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Lettre d'information Agricole du 22 février 2021

Publié le 25 février 2021

Loi climat : des mesures pour mettre en cohérence les politiques agricoles et alimentaires

Le projet de loi Climat a été présenté en Conseil des ministres le 10 février. Il prévoit plusieurs mesures visant à limiter l'impact de l'agriculture et de l'alimentation sur le climat. Parmi ces mesures figurent notamment la mise en place d'une redevance sur les engrais minéraux non azotés, un meilleur encadrement de la mention « équitable » ou encore une expérimentation sur des repas végétariens. Le projet de loi prévoit également que le plan stratégique national que doit élaborer la France, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), soit compatible avec les politiques environnementales, notamment la stratégie bas carbone, la stratégie biodiversité ou l'objectif de lutte contre la déforestation importée.

Lait : confirmation du très net repli de la collecte en janvier

La collecte nationale de lait de vache a diminué de 4,7% sur un an au cours de la semaine 1 de 2021, de 4,3 % en semaine 2 et de 4,1% en semaine 3 comme en semaine 4. Hormis la Normandie, dont la collecte est inchangée sur un an durant la 4e semaine de janvier, l'ensemble des bassins laitiers s'affichent à la baisse : Grand Est (-7,6 %), Centre-Val de Loire (-8,1 %), Nouvelle-Aquitaine (-9,1 %), Occitanie-Paca (-4,1 %), Pays de la Loire (-6,1 %), Auvergne-Rhône-Alpes (-6,3 %), Bourgogne-Franche-Comté (-5,4 %), Hauts-de-France IDF (-1,2 %), Bretagne (-2,5 %). Les trois derniers mois de 2020 s'étaient déjà passés intégralement dans le rouge.

En 2020, la collecte de lait bio a progressé de 11,6 %

La collecte de lait a augmenté en 2020 de 11,6 %, une hausse moins marquée que celle des années précédentes. Elle devrait atteindre 1,1 milliard de litres et aura quasiment doublé par rapport au volume de 2016. Les augmentations ont été particulièrement soutenues au 1er trimestre, avant que la collecte ne soit volontairement freinée au moment du pic. « En effet, comme dans la filière conventionnelle, la crise sanitaire et la perturbation des débouchés a inquiété les opérateurs dans leur capacité à collecter et à transformer tout le lait. Les éleveurs ont donc été incités à réduire leur production, ce qui est parfois passé par une baisse du prix du lait », souligne France Agrimer. En moyenne sur onze mois, le prix réel s'est établi à 477,2 euros/1000 l, en repli de 1,3 euro/1000 l par rapport au même cumul de 2019. « Alors que le prix du lait ne cessait de progresser depuis 2016, témoignant d'un bon équilibre du marché, celui-ci semble avoir été ébranlé en 2020. La crise sanitaire a probablement joué, mais ce n'est pas le seul élément d'explication ».

Moins de porcs abattus sur la zone Uniporc Ouest en 2020

Le nombre de porcs abattus dans la zone Uniporc Ouest est passé de 19,5 millions en 2019 à 19,4 millions en 2020, soit une baisse de 0,6 %. Cette légère baisse est compensée en tonnage par l'augmentation de 400 grammes du poids moyen des carcasses sur la même période (de 95,54 kg à 95,95 kg chaud, +0,43 %). L'abattoir Cooperl de Lamballe reste celui qui abat le plus de porcs (2,5 millions en 2019, en légère baisse de 45.000 porcs), loin devant Kermené à Collinée, dans les Côtes-d'Armor (1,9 million de porcs) et Bernard dans le Morbihan (1,47 million). Viennent ensuite Cooperl Montfort, en Ille-et-Vilaine, qui a abattu 100.000 porcs de moins qu'en 2019 (1,36 million). Le plus important abattoir hors Grand Ouest est celui de Cooperl à Saint-Maixent, près de Poitiers (884.000 porcs abattus en 2019), suivi de Tradival à Orléans (601.000 porcs). Du côté des apporteurs, Cooperl est là encore en tête, avec 5,6 millions de porcs commercialisés sur la zone Uniporc Ouest en 2020, suivi par Evel'up (3,5 millions) et de Porc Armor évolution (1,9 million). Les chiffres des principaux groupements apporteurs varient très peu entre 2019 et 2020, signe d'une grande stabilité de la production.

Porc : la neige perturbe l'activité empêchant la hausse des prix

L'épisode neigeux qui a sévit au nord-ouest de la France a fortement perturbé l'abattage de la zone Uniporc ouest. L'activité du 10 février a été réduite d'environ un tiers par rapport à celle d'une journée normale. Depuis le 8 février, le poids moyen repart à la baisse reculant de plus de 400 g selon FranceAgriMer. Les intempéries devraient réduire la baisse des poids et provoquer des retards d'enlèvement dans les élevages. La neige a également troublé l'activité en Europe et a empêché une possible hausse des prix comme en Allemagne. Cependant la situation des abattages s'améliore et les poids de carcasse baissent mais restent élevés. « Dans le sud de l'Europe, les situations de marché sont plus positives et pourraient déboucher sur de nouvelles hausses de prix » précise le Marché du porc breton (MPB). En Espagne notamment, la demande à l'export demeure élevée. Malgré le ralentissement des achats chinois, la demande des autres pays du sud est asiatique sont d'un bon niveau.

Porc : les exportations européennes reculent d'un quart vers le Japon en 2020

En 2020, les importations japonaises de viande de porc (et d'abats) ont diminué de 6%, atteignant 1,14 million de tonnes. En cause, le repli des volumes en provenance de l'Union Européenne, notamment du Danemark. En effet, les exportations de l'UE ont reculé d'un quart, à 295 000 tonnes, tout comme les expéditions chinoises (-37 %, à 17 200 tonnes), indique AHDB. Le Japon a toutefois augmenté de 9% ses importations en provenance des États-Unis.

Volaille : un marché porteur en 2021

L'incertitude reste de mise en 2021 pour les filières avicoles françaises. Les effets de la pandémie devraient se poursuivre et l'apparition de foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) a conduit à des abattages massifs début 2021, plaçant la filière canards gras dans une situation sanitaire critique. Concernant les exportations, FranceAgriMer table sur un rythme soutenu en 2021 si les envois vers les pays tiers se maintiennent, notamment pour le poulet et si les échanges intraeuropéens se redressent progressivement après écoulement des stocks qui se sont constitués. « Du fait des prix bas sur le marché européen, la tendance à la reprise des importations, principalement depuis la Pologne, devrait se poursuivre, conduisant à une nouvelle hausse des importations au-delà de leurs niveaux de 2019 ». La consommation française de viande de volaille devrait également s'inscrire en hausse dans un contexte où le marché mondial de la viande de volaille reste porteur.

Hausse de 11 % des achats d'oeufs en 2020

Selon les données de Kantar relayées par FranceAgriMer, les achats d'oeufs par les ménages (consommation à domicile) ont bondi de 11 % en 2020. C'est un des produits dont la vente au détail a le plus bénéficié de la crise sanitaire, en raison d'un regain d'intérêt pour le fait-maison. Si l'oeuf a eu du succès, tous les codes n'ont toutefois pas été concernés de la même façon. Ainsi les achats d'oeufs au sol ont bondi de 125,9 %, grâce à une meilleure offre en rayon. Le plein air a progressé de 13,9 %, le label rouge (+6,8 %) progressant un peu moins que le reste (+15,6 %). Le bio bondit de 16,9 %, tandis que la cage continue de se replier, avec une baisse de 6,7 %. Le plein air est le poids lourd du rayon, avec 36,5 % des volumes, devant la cage (31,5 %), le bio (14,3 %) et le sol (9,9 %). Marques nationales (+16,9 %) et marques régionales (+16,1 %) ont plus progressé que les MDD classiques et thématiques (+3 %) et économiques (+8,5 %). En valeur, les données Iri indiquent une hausse de 9,2 % des ventes d'oeufs, pour une progression de 8,3 % des volumes.