actualités

Lettre d'information Agricole du 12 juillet 2021

Publié le 15 juillet 2021

Agriculture : Covid et climat ont affecté la valeur de la production en 2020

D'après les estimations de l'Insee, la valeur de la production agricole devrait s'effriter en 2021 pour la deuxième année consécutive. Plus que la pandémie de Covid, ce sont les conditions météorologiques qui ont le plus pesé sur la richesse dégagée. La production agricole aurait ainsi perdu 1,9 % de sa valeur en 2020, selon les estimations de l'Insee. Cela se traduirait par un effritement de la richesse produite par agriculteur de 3,3 % en 2020 en termes réels, après une baisse de 5,1 % en 2019. L'essentiel de la dégradation vient des céréales, dont la production a chuté de 8,9 %. Le blé et l'orge sont particulièrement affectés avec des baisses supérieures à 20 %. La production animale décroît, elle, plus modérément, de 0,9 %. La hausse des volumes n'a pas suffi à compenser la baisse des prix du lait, des oeufs et du porc. Elevé en début d'année, le prix des porcins a diminué fortement pendant le premier confinement. Quant aux cours des oeufs, ils ont, eux, chuté en fin d'année du fait, en particulier, de l'attentisme des acheteurs industriels. Pour les gros bovins, le prix de production a diminué de 0,8 %, tandis que celui des ovins caprins a bondi de 5,9 %, soutenu par la consommation à domicile et la baisse des importations. Au total, si l'ensemble de la production (hors subventions) a diminué en valeur en 2020 pour la deuxième année consécutive, elle reste néanmoins à un niveau supérieur à celui observé trois ans auparavant (+ 4,4 %) du fait du renchérissement des prix (+ 6,4 %), note l'Insee.

Les députés vont scruter les coopératives à la rentrée

Le député Roland Lescure a annoncé la création d'une mission d'information sur les coopératives, à l'occasion de l'examen en séance de la proposition de loi « visant à protéger la rémunération des agriculteurs ». La Coopération Agricole y voit un moyen de valoriser le rôle des coopératives.

Lancement d'un plan abattoir en trois volets

Le ministère de l´Agriculture et de l´Alimentation a lancé officiellement le 5 juillet un nouveau « plan abattoirs » en trois volets : renforcer les contrôles, et le cas échéant les sanctions, accompagner et investir massivement dans les abattoirs. Ce plan s´appuie sur le plan France Relance pour accompagner les investissements dans les abattoirs en vue de moderniser et d´améliorer les conditions de travail mais aussi de bien-être animal. En plus des contrôles existants, de nouveaux contrôles généralisés et coordonnés dans l´ensemble des abattoirs d´animaux de boucherie seront lancés dès septembre 2021. Ces contrôles seront accompagnés de mesures correctives adaptées et harmonisées sur l´ensemble des abattoirs. Par ailleurs, une force d´inspection nationale en abattoirs, la « FINA », est créée.

La production de viande bio a doublé en 5 ans

En cinq ans, la production de viande bio a doublé. Selon Interbev, elle est passée de 29 746 tonnes à 59 115 tonnes en 2020, toutes espèces confondues. Les volumes d'abattage ont augmenté de 10 % sur la dernière année. Entre 2019 et 2020, la filière bovine bio a augmenté de 12 %, les ovins de 11 %, et les veaux de 1 %. La filière porcine est passée de 19 795 tonnes en 2109 à 21 607 tonnes en 2020.

Conjoncture : davantage de porcs à l'abattoir

En mai 2021, les abattages de porcs ont augmenté de 5,2 % en têtes et de 3,5 % en poids par rapport à 2020, selon Agreste. A 93,8 kg, le poids moyen des carcasses se rapproche du poids moyen sur cinq ans (+ 500 g). Entre février et mai 2021, les cours du porc ont progressé de 32 centimes d'euros par kilo de carcasse, soit 23,0% de plus sur trois mois. En mai 2021, les cours se sont donc établis à 1,71 euro/kg, soit une augmentation de 8,9 % en un an. Au 17 juin 2021, les cours français du porc étaient stables à 1,72 euro/kg. Par ailleurs, les prix des aliments ont progressé plus rapidement que les cours du porc. En avril 2021, ils étaient supérieurs de 9,9 % à ceux d'avril 2020 et de 14,1 % à celui de la moyenne 2016-2020. Enfin, la consommation de viande porcine recule de 4,2 % entre avril 2020 et avril 2021. En cause, la fermeture de la restauration hors foyers et le repli de la consommation à domicile. Les exportations de viande et de graisse porcine (hors abats) dépassent de 10,5% celles d'avril 2020. Les exportations vers les pays tiers ont augmenté de 44,4 % en glissement annuel.

Porc bio : l'amont ralentit sa production en France

En 2020, la production de porcs bio a été moins importante. Entre 2018 et 2019, les volumes abattus avaient augmenté de 31,8 %. En 2020, ils n'ont progressé que de 9,2 % par rapport à 2019, s'élevant à 21 607 téc. Sous l'effet de la vague massive de conversion des années précédentes et d'une offre qui s'écoulait difficilement, l'amont a préféré ralentir la production.

Volaille : la chute des abattages se poursuit en mai

Les abattages de volailles en France poursuivent leur baisse en mai 2021, reculant de 8,4 % sur un an indique Agreste. A noter qu´un an plus tôt, les abattages avaient nettement repris à cette période après la chute en avril 2020 suite au confinement strict. La filière canard accuse la plus forte baisse avec -51,3 % sur un an pour le canard à gaver et -18,1 % pour le canard à rôtir. Vient ensuite la poule de réforme (-29,6 %), puis la pintade (-20 %) et la dinde (-13,2 %). Seul le poulet reste proche de son niveau habituel (-0,4% sur un an). La chute des abattages de canards gras est à mettre en lien avec l´arrêt des mises en place de canetons dans les élevages du Sud-Ouest impactés par l´Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP).

Grippe aviaire : une feuille de route pour prévenir les épidémies

Le ministère de l´Agriculture et de l´Alimentation a annoncé l´élaboration d´une feuille de route pour éviter la survenue de nouveaux épisodes de grippe aviaire en France, en prévention d´une nouvelle crise à l'automne prochain lors des migrations d´oiseaux sauvages. Cette feuille de route élaborée avec l´ensemble des parties-prenantes concernées définit les actions à mener collectivement pour améliorer la prévention du risque d´introduction et de diffusion du virus de l´influenza aviaire et la gestion en cas de crise. Sur la base des recommandations de l´Anses et de l´expertise de l´École nationale vétérinaire de Toulouse, les signataires s´engagent conjointement à prendre plusieurs mesures-phares urgentes durant l´été (dont la suppression des dérogations à la claustration) et d´autres mesures complémentaires d´ici la fin de l´année. Ils s´engagent également à mettre en oeuvre un plan d´action à court, moyen et long terme. La feuille de route prévoit également de définir des « zones à risque de diffusion », dans lesquelles les modalités de production feront l´objet d´un accord interprofessionnel, l´objectif étant de diminuer la densité des palmipèdes gras dans ces zones pendant la période à risque. Une obligation de télédéclaration des élevages et mouvements de toutes les volailles est aussi intégrée à la feuille de route pour améliorer la réactivité collective.