actualités

Lettre d'information Agricole du 9 juillet 2018

Publié le 09 juillet 2018

Le Sénat adopte le projet de loi agriculture et alimentation 

Le Sénat a adopté le 2 juillet, après modification, le projet de loi présenté par l'Assemblée nationale pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (dit « Projet de loi Agriculture et Alimentation »). Le texte doit à présent faire l'objet d'une commission mixte paritaire chargée de trouver une version commune au Sénat et à l'Assemblée. Le texte prévoit notamment des mesures visant à encadrer les importations de produits agricoles et de denrées alimentaires, l'inversion de la construction des prix en partant des coûts de production, des mesures en faveur d'une « alimentaire saine, durable, de qualité et accessible à tous », des mesures de simplification dans le domaine agricole, et es dispositions destinées à renforcer l'encadrement des promotions sur les produits alimentaires. 

En 2017, l'agriculture française a repris du poil de la bête 

Selon la Commission des comptes de l'agriculture de la nation (CCAN), si 2016 a été une année noire pour l'agriculture française, 2017 a été celle du rebond. La valeur de la production de la « ferme France » a en effet progressé de 3,2%, à 71,8 milliards d'euros, après un net recul de 6,4% un an plus tôt. Avec, en moyenne, des prix stables et des volumes en progression de 3,3%. Ce retour à une meilleure situation doit beaucoup à l'élevage : les éleveurs laitiers ont en effet retrouvé un niveau de prix juste suffisant pour tenir la tête hors de l'eau, la valeur de la production laitière a augmenté de 10% en 2017, les éleveurs porcins ont connu une véritable embellie entre le printemps 2016 et l'été 2017 et les producteurs d'œufs ont bénéficié de l'envolée des prix intervenue après la crise du fipronil. Sans surprise, le niveau des subventions, essentiellement les aides de la politique agricole commune (PAC), s'est érodé en 2017 (-124 millions d'euros sur un budget de 8 milliards). Selon l'Insee, le résultat brut par exploitant agricole a progressé de 14% en 2017. 

UE : le comité des régions au secours des agriculteurs

Dans un avis, le Comité européen des régions (CdR) a estimé que l'Union européenne devait davantage sécuriser les revenus des agriculteurs. Le CdR recommande en effet d'élargir le champ d'application de la directive sur les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire à tous les acteurs de la chaîne alimentaire. La nécessaire mise en œuvre d'une contractualisation attractive pour les producteurs et la lutte contre l'hyper-concentration de la distribution ont également été soulignées. 

Europe : hausse de la collecte laitière 

Bruxelles table sur une progression de la production laitière européenne de 1,2 % cette année. Le prix du lait devrait poursuivre son ascension, grâce à une forte demande européenne et mondiale de produits laitiers. Au 1er trimestre, elle est en hausse de 2%, principalement tirée par l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne et la Belgique. Et la tendance devrait se poursuivre. « Pour les 2e et 3e trimestres, la production devrait s'accroître respectivement de 1,3 % et 1 %, indique la Commission européenne. Si la météo est favorable, la collecte devrait atteindre le même niveau que l'an passé au 4e semestre. » 

Redressement en vue pour le prix du lait 

D'après le Cniel, « le ralentissement de la production laitière devrait conforter une tendance à la hausse du prix du lait sur le second semestre ». « Après un printemps froid et tardif, plusieurs régions du centre et de l'est de l'Europe subissent actuellement des conditions climatiques très chaudes, qui vont freiner le développement global de la production », estime Benoît Rouyer, économiste à l'interprofession laitière (Cniel). En France, « la production est actuellement peu dynamique, et se situe en dessous du niveau de l'an dernier. Le pic de collecte a été beaucoup moins prononcé que les années précédentes. » Si une hausse du prix du lait à la ferme se dessine pour le second semestre de 2018, le printemps s'est illustré par une érosion de la paie de lait par rapport à 2017. En avril 2018, le prix du lait standard (TB 38 g/kg ; TP 32 g/kg) conventionnel atteignait en moyenne 306 euros/1 000 l, inférieur de 13 euros au prix du lait standard toutes qualités confondues (conventionnel, bio et AOP). 

Lait : collecte tonique en bio, terne en conventionnel 

La collecte de lait bio ne cesse de progresser. Selon FranceAgriMer, 2400 éleveurs livraient du lait bio en septembre 2017. Ils étaient 3.000 en avril 2018 (+36 %). En conséquence, les volumes collectés bondissent. En 2017, la progression était de 13,3 % par rapport à 2016 (+74,6 millions de litres) tandis que sur les quatre premiers mois de l'année, les volumes ont bondi de 41 %, soit 79,4 millions de litres supplémentaires, davantage en quatre mois que dans toute l'année 2017! 

Du flou dans la consommation de viande 

Selon les dernières données du panel Kantar publiées par FranceAgriMer, les achats des ménages de viande fraîche pour leur consommation à domicile ont chuté : -7,5% pour le porc, -7,1% pour le bœuf, -5,8% pour le veau et -5,6% pour l'agneau en cumul sur les 19 premières semaines de 2018, comparées à la même période de 2017. Toutefois, la consommation de viande par bilan, calculée par Agreste en soustrayant les exportations aux abattages et en ajoutant les importations, se veut plus rassurante. Au 1er trimestre 2018, la consommation par bilan a progressé de 3,3% pour la viande bovine, de 5,6% pour la viande ovine et de 0,8% pour le porc. Pour Paul Rouche, directeur délégué Culture Viande, cet écart entre les données calculées et les données par bilan est lié à l'évolution de la consommation: « les catégories du panel Kantar ne sont plus représentatives. Sur la période de mi-avril à mi-mai, les ventes dans la catégorie saucisses, brochettes, plateau barbecues ont bondi de 6% sur un an. » Selon son analyse, si la consommation par bilan progresse, ce serait donc grâce à « des bonnes ventes en produits élaborés, en plats préparés, en haché, qui compensent le marasme de la viande fraîche ». Mieux segmenter les panels pourrait donner une vision plus complète de la situation. 

Viande bio : la filière se mobilise 

Pour répondre à la demande des consommateurs, les filières de viande bio ne cessent de se développer. L'année 2017 a d'ailleurs été performante : 35.572 tonnes d'animaux ont été abattus en 2017, soit 10% de plus qu'en 2016. Sur le bovin, la progression la plus significative vient des gros bovins allaitants (+13%). Par ailleurs, les conversions de la filière ovine se développent à un rythme soutenu. On compte 213 000 brebis bio et en cours de conversion, soit 10 % de plus qu'en 2016. Sur la filière porcine, des difficultés ont encore été rencontrées cette année pour couvrir la demande. En 2016, on comptait 441 fermes françaises engagées en porcins bio et 52 en conversion, soit une progression de 14%. De manière générale, en 2017, la majorité des ventes en volume de viande bio ont été réalisée en grande distribution (19.712 tonnes, soit 52% de part de marché volume), le deuxième distributeur de viande bio étant les magasins spécialisés (17% de part de marché volume, en croissance de 12%). Les filières sont confiantes dans le maintien du développement de la consommation de viande bio.