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Lettre d'information ACS du 7 janvier 2019

Publié le 07 janvier 2019

Une économie porteuse en Bretagne 

D'après la Banque de France, la conjoncture économique bretonne est restée positive en novembre 2018 grâce à un maintien de la demande globale. Dans les services marchands, les recrutements ont poursuivi leur hausse (enquête effectuée avant les manifestations des gilets jaunes). Du côté de la construction, le troisième trimestre a été jugé très positif par la Banque de France en raison d'une hausse des carnets de commandes et de devis mieux orientés. 

L'intérimaire est en recul en Bretagne 

Selon le baromètre mensuel Prism'emploi, l'emploi intérimaire breton s'est affiché en baisse de 2,7% fin novembre, une tendance similaire au mouvement national (-3,9%). Dans le détail, on constate toutefois que trois secteurs ont vu leurs effectifs d'intérimaires progresser par rapport au mois de novembre de l'année précédente : les transports (+10,9%), les services (+5%) et le bâtiment et les travaux publics (+0,7%). Dans le même temps, le travail intérimaire a reculé dans le commerce (-1%) ainsi que dans l'industrie (-6,5%). D'un département à l'autre, les effectifs de salariés intérimaires sont tous en baisse (-1,2% dans les Côtes-d'Armor, -1% dans le Finistère ; -7,2% en Ille-et-Vilaine), sauf dans le Morbihan où une progression des effectifs de 3,5% a été enregistrée. 

La transmission d'entreprises, un enjeu de compétitivité de la décennie à venir 

Face aux difficultés, les cessions d'entreprise vont être facilitées grâce à plusieurs dispositions prises dans le cadre du budget 2019 et la loi Pacte. Chaque année, la moitié des 60.000 sociétés mises en vente en France disparaît faute de repreneurs. La CCI Paris Île-de-France estime que près de 275.000 entreprises, principalement des TPE de moins de 10 salariés, seront à céder dans les dix prochaines années dans cette région. Face à l'urgence de la situation, le gouvernement a décidé d'intégrer par anticipation dans la loi de finances pour 2019 plusieurs dispositions fiscales visant à simplifier la transmission d'entreprises. Ainsi, le régime du « Pacte Dutreil » de 2003 est un peu plus assoupli. En effet, les membres de la famille ayant conclu un tel pacte peuvent désormais apporter les titres donnés à une société holding. Par ailleurs, le formulaire papier rappelant les principales composantes du « Pacte Dutreil » est supprimé. Le dispositif du crédit vendeur sera encouragé pour faciliter la reprise des entreprises de moins de 50 salariés. Pour les acteurs du secteur la réforme devrait aller plus loin, notamment sur les plans administratif, juridique et fiscal. Il est également nécessaire de préparer les dirigeants à la transmission. 

Un renforcement de Breizh Up 

Actuellement doté de 10 millions d'euros de fonds propres dont 8 millions d'euros apportés par l'Europe, le fonds de co-investissement Breizh Up devrait voir ses moyens renforcés par la Région Bretagne. L'objectif de Breizh Up est de renforcer l'apport en capitaux de sociétés bretonnes innovantes, prometteuses en termes de création de valeur et d'emplois. L'an prochain, il est prévu de doubler ses fonds propres. 

Dix ans après sa création, le régime de l'autoentrepreneur est à un tournant 

Le succès de l'autoentrepreneuriat ne se dément pas. 1,3 million de personnes travaillent sous ce régime, mis en œuvre en 2009. Près de la moitié des Français ont déjà fait appel à un autoentrepreneur comme prestataires de services. Selon l'Insee, sur les 591.000 entreprises créées en 2017, 241.800 étaient des micro-entreprises. Comme le souligne François Hurel, président de l'Union des autoentrepreneurs, cet engouement est dû à la simplicité des démarches administratives mais aussi au fait que « vous ne payez pas de taxes ni de cotisations tant que vous ne gagnez rien ». Il s'explique également par la variété des profils séduits par ce régime : jeunes créateurs diplômés, salariés, retraités ou encore chômeurs. Mais depuis quelques temps l'autoentrepreneuriat revêt un nouveau visage, celui des chauffeurs de VTC, des livreurs à vélo ou des bricoleurs en tout genre. Dès lors, la question des droits sociaux se pose. 

Autoentrepreneurs : ce qui change en 2019 

Les 1,2 million de travailleurs indépendants bénéficiant du régime de l'autoentreprise vont connaître des changements en 2019. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le droit au chômage pour les indépendants devrait entrer en vigueur dans les premiers mois de l'année. Les micro-entrepreneurs toucheront 800 euros par mois pendant six mois. Mais les conditions d'accès sont très restrictives. En effet, il faudra avoir travaillé au moins deux ans avec au minimum 10.000 euros de revenus et être placé en redressement ou liquidation judiciaire. L'allocation-chômage devrait être non-cumulable avec d'autres revenus, comme le RSA ou l'allocation de solidarité spécifique. Par ailleurs, les indépendantes vont bénéficier de l'instauration du congé maternité universel. Si tous les nouveaux entrepreneurs profiteront d'une année blanche, d'une exonération totale de charges sociales pendant un an, les micro-entrepreneurs conservent l'aide à la création d'entreprise (Accre). Réservée aux créateurs-repreneurs au chômage, cette aide leur sera attribuée d'office. Enfin, les nouveaux autoentrepreneurs seront directement affiliés à la CPAM dès janvier. L'ensemble des micro-entrepreneurs basculera au régime général pour l'ensemble de leur protection sociale en 2020. 

Une année 2018 relativement bonne pour le bâtiment 

Selon le bilan de conjoncture de la Fédération française du bâtiment (FFB), le bâtiment termine 2018 avec une croissance de son activité de 2,3% (après +4,9% en 2017). Si globalement le bilan est bon, il traduit cependant des disparités. L'activité dans le logement neuf s'établit en effet à +2,8%, en baisse en raison d'un fort recul des mises en chantier de logements de près de 6% sur l'année. L'activité reste positive en 2018 en raison des délais de production mais c'est en 2019 que cette diminution devrait se traduire avec une croissance anticipée en repli de 4,5%. Dans le neuf, c'est au contraire le non-résidentiel qui soutient l'activité générale avec une hausse de 7,4% de l'activité sur l'ensemble de 2018, portée par le segment des bureaux (+11,9%) et des bâtiments administratifs (9,1%). Du côté de l'amélioration-entretien, l'activité a légèrement augmenté de 0,8% soutenue par les travaux de rénovation dans le logement notamment (+1,5%). Pour 2019, la FFB anticipe une activité en "léger retrait de 0,5%" sur l'année, marquée par un premier semestre continuant sur la lancée de 2018 puis "souffrira de la chute du logement neuf" dans une deuxième partie.