Informatique

Comment gagner en compétitivité par la digitalisation ?

Informatique

Publié le 23 septembre 2019

Comment gagner en compétitivité par la digitalisation ?

À l’heure du digital, l’agriculture vit avec son temps et n’échappe pas aux modèles de l’économie collaborative. Des start-up réinventent l’agriculture, rapprochent les exploitations, facilitent la circulation des actifs et des savoirs. Grâce à l’inter-médiation du web, un potentiel d’interactions incroyables est possible. Explications par Christian Dubois, directeur développement commercial Cerfrance Brocéliande, et Anaël Bibard, membre fondateur du Cofarming.

Comment trouver des solutions à ses tracas quotidiens grâce à la digitalisation ?

Christian Dubois : Pour soulager les tâches administratives de l'agriculteur, le numérique permet la mise en place d’alertes et facilite le traitement des factures à l'aide d'un simple scan. Ensuite elles sont enregistrées, classées et intégrées dans la comptabilité.

Anaël Bibard : À titre d’exemple, prenons les alertes de surveillance des cultures. Grâce à la technologie, je reste maître de mes données, mais je les valorise en les utilisant sur des plates-formes de #Cofarming pour se comparer facilement, identifier des marges de progrès grâce à mes données existantes, et pourquoi pas ensuite créer ou redynamiser des clubs d’échange de pratique en toute confiance vis-à-vis de mes données.

Quelles sont les opportunités offertes par le digital pour développer son chiffre d’affaires ?

CD : Le risque prix pour une exploitation agricole est 4 fois supérieur au risque climatique. Savoir se positionner face à des marchés volatils et incertains devient inéluctable. Des outils concrets permettent désormais de bâtir sa stratégie commerciale et de mieux connaître ses marges de négociation.

AB : La coopération s’est développée pour sécuriser la commercialisation, atteindre de nouveaux marchés et mieux maîtriser le devenir de ses produits dans la chaîne de valeur agroalimentaire. Aujourd’hui, les plates-formes du #CoFarming représentent une nouvelle opportunité pour générer de la valeur au niveau de l’exploitation : 

  • Répondre à des besoins ponctuels, spécifiques ou en circuit court pour mieux valoriser sa production ;

  • Dégager un revenu supplémentaire en travaillant pour un autre agriculteur pendant ses périodes creuses ; 

  • Dégager un revenu locatif en louant son matériel lorsqu’il n’est pas utilisé… ;

  • Ouvrir un relais colis pour produits pondéreux afin de valoriser ses espaces de stockage et attirer de nouveaux consommateurs sur la ferme.

Comment le digital peut-il permettre d’améliorer ses pratiques grâce à ses voisins ?

CD : Le digital conforte la confiance pour favoriser les échanges entre les agriculteurs. Des solutions permettent de remédier à la lourdeur administrative des pratiques de l'entraide et facilitent l'esprit de la délégation et d'organisation de proximité.

Les conditions de travail s’en trouvent ainsi optimisées.

AB : Au niveau agricole, l’entraide n’a pas attendu le numérique pour se développer. Si on connait bien ses voisins directs, on a parfois plus de mal à connaître les personnes sur un territoire de 900 km², ce qui représente les voisins à moins de 30 km seulement. Le numérique a l’avantage de rendre visibles ces ressources disponibles auparavant invisibles. Exemple : une casse de faucheuse et la concession n’a pas de solution ? Il y a sûrement un agriculteur qui a déjà fini ses foins à moins de 30 km, à qui on pourra louer la machine.

Autre exemple, je veux me lancer dans le semis direct sous couvert végétal et mon ETA n’a pas de semoir adapté, je peux trouver rapidement un prestataire sur une plateforme du #Cofarming.

Nadège Henry