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Lettre d'information Agricole du 8 mars 2021

Publié le 08 mars 2021

Une loi Climat bien tiède selon le Haut conseil pour le Climat

Le Haut conseil pour le climat (HCC) a rendu son avis sur le projet de loi « Climat et résilience ». Il dénonce l'échéancier et l'absence d'objectifs chiffrés. Dans le secteur agricole, le HCC cible l'article 60 relatif à la qualité des repas proposés dans les services de restauration collective publique et qui prévoit une extension à la restauration collective privée à partir de 2025 « alors qu'une stratégie intégrée est nécessaire dès aujourd'hui pour construire la baisse d'émissions associée au secteur agriculture-alimentation ». Le dispositif de taxation des engrais azotés (article 62) est aussi critiqué. « La taxation entrera en vigueur en cas de non-respect pour deux années consécutives des objectifs de réduction de la consommation d'engrais azotés et elle est conditionnée à l'échec de mesures incitatives et de négociations sur une telle taxe au niveau européen ».

Hausse de la collecte européenne de 1,6 % en 2020

Selon les premières estimations de la Commission européenne, la collecte de lait de vache en Europe a progressé de 1,6 % en 2020 comparé à 2019. Plusieurs pays ont affiché des collectes très dynamiques : l'Italie (+4,4 %), la République tchèque (+4,3 %) la Grèce (+3,8 %), l'Irlande (+3,8 %) et surtout la Bulgarie (+5,4 %). Les progressions étaient aussi de mise, quoique plus mesurées en Belgique (+3,2 %), en Pologne (+2,3 %), aux Pays-Bas (+1,1 %), en Espagne (+1,4 %), en France (+0,5 %), en Allemagne (+0,2 %) et au Danemark (+0,9 %). Seuls deux pays ont enregistré des reculs : l'Autriche (-0,1 %) et la Croatie (-0,3 %).

Europe : fin 2020, le prix du lait européen a repris des couleurs

Sur le dernier trimestre de 2020, le prix du lait versé aux producteurs européens oscille entre 350 et 355 euros/1 000 litres. En décembre, il s'établit à 353,1 euros/1 000 litres. D'après les données publiées par la Commission européenne, l'écart avec le prix moyen enregistré sur la même période en 2019 n'est plus que de 4 euros /1 000 litres (-1,2 %). Cet écart avait atteint 15 euros au mois de juin. Sur l'ensemble de l'année 2020, le prix du lait européen s'établit à 341,2 euros /1 000 litres, soit un repli de presque 7 euros sur un an (-1,9 %). En France, en décembre, le prix moyen versé aux éleveurs français était de 370,4 euros /1 000 litres (-1,4 % par rapport à 2019).

La production d'aliments du bétail a reculé de 1 % en 2020

Selon les premières estimations de La Coopération agricole nutrition animale et du Snia, la production française d'aliments du bétail a reculé de 1 % sur l'année 2020 par rapport à 2019. Cette tendance à la baisse se retrouve dans les trois catégories » : -0,8 % en bovins, -0,2 % en porc et -1,1% en volailles. Sur le seul mois de décembre, avec un jour ouvré de plus qu'en 2019, la production d'aliments composés a en revanche enregistré un bond de 5,1 %. L'augmentation dans le secteur bovin (+7,1 %) concerne à la fois les vaches laitières (+8,3 %) et les allaitantes (+4 %). La Coopération agricole nutrition animale et le Snia soulignent aussi une progression de 19 % en ovins et caprins. Dans la filière porcine, la progression est de l'ordre de 2%, portée par la hausse des fabrications d'aliments pour les porcs en engraissement (+3,2 %). Enfin, concernant l'aliment volaille, la progression est de 5,5%, portée par une hausse en poulet de chair (+7 %) et en pondeuse.

Viande bovine : chute des importations françaises

D'après les données des Douanes publiées par FranceAgriMer, les importations françaises de viande bovine ont enregistré une baisse de 17 % en 2020, à 281.900 téc. La fermeture des restaurants a en effet entraîné un report de la consommation de viande vers le domicile, où le choix de l'origine France est davantage privilégié qu'en restauration. Si la Pologne a réussi à maintenir le volume de ses envois (à 29.400 téc), cela n'a pas été le cas pour les Pays Bas (-17 %, 69.100 téc), l'Irlande (-11 %, 54.900 téc), l'Allemagne (-31 %, 38.600 téc) et la Belgique (32.900 téc, -3 %). Au total, la France à dépensé 1,187 milliard d'euros pour acheter de la viande bovine à l'étranger en 2020, soit 18 % de moins qu'en 2019. Les achats de viandes transformées à l'étranger ont en revanche plutôt bien résisté à la crise puisqu'ils n'ont reculé que de 1,5 % (à 21.000 téc).

