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Lettre d'information Agricole du 26 mars 2018

Publié le 26 mars 2018

Hausse des exportations agroalimentaires européennes de 4,5% en janvier

Selon le dernier rapport mensuel sur le commerce agroalimentaire de la Commission européenne, en janvier 2018, les exportations agroalimentaires de l'UE ont atteint 10,6 milliards d'euros, ce qui représente une augmentation de 4,5% en termes de valeur par rapport à la même période il y a un an. Avec des importations agroalimentaires de 10,3 milliards d'euros, l'UE a donc présenté une balance commerciale positive de 300 millions d'euros. La Commission européenne souligne que « les plus fortes hausses des exportations mensuelles (janvier 2018 comparé à janvier 2017) ont été enregistrées pour le Japon, le Brésil, la Russie et le Maroc ».

Bretagne : malgré la crise, la bonne santé du salariat agricole

Touchée par la crise agricole depuis plusieurs années, la région Bretagne a malgré tout vu le nombre de ses salariés agricoles augmenter depuis 2000, indique une enquête de l'Insee Bretagne. Entre 2010 et 2015, la hausse a été de +1,8% en Bretagne, contre +1,2% au niveau national. Au total, le nombre de salariés dans les exploitations agricoles bretonnes représente environ 10.000 équivalents temps pleins, soit une proportion égale à 31% (+2 points par rapport à la moyenne nationale). « La différence s'explique en partie par une taille moyenne des exploitations en maraîchage plus grand en Bretagne. D'autre part, les élevages de porcs et de volailles, qui ont fréquemment recours au salariat, sont relativement plus nombreux dans la région que sur le reste de la France », explique l'Insee. Si ces chiffres sont plutôt positifs, l'Insee pointe néanmoins un certain degré de précarité concernant ces contrats : 80% des salariés agricoles sont des ouvriers, 50% d'entre eux travaillent à plein temps, et 22% de l'ensemble des postes sont saisonniers. Dans tous les cas, les salariés agricoles sont majoritairement des jeunes de moins de 30 ans.

Bien-être animal : le gouvernement veut « une politique plus ambitieuse »

Pour Stéphane Travert, « le bien-être animal constitue aujourd'hui un facteur clé du modèle agricole français ». Il souhaite donc « renforcer la stratégie gouvernementale adoptée en 2016 sur la formation des acteurs, l'information des consommateurs, l'accompagnement des éleveurs en difficulté, ainsi que le contrôle et les sanctions ». Dans un communiqué du 20 mars, le ministère de l'Agriculture a énuméré les différents axes concernant en particulier les maillons de l'élevage et du transport. Les dispositifs de formation et de sensibilisation des éleveurs et des transporteurs seront repensés et des outils de diagnostic du bien-être en élevage développés. Le dispositif de formation des opérateurs en abattoir est en cours de révision pour en renforcer les exigences. L'organisation des contrôles en protection animale est revue, afin de renforcer leur efficacité et d'améliorer la mise en œuvre des suites pénales et administratives aux inspections. La feuille de route issue des États-généraux de l'alimentation a inscrit une expérimentation sur l'information du consommateur quant aux modes de production des denrées agricoles, sous l'égide du Conseil national de l'alimentation (CNA). Enfin, le ministère s'engage à promouvoir l'innovation en vue de fournir des méthodes d'élevage alternatives plus favorables au bien-être animal.

Europe : le lait bientôt coté sur le marché à terme

La Bourse européenne de l'énergie (EEX, European Energy Exchange), basée à Leipzig en Allemagne, prévoit de lancer un contrat à terme sur le lait liquide au 1er semestre 2018. Depuis 2015, EEX cote déjà le beurre, la poudre de lait écrémé et la poudre de lactosérum avec des contrats de 5 tonnes. Pour le lait liquide, l'unité sera de 25 tonnes. « Avec l'introduction de contrats à terme sur le lait liquide, nous proposerons un outil supplémentaire de couverture directe des prix, en particulier pour les laiteries dont la production ne se concentre pas sur le beurre et la poudre », explique Sascha Siegel, responsable des produits agricoles chez EEX, dans un communiqué.

Les exportations françaises de beurre ont résisté

Les exportations européennes de beurre ont reculé de 15% en volume en 2017 par rapport à 2016, selon la Commission. En revanche, du fait de la nette hausse des cours, elles ont bondi de 14% en valeur. Une érosion qui ne reflète pas la situation de la France dont les exportations ont plutôt bien résisté malgré la pénurie, puisqu'à 72.350 t, elles ont progressé de 0,3% l'an dernier. Dorénavant le commerce vers les autres États membres (37.760 t) pèse à peu près autant que celui vers les pays tiers (34.500 t), les évolutions des ventes ayant suivi des tendances inverses : -5,6% vers l'Union, +7,6% vers les pays tiers. Notre premier client reste la Belgique (8.700 t) malgré la chute de 11% des achats, devant le Royaume-Uni (7.500 t, +10%) et les Pays-Bas (5.700 t, +1,9%). La Chine demeure au pied du podium, malgré le bond de 24% de ses achats, à 5.200 t. Il faut aussi noter les belles progressions des expéditions vers la Corée du Sud (+62% à 1.780 t) et les États-Unis (+15% à 2.087 t).

Viande rouge : début d'année noir pour la conso

Selon les données du panel Kantar rapportées par FranceAgriMer, sur les huit premières semaines de 2018, les achats des ménages de viande bovine fraîche pour leur consommation à domicile ont plongé de 10,5% par rapport à la même période de l'an dernier. Une très mauvaise performance qui ne semble pas liée aux prix, puisqu'à 8,32 euros/kg, le prix moyen d'achat des pièces à bouillir ou braiser a reculé de 1,7%. À noter que l'ensemble du rayon boucherie plonge de 8,3%. Pour la viande de veau, Kantar Worldpanel estime que les achats des ménages se sont effondrés de 10,5% sur les sept premières semaines de l'année, ce malgré les opérations du Festival de veau. Pour la viande ovine, la chute des achats ménages annoncée par Kantar est de 7,1% sur les huit premières semaines de l'année.

Porc : commerce digne d'une troisième semaine du mois

Selon le Marché du porc breton, en moyenne sur les trois dernières semaines, les abattages se sont affichés en hausse de 4,4% par rapport à la même période de 2017, pour s'installer à près de 2,4 millions de porcs. La production de viande a en outre progressé plus rapidement, du fait de l'alourdissement des carcasses (+1% par rapport à 2016). Côté consommation, après un début de mois jugé satisfaisant, la 3ème semaine de mars freine quelques peu les achats des ménages, sans entraîner de difficultés majeures pour les industriels. Au contraire, la météo encore hivernale entretient l'intérêt pour les morceaux de saison. Côté prix, l'abattage découpe ajuste son activité aux moindres commandes du moment, d'où des prix stables dans l'ensemble ou qui s'ajustent selon les variations du cadran de Plérin.

Porc : moins d'achats et moins d'acheteurs

Selon les relevés Kantar, relayés par l'Ifip, les achats des ménages ont reculé de 5% entre 2016 et 2017. Un repli qui s'explique par de moindres quantités achetées comme par une baisse du nombre d'acheteurs. 82,4% des ménages ont acheté du porc frais l'an dernier, contre 84,2% en 2015. Dans le même temps, le niveau moyen d'achat est passé de 9 kg à 8,3 kg et le nombre d'achats de 9,6 à 9. À noter que ce sont les produits bruts qui ont été les plus affectés, avec des volumes en repli de 5 à 6% pour les rôtis et les filets mignons. La baisse atteint 3% pour les côtes. Les élaborés compensent partiellement, avec des tonnages en hausse de 1,4%, tout comme les saucisses fraîches (+1,3%) et la chair à saucisse (+8%). La croissance est aussi d'actualité pour les marinés et les assortiments destinés aux fondues, mais sur des volumes toujours très limités.