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Lettre d'information Agricole du 11 mars 2019

Publié le 11 mars 2019

PAC et Brexit : convergence entre la France et l'Espagne 

Le ministre espagnol de l'Agriculture et de l'Alimentation, Luis Planas, a rencontré le 5 mars son homologue français, Didier Guillaume, pour sa première visite en Espagne depuis sa nomination en octobre 2018. La France et l'Espagne se sont toutes deux déclarées préoccupées par la sortie prochaine du Royaume-Uni de l'Union européenne, pour laquelle elles considèrent qu'il est essentiel de maintenir l'unité de l'UE-27. Concernant la future PAC, les deux pays semblent partager la même vision concernant « l'importance du maintien du budget actuel UE-27 dans le cadre de la négociation du future cadre financier pluriannuel ». 

100 millions d'euros de financement pour les agriculteurs 

À l'occasion du Salon International de l'Agriculture, la Banque Européenne d'Investissement et le groupe Crédit Agricole ont officialisé le déblocage de la troisième et dernière tranche du programme de financement Crédit