Le porc s'ancre dans la mondialisation

Le commerce mondial du porc se développe et se concentre malgré les crises sanitaires liées aux virus de la peste porcine africaine et de la Covid. Sept pays exportent plus des deux tiers des volumes échangés : l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, les États-Unis, le Canada et le Brésil. Leur développement repose sur l'exploitation d'avantages comparatifs, générateurs d'efficacité économique. L'internationalisation des filières porcines se matérialise par celle de ses échanges mais aussi de ses entreprises. Deux approches de l'internationalisation se distinguent. La première, celle de Danish Crown, découle d'une volonté collective de la coopérative de valoriser au mieux les savoir-faire de ses éleveurs adhérents. Cette coopérative danoise, premier abatteur européen, s'est progressivement implantée dans plusieurs pays. D'autres entreprises internationales adoptent une politique différente. Tönnies Fleisch, société privée, principal abatteur allemand, a racheté le danois TiCan en 2017. « Dans le contexte de fermeture des marchés asiatiques suite à la PPA en Allemagne, Tönnies pourrait continuer de servir un certain nombre de clients internationaux au départ du Danemark ». En septembre 2020, Tönnies a annoncé la construction d'un abattoir en Espagne. « L'entreprise bénéficiera ainsi de la dynamique de croissance de la production espagnole et sera en mesure de maintenir ses exportations internationales ». Ces stratégies internationales pourraient se heurter aux attentes grandissantes des consommateurs sur l'origine de leur alimentation et des politiques sur les normes de production agroalimentaire.

Filière porcine : 28.240 emplois en 2020 en Bretagne

La filière porcine est la deuxième en Bretagne, avec 20 % des emplois directs. Dans le détail, les activités liées au porc sont plus fortement localisées dans le département des Côtes d'Armor, qui totalise 38 % des emplois de la filière. Arrivent ensuite l'Ille-et-Vilaine (24 %), le Finistère (21 %) et le Morbihan (17 %). L'abattage-découpe-transformation représente 61 % des emplois de cette filière. Les emplois sont les plus nombreux en Côtes d'Armor (40 %), en Ille-et-Vilaine (25 %), dans le Finistère (18 %) et dans le Morbihan (17 %). Entre 2013 et 2020, ce maillon a gagné un peu moins de 200 emplois, grâce au développement de certaines structures. Par ailleurs, la production compte 6.400 emplois (soit 23 % des emplois de la filière). Les Côtes d'Armor sont encore une fois en tête avec 36 % des emplois, suivi du Finistère (33 %), du Morbihan (16 %) et de l'Ille-et-Vilaine (15 %). Mais les emplois à la production diminuent. Ils ont baissé de 12 % dans les exploitations spécialisées en porc par rapport à 2010 et 2017. En cause, la baisse de la production bretonne entre 2012-2013 et 2019 qui atteint 378.000 porcs (-2,7 %), l'amélioration de la productivité et des éleveurs qui doivent, pour certains, assumer une charge de travail plus grande, faute de trouver des salariés. Enfin, le maillon des services directs et organismes divers totalise 10 % des emplois de la filière. Ils sont localisés à égalité pour 31 % chacun en Côtes d'Armor et en Ille-et-Vilaine. Avec 36 %, c'est enfin en Côtes d'Armor que l'on trouve le plus d'emplois en fabrication d'aliments pour les animaux (maillon des IAA de l'amont).

Grippe aviaire : 25 pays de l'UE/EEE touchés

1 022 détections d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), dont 592 concernant des volailles domestiques, ont été signalées dans 25 pays de l'UE/EEE et au Royaume-Uni entre le 8 décembre 2020 et le 23 février 2021, selon le dernier point de situation sur la maladie en Europe publié par l'Efsa. La plupart des foyers (442) ont été signalés par la France dans le secteur du canard, principalement dans les Landes. L'Allemagne est le second pays le plus touché avec 207 cas dans la faune sauvage et 50 en élevage.