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Lettre d'information ACS du 4 mars 2019

Publié le 04 mars 2019

Les délais de paiement grèvent les trésoreries des PME 

Une étude réalisée par GoCardless auprès de 250 PME françaises révèle que les délais de paiement constituent le principal sujet de préoccupation des petites sociétés, davantage que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) ou les effets du Brexit. 85% des sociétés interrogées déclarent en effet qu'elles pourraient développer leur activité plus rapidement si elles avaient plus de visibilité sur leurs paiements. Cela leur permettrait également d'éviter d'avoir à recourir en urgence à un financement d'urgence ou à piocher dans leurs économies (42% des sociétés interrogées). D'après l'étude, seulement 35% des PME françaises utilisent actuellement des solutions technologiques pour être payées à temps et 54% ont déclaré avoir été contraintes de payer leurs créances en retard en raison des délais de paiement de leurs propres clients. 

306 emplois créés ou sauvés par Initiative Rennes 

Financée par les collectivités et membre du réseau national Initiative France, Initiative Rennes a annoncé avoir accompagné financièrement 126 projets de création ou de reprise d'entreprise en 2018. Au total, l'association a octroyé 1,08 millions d'euros de prêts à taux zéro pour ces projets. Cette accompagnement financier a été particulièrement bénéfique : 306 emplois ont été sauvés ou créés et les repreneurs ou créateurs ont pu obtenir 10 millions d'euros auprès des banques. 

Les entrepreneurs se prennent aussi au jeu du débat national 

Les mouvements patronaux et les chambres consulaires s'emparent également du grand débat national. Dès janvier, la Confédération des PME (CPME) a organisé une consultation de ses adhérents. L'économie n'est pas la seule de leurs préoccupations. Ils se sont largement exprimés sur les questions sociétales. Ils souhaitent venir à bout du déficit et demandent plus d'équité entre public-privé. Mais les patrons de PME réclament surtout moins de complexité et plus d'accompagnement au niveau administratif. Parmi leurs recommandations figurent la création du délit de « harcèlement ou de mauvais traitement administratif », la nomination d'un correspondant PME dans chaque ministère et un stage obligatoire dans les PME. Depuis d'autres organisations patronales ont emboîté le pas à la CPME. D'ici fin février, l'U2P prévoit une quarantaine de réunions dans toute la France dans le cadre de son « grand débat des entreprises de proximité » à destination des chefs d'entreprise de l'artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales. Enfin, les chambres de commerce et d'industrie (2,9 millions d'entreprises) et les chambres des métiers (1,3 million d'artisans) organisent des réunions. 

Ces microtaxes que la Cour des comptes souhaite voir disparaître 

Alors que le gouvernement a déjà supprimé une vingtaine de taxes à faible rendement, la Cour des comptes l'invite à aller plus loin. Elle préconise la réalisation d'un « inventaire exhaustif » des microtaxes dont le rendement est inférieur à 150 millions d'euros. Les Sages dénoncent « un manque de lisibilité et de transparence ». L'inspection générale des finances (IGF) s'était déjà livrée à l'exercice en 2013, recensant 192 taxes, dont le rendement total était de 5,3 milliards d'euros. Dans son rapport, l'IGF notait que les taxes dont le rendement ne dépasse pas 100 millions d'euros étaient « quasiment inexistantes en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, et autour d'une vingtaine en Italie et en Belgique ». Pour sa part, la Cour des comptes a identifié 125 impôts dont le produit annuel atteint 3,5 milliards d'euros en 2017. Certaines de ces taxes étant inadaptées, les magistrats recommandent une suppression ou une réaffectation. 

Sodero Gestion crée un nouveau fonds 

Sodero Gestion, filiale de la Caisse d'Epargne Bretagne Pays de Loire, a annoncé la création d'un fonds destiné à prendre des participations dans le capital des PME et ETI du grand Ouest. Succédant à un premier fonds nommé Transmettre et Pérenniser, ce nouveau fonds sera progressivement doté d'un montant de 50 millions d'euros. Dans le détail, ce fonds prévoit d'accompagner les entreprises pour un maximum de 3 millions d'euros par projet et la valeur des sociétés dans laquelle ce fonds a pris des participations est comprise entre 4 et 25 millions d'euros. 

FinFrog et Brigad s'associent pour accompagner les freelances 

FinFrog.fr, première fintech à proposer des micro-prêts entre particuliers, vient de nouer un partenariat avec Brigad, plateforme leader de la mise en relation entre les entreprises et plus de 5 000 travailleurs indépendants de l'hôtellerie-restauration. Ce partenariat a pour objectif de soutenir les professionnels utilisateurs de Brigad dans le financement de leurs projets et imprévus du quotidien (achat de matériel professionnel, financement d'une formation…) mais aussi les aider dans leur gestion des imprévus (réparations automobiles, panne d'un appareil électroménager…). D'après l'Insee et le cabinet McKinsey, si le nombre de freelances est aujourd'hui estimé entre 3 et 5 millions de personnes, il leur est encore très difficile d'accéder aux crédits bancaires et autres services financiers. Grâce à ce partenariat, les utilisateurs de Brigad, baptisés « Brigaders », peuvent formuler une demande de prêt à FinFrog, directement en ligne et en 5 minutes. A la suite d'une réponse en moins de 24h, les fonds, généralement compris entre 200 et 600 euros, parviennent aux emprunteurs sous 48h. Ceux-ci sont ensuite remboursables entre 1 et 3 mois. 

La formation professionnelle des artisans menacée 

A partir du 15 mars, le Fonds d'assurance formation des chefs d'entreprise artisanale (Fafcea) ne sera plus en mesure d'assurer le financement d'aucune formation. Son déficit a en effet dépassé la barre des 30 millions d'euros. Les artisans dénoncent les nouvelles modalités de financement de la formation. Depuis le 1er janvier 2018, ce ne sont plus les services fiscaux qui collectent les contributions des chefs d'entreprises artisanales à la formation mais les Urssaf, qui versent ensuite l'argent au Fafcea, conformément à la loi travail d'août 2016. Le Fonds n'a perçu que 33,8 millions d'euros pour 2018 alors qu'il avait perçu 72 millions d'euros en 2017. Parmi les raisons invoquées pour expliquer cette perte figure la disparition inexplicable de 170.000 entreprises artisanales des fichiers des Urssaf lors du transfert de collecte. A l'heure actuelle, ces entreprises n'ont toujours pas été identifiées. Enfin, plusieurs chefs d'entreprises dotés du statut de salarié se sont aperçus qu'ils contribuaient deux voire trois fois au financement de la formation et ont décidé de ne pas verser la contribution due pour l'année 2018.