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Lettre d'information Agricole du 26 avril 2021

Publié le 26 avril 2021

Sols agricoles : une perte de 7,7 % des surfaces depuis 1982

Selon la dernière enquête Teruti publiée par le ministère de l'agriculture, le territoire de France métropolitaine était recouvert à 52 % par les surfaces agricoles en 2018, à 39 % par les surfaces naturelles, et à 9 % par des sols artificialisés. En 25 ans, les sols agricoles ont perdu 2,4 millions d'hectares (-7,7 %). En parallèle, les sols artificialisés ont progressé de 2,9 millions d'hectares entre 1982 et 2018 pour arriver à 5 millions d'hectares, en lien avec une augmentation importante de l'habitat individuel. Les surfaces consacrées aux grandes cultures annuelles ont augmenté de +2,6 millions d'hectares sur la période, sans pour autant compenser la perte des surfaces toujours en herbe (-2,3 millions d'hectares), des jachères et prairies temporaires (-2,1 millions d'hectares), des vignes et vergers (-400 000 ha) et des sols agricoles annexes (chemins, cours de fermes, etc. soit - 200 000 ha). En moyenne, près de 66 000 ha de terres agricoles ont disparu chaque année (-0,2 %). Entre 2008 et 2018, la plupart des départements français ont perdu des terres agricoles, les pertes les plus importantes étant observées dans les Alpes-Maritimes (-3,1 % par an), en Haute-Corse (-2,3 % par an) et dans les Pyrénées-Orientales (-2,2 %). Le recul est plus limité dans la diagonale allant du centre-ouest au nord-est de la France métropolitaine.

Bruxelles évalue le rôle de la Pac sur le renouvellement des générations

Alors que trois chefs d'exploitation sur quatre ont plus de 65 ans dans l'Union européenne, la question du renouvellement des générations agricoles constitue un enjeu majeur. La Commission européenne a donc dressé le bilan de l'efficacité des instruments de la Pac en faveur du renouvellement des générations agricoles. Si la Commission note que les mesures de renouvellement des générations agricoles de la Pac améliorent les performances et la résilience des exploitations agricoles, elle pointe en revanche que ces mesures n'encouragent pas la succession de ces dernières. Alors que l'accès au foncier et aux capitaux est l'un des principaux freins à l'installation, la Commission indique que les soutiens à l'investissement versés les premières années aux jeunes installés ne permettent pas tout à fait de lever ces obstacles. De plus, le soutien au revenu de la Pac versé dans certains pays peut même inciter les cédants à continuer leur activité pour compenser la faiblesse de leur retraite. Pour lever le frein à l'accès au foncier et aux capitaux, le rapport suggère « des changements afin d'améliorer la cohérence des politiques nationales juridiques, sociales et budgétaires avec les objectifs de la Pac en termes de renouvellement des générations ». La Commission européenne prône aussi une meilleure cohérence des politiques européenne et nationale pour que puissent être utilisés de façon complémentaire des outils économiques et fiscaux en faveur du renouvellement générationnel.

L'objectif de progression des surfaces d'agriculture bio ne sera pas atteint pour 2022

Doté d'une enveloppe de 1,1 milliard d'euros de crédits, le plan de développement de l'agriculture mis en place en 2018 prévoyait un objectif de 15 % de surfaces agricoles cultivées en bio pour 2022. Le 21 avril, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a indiqué que les surfaces bio attendraient plutôt 12,5 % en 2022. Interrogé sur les raisons de ce retard, le ministre a souligné que « ce sont des transitions qui sont parfois longues », et a reconnu que « parfois » le gouvernement n'avait « pas mis assez d'accompagnement », une tendance corrigée selon lui par le volet agricole du plan de relance. Selon les derniers chiffres publiés par l'Agence bio, fin 2019, 2,3 millions d'hectares étaient cultivés en bio soit 8,5 % de la SAU (surface agricole utile) française.

Ce qu'il faut savoir de la future loi Egalim 2

Compte tenu de l'accélération de la spirale déflationniste lors des dernières négociations commerciales, le gouvernement a décidé d'agir. Le 15 avril, le député LREM Grégory Besson-Moreau a déposé une proposition de projet de loi qui pose les fondements d'Egalim 2 à l'Assemblée nationale. Le texte prévoit la contractualisation obligatoire et pluri-annuelle (trois ans minimum) entre le producteur agricole et son premier client, un nouvel encadrement des promotions de produits alimentaires, un dispositif permettant de trancher les litiges ou encore le renforcement de l'étiquetage de l'origine. Soutenue par le gouvernement, cette proposition de loi sera examinée à l'Assemblée nationale début juin, en procédure accélérée.

La collecte de lait bio croît plus vite que la demande

D'après l'Idele, la collecte de lait bio a augmenté de 10 % en février 2021 par rapport à février 2020. Si la croissance de la collecte bio flirtait davantage avec les +20 % les années précédentes, l'évolution reste quand même très forte par rapport à celle du lait conventionnel (-2,6 %). Dans le même temps, les ventes au détail ne progressent pas sur le même rythme. En cumul annuel mobile se terminant fin février, Kantar rapporte une stagnation des achats des ménages de lait bio (-0,4 %), une baisse en yaourts bio (-11,2 %) et en fromages frais (-9,4 %). Beurre et crème ont également moins progressé en bio qu'en conventionnel, seuls les desserts frais se sont montrés toniques (+14,6 %). Dans ce contexte, l'Idele estime que le taux de déclassement a augmenté. C'est à cette période que l'équilibre est le plus crucial, en plein pic saisonnier de production (28 % de la collecte annuelle bio est réalisée sur le 2ème trimestre sur une année normale, contre seulement 26 % en lait conventionnel, précise l'Institut).

Pourquoi les producteurs de viande veulent redéfinir l'« Eco-score » des produits alimentaires ?

Après avoir critiqué ouvertement l'« Eco-score » lancé par Yuka et d'autres acteurs de l'agroalimentaire, la filière viande a décidé de s'emparer du sujet. Via Interbev (l'interprofession bovine), les acteurs de ce secteur ont annoncé le lancement de travaux spécifiques à l'affichage environnemental dans les filières ovines et bovines. "Cela s'inscrit dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire" explique Caroline Guinot, responsable de la Commission Enjeux Sociétaux d'Interbev. Avec l'Institut de l'élevage et l'Institut de l'agriculture et de l'alimentation biologiques (ITAB) notamment, Interbev entend se pencher sur la méthodologie utilisée pour calculer le futur score environnemental. L'objectif ? Que la méthode d'évaluation soit adaptée aux spécificités de ces productions, "pour garantir ainsi une information fiable aux consommateurs" explique Caroline Guinot. Les industriels de la viande pointent notamment du doigt les faiblesses de l'indicateur ACV (Analyse de Cycle de vie). Cet indicateur établi à partir d'une base de données publiques, évalue d'ores et déjà plus de 2 500 produits alimentaires et est le plus couramment utilisé. Problème : Il ne serait pas adapté aux enjeux de ce secteur. "Certains enjeux environnementaux centraux comme la préservation de la biodiversité, ou l'utilisation des pesticides ne sont pas pris en compte" déplore Sabine Bonnot, référente professionnelle en charge du dossier pour l'ITAB.

UE : croissance modérée de la production porcine en 2021

Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de la production porcine européenne pourrait progresser de 0,7 % en 2021 après une hausse de 1,2 % en 2020. En décembre 2020, le nombre de porcs à l'engraissement avait augmenté de 0,8 %. Le nombre de porcelets s'est accru de 2,2 millions de têtes, principalement en France. Le cheptel de truies était toutefois en recul de 0,5 % sur un an. Par ailleurs, la consommation apparente européenne de viande de porc devrait s'élever à 32,7 kg par habitant en moyenne (+1,4 %), portée notamment par une offre plus importante sur le marché domestique. Enfin, en 2020, les exportations communautaires ont bondi de 18 % mais la tendance devrait s'atténuer.

La production d'oeufs poursuit sa hausse

D'après Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, la production française d'oeufs de consommation a progressé de 5,4 % au premier trimestre 2021 par rapport à la même période en 2020. Dans le détail, la production d'oeufs issus d'élevages en cages aménagées est restée stable, tandis que les volumes issus de systèmes alternatifs ont progressé de 11,7 %. Si le prix des oeufs à la production s'est redressé de 23 % au mois de février 2021, la rentabilité de la production d'oeufs « reste impactée par le prix soutenu et croissant de l'aliment des poules (+3,4 % sur un mois) ». Sur le volet commercial, en janvier 2021, le solde extérieur des échanges d'oeufs de consommation s'est établi à +1.700 tonnes-équivalent oeuf coquille (téoc) en volume, et à +1,9 million d'euros en valeur. « Il est excédentaire, sous l'effet d'une baisse marquée des importations (-24,3 % en volume) et d'une augmentation modérée des exportations (+7,7 %). »