait continuer d'être fragile, c'est celui des élevages de porcs qui ont vu diminuer les exportations vers la Chine tandis que l'embargo russe se poursuit. Le secteur de l'élevage des bovins se porte mieux. La situation globale de l'agriculture est cependant à relativiser car ses investissements ont été moindres cette année, ce qui influe favorablement sur ses résultats. De son côté, l'INSEE estime que la production agricole en valeur a augmenté de 4,7% l'an dernier, la plupart des secteurs sont en hausse sauf l'élevage. 

France : une production dynamique pour les laits de chèvre et de brebis 

En cumul de janvier à octobre 2018, la collecte française de lait de chèvre s'est élevée à 420,7 millions de litres, en hausse de 2,9% par rapport à l'an passé. Très dynamique en début d'année, elle a toutefois ralenti en juin et juillet, en raison des fortes températures et de la sécheresse. Sur les sept premiers mois de l'année, le prix du lait à teneurs réelles s'est établi en moyenne à 667,50 euros/1.000 litres, contre 665,05 euros en 2017, principalement en raison d'un lait plus riche. Les importations de produits de report ont atteint des sommets. Avec 80 Ml de janvier à juillet, le record de 72,7 Ml établi en 2007 est nettement dépassé. En lait de brebis, la collecte a atteint 250,1 millions de litres en cumul de janvier à octobre, en hausse de 0,9% par rapport à l'an passé. 

Prolongation de l'expérimentation sur l'étiquetage de l'origine du lait et des viandes 

Le Ministère de l'Agriculture a fait savoir que l'Union européenne avait autorisé la France à poursuivre jusqu'au 31 mars 2020 l'étiquetage de l'origine de la viande et du lait utilisés comme ingrédients dans les plats cuisinés et produits laitiers. Cette décision a été matérialisée par le décret n° 2018-1239 paru le 26 décembre au Journal officiel. L'expérimentation française sur l'étiquetage de l'origine devait initialement prendre fin le 31 décembre 2018. 

Porc : la balance commerciale redevient positive 

En octobre 2018, la balance commerciale française des échanges de viande porcine est redevenue excédentaire en volume, et ce après une période déficitaire de plus de six mois. Le ministère de l'Agriculture annonce également dans sa note de conjoncture mensuelle que le décrochage des cours et des abattages en octobre ne s'est pas poursuivi en novembre 2018. Les ventes à destination de la Chine progressent : +25% sur un an. Plus globalement, les exportations françaises de viande porcine ont augmenté de 24% entre septembre et octobre 2018. Les chiffres sont également à la hausse du côté des importations. Leur niveau d'octobre 2018 est supérieur à la moyenne des cinq dernières années (+0,7%) et à octobre 2017 (+2%). Bien qu'en deçà des niveaux de 2017, l'activité d'abattage de porcs charcutiers a connu un fort regain entre octobre et novembre 2018. L'activité est supérieure de 2,5% en novembre par rapport à la moyenne des cinq dernières années en tec. Enfin, même si la production porcine a reculé de presque 2% en tonnage entre octobre 2017 et octobre 2018, le cumul de la production sur la période janvier octobre est supérieur de 1,4% en 2018 à l'an dernier. La consommation de viande porcine se maintient et équivaut à la moyenne enregistrée sur les cinq dernières années. 

Un appel à projets pour moderniser les élevages de volailles 

La France veut partir à la reconquête des importations de volailles, principalement consommées via la transformation industrielle pour des produits finaux élaborés. Première région de production avec les Pays de la Loire, la Bretagne entend donc financer en partie la modernisation des élevages, voire accompagner les créations de nouveaux outils. Un appel à projets va ainsi être lancé par le Conseil régional de Bretagne et l'Etat. Il passera par des aides pouvant atteindre jusqu'à 50.000 euros par élevage complétés par un prêt d'honneur également de 50.000 euros sur huit ans de la Région Bretagne.