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Lettre d'information Agricole du 11 juin 2018

Publié le 11 juin 2018

Bruxelles propose une forme de renationalisation de la Pac 

Le 1er juin, la Commission européenne a proposé des mesures visant à « moderniser et simplifier la Pac » 2021-2027, dont la dotation s’élève à 365 milliards d'euros. Dans le détail, le programme prévoit d'accorder « une plus grande marge de manœuvre » aux Etats membres dans les modalités d'affectation des dotations financières. Chaque état pourra ainsi transférer jusqu'à 15% de sa dotation en provenance de la Pac entre les paiements directs et le développement rural. Alors qu’un plafonnement obligatoire des aides par exploitation et par an de 100.000 € avec une dégressivité appliquée dès 60.000€ a été décidé, Bruxelles a également proposé que 2% de la dotation par pays soit allouée aux paiements directs pour soutenir l'installation des jeunes agriculteurs. Le montant de la dotation annuelle de la France dans le cadre du projet de la Commission s’élève à 62,3 milliards d'euros courants pour 2021-2017, soit 8,9 milliards d'euros par an, un montant en baisse de 5,6%. 

Solde commercial agroalimentaire européen à 21 milliards d'euros 

Dans son rapport annuel, la Commission européenne a dévoilé une hausse de 5,1% des exportations agroalimentaires en 2017, à 138 milliards d’euros. Avec des importations à 117 milliards d'euros, le solde du commerce extérieur s’établit à 21 milliards d'euros. Les exportations européennes progressent vers ses principaux partenaires que sont les Etats-Unis, la Chine, la Suisse, la Russie et le Japon, souligne Bruxelles. 

Etiquetage de l'origine des ingrédients : un règlement européen adopté 

La Commission de Bruxelles a adopté un règlement, applicable le 1er avril 2020, qui fixe les modalités de l'étiquetage de l'origine de l'ingrédient principal d'un produit alimentaire lorsqu'elle est différente de celle indiquée pour ce produit. Selon les dispositions prévues, qui avaient été approuvées par les États membres lors d'un vote au niveau des experts en avril, l'origine de l'ingrédient en question pourra être indiquée par les mentions UE ou non-UE, nom d'une région ou autre zone géographique, etc. 

Nouvelles obligations en matière d'étiquetage sur certaines denrées alimentaires à partir de 2023 

Contre l'avis du gouvernement, les députés ont adopté un amendement de Barbara Pompili (LREM) qui prévoit à compter du 1er janvier 2023 de nouvelles obligations en matière d'étiquetage sur certaines catégories de denrées alimentaires. Ce nouvel article de la loi Alimentation prévoit des mentions comme « nourri aux OGM », le mode d'élevage, l'origine géographique pour les denrées animales, ou encore, le nombre de traitements par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais. Stéphane Travert a assuré que la mesure ne lui posait « pas de problème sur le fond », mais souligné qu'une expérimentation était en cours sur l'étiquetage, initiée dans le cadre de la loi Sapin II, que « la France avait eu beaucoup de mal à obtenir » au niveau européen. 

Ouverture potentielle du marché chinois à la viande bovine française le 14 juillet prochain 

Après la levée officielle, le 3 mars dernier, de l'embargo chinois sur la viande bovine française, la France pourrait bénéficier d'une accélération de la procédure de reprise des importations chinoises avec la réouverture des frontières dès le 14 juillet prochain. Selon Carole Ly, cheffe de mission à FranceAgriMer, Emmanuel Macron « a obtenu l'accord de Pékin pour que la viande bovine puisse être exportée à partir du 14 juillet, dans la mesure du possible », à l'occasion de sa visite en Chine en janvier dernier. Actuellement, sept entreprises françaises se sont portées candidates à l'exportation de leurs produits sur le marché chinois. L'accord franco-chinois devrait porter sur la viande fraîche, congelée et le steak haché 100% muscle, issus de bovins de moins de 30 mois. 

Europe : chute du prix du lait en avril 

Selon la dernière note de conjoncture de la Commission européenne, le prix moyen du lait payé aux producteurs européens a reculé de 2,7% en avril 2018, par rapport au mois précédent, pour s'établir à 324,40 €/t. Le recul saisonnier du prix du lait de janvier à avril s'inscrit cette année comme le plus important depuis 2013. Les baisses les plus marquées pour le mois d'avril sont enregistrées au Danemark (-11%, à 319,60 €/t), en Belgique (-10%, à 301,70 €/t) et au Luxembourg (-9%, à 308,10 €/t). En France, le prix moyen du lait s'établit à 329 €/t, soit un recul de 9,50 €/t par rapport à mars. 

Porc : un vent haussier venu du Nord 

La seconde quinzaine de mai a été synonyme de retour à la hausse pour les éleveurs porcins nord-européens. Après des cours en baisse en avril, l'Allemagne a renoué avec la fermeté dès la mi-mai. Reste qu'en parallèle, la demande en viande s'est ressaisie sur le marché intérieur et la production semble avoir entamé son repli saisonnier. Cette revalorisation des cours outre-Rhin s'est rapidement répercutée en Belgique et aux Pays-Bas. En France, la hausse saisonnière n'avait pas encore commencé au lendemain de la Pentecôte. Alors que la consommation intérieure s'avérait tonique et la demande d'abattage soutenue, les disponibilités en élevage restaient suffisantes pour couvrir tous les besoins. Un rebond des prix n'est pas à exclure à court terme.