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Lettre d'information Agricole du 25 juin 2018

Publié le 25 juin 2018

Hausse de l'excédent agroalimentaire français en avril 

En avril 2018, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint 597 millions d'euros marquant une hausse de 159 millions d'euros par rapport à avril 2017. Le solde des échanges de produits agricoles bruts, à 119 millions d'euros, est quant à lui excédentaire pour le 4e mois consécutif, du fait de la progression des exportations céréalières (+53% sur un an). En revanche, l'excédent commercial en produits transformés a diminué de 103 millions d'euros sur un an, à 477 millions d'euros. Et ce en raison de la hausse des importations de 207 millions d'euros (+7%) concernant notamment les viandes (+45 millions d'euros), les préparations à base de fruits et légumes (+33 millions d'euros) et les produits alimentaires (+32 millions d'euros). 

Les prix alimentaires mondiaux augmentent en mai 

En mai, l'indice des prix des produits alimentaires établi par l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) affichait une moyenne de 176,2 points, soit une hausse de 1,2% par rapport à avril. Ce même mois, l'indice des produits laitiers a augmenté de 5,5%, une moyenne 11,5 fois plus importante que l'année précédente. Cette hausse s'explique « en grande partie » par la baisse de la production en Nouvelle-Zélande, principal exportateur mondial de produits laitiers. 

Prix agricoles en hausse en 2017

Selon un rapport de l'Observatoire des prix et des marges, si les prix agricoles français ont connu une hausse de 3% en 2017, cela n'a pas empêché un grand nombre de filières agricoles de vendre en-dessous de leurs coûts de production. En 2017, « les prix payés aux agriculteurs ont été à nouveau inférieurs à la réalité des coûts de production et n'ont pas couvert la rémunération du travail ni du capital (...) à l'exception pour une assez longue période du porc et, de manière marginale, du lait », indique le rapport. 

La production de lait augmentera de 50% par ferme d'ici 2030 

D'ici 2030, la croissance mondiale de la demande de lait et de produits laitiers sera trois fois supérieure à la production actuelle de lait aux États-Unis. Il s'agit de l'un des principaux résultats de la dernière publication réalisée par le réseau IFCN (International Farm Comparison Network) - le réseau de recherche laitière. Aujourd'hui, environ 876 millions de tonnes de lait sont produites dans le monde - avec l'Océanie, l'UE et l'Inde parmi les principaux producteurs mondiaux. D'ici 2030, l'IFCN prévoit une augmentation de la production de lait par exploitation de plus de 50%. En 2017, la production mondiale de lait a augmenté de près de 4%, ce qui est nettement supérieur au niveau de croissance atteint en 2016. Cependant, la croissance a commencé à ralentir considérablement en 2018. Les facteurs clés du ralentissement de la croissance en 2018 sont les anomalies climatiques en Nouvelle-Zélande, dans l'UE et en Argentine et une situation économique difficile pour les producteurs laitiers aux États-Unis. Pour la seconde moitié de 2018, l'IFCN prévoit une plus grande harmonisation de la croissance de l'offre et de la demande, avec un niveau de prix mondial attendu du lait de 35-37 USD / 100 kg, soit 30-32 EUR / 100 kg. 

La collecte laitière française recule en avril 

En avril 2018, la production laitière s'est affichée en repli de 0,8% par rapport à avril 2017. « Les mauvaises conditions climatiques printanières ont retardé la mise à l'herbe et ralenti la croissance saisonnière », estime le ministère de l'Agriculture. Si les livraisons de lait conventionnel marquent le pas, la collecte de lait biologique poursuit sa croissance (3,6% de la collecte laitière en avril 2018 contre 2,7% en avril 2017). Sur le 4e mois de l'année, le prix moyen du lait standard (TB 38 g/kg ; TP 32 g/kg) s'affichait à 306 euros/1 000 litres, un niveau équivalent à l'an passé. Le prix moyen du lait bio standard a par contre enregistré un recul de 0,7% par rapport à avril 2017, pour s'établir à 400 euros/1 000 litres. Tous types de lait confondus (conventionnel, bio et AOP), le prix moyen du lait standard s'établissait en avril 2018 à 319 euros/1 000 litres, soit 1 euro de plus qu'en avril 2017. 

Travert veut réinstaurer les 20% de bio 

Alors que le seuil de 20% de produits bio dans les cantines d'ici 2022 a été supprimé par les sénateurs lors de l'examen en commission du projet de loi sur l'alimentation et l'agriculture, Stéphane Travert a indiqué qu'il espérait les convaincre de revenir sur leur décision. « C'était important de noter que nous avions besoin d'apporter plus de produits bio dans la restauration collective, et nous avons souhaité apporter des chiffres précis pour pouvoir se donner des objectifs et les respecter », a-t-il expliqué. 

Porcs : les abattages en hausse 

Selon les estimations du ministère de l'Agriculture, en avril 2018, les abattages de porcins ont progressé de 4% en têtes et de 4,6% en poids, en glissement annuel. Sur le plan de la production, par rapport à mars 2017, la France enregistre une augmentation de 2,3% en tonnage, entre mars 2017 et 2018. Le ministère l'explique par la hausse des abattages de 1,5% et des exportations de porcs vivants fortement excédentaires, avec notamment une progression des exportations vers l'Espagne. En mars, la France a exporté 54.560 tec, soit 8,6% de plus qu'en mars 2017. Cela correspond à 4.330 tec supplémentaires dont 3.760 tec vers l'Italie. En mars toujours, à 50.070 tec, les importations françaises ont reculé de 1,1%. Les achats au Danemark chutent de 1.820 tec. Les volumes espagnols restent stables (26.930 tec) alors que ceux d'Italie (5.330 tec) continuent de progresser (+20%). Le solde du commerce extérieur de la viande porcine reste excédentaire de 4.493 tec : +14.667 tec avec les pays tiers et -10.174 tec avec l'Union européenne. 

Le poulet et les oeufs bios sont à la fête 

Si le contexte économique a été difficile en 2017 pour la filière volailles de chair label Rouge, la hausse de la production de poulets et oeufs bios est aujourd'hui sans précédent (+18% pour les deux). Le Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf) s'inquiète par contre de la baisse continue en pintades labellisées (5,7 millions). Le bilan 2017 est en revanche correct du côté des volailles festives : +1 % à plus de 2,3 millions de volailles labellisées, chapons en tête (+2 %) alors que la dinde de Noël continue sa chute (-4%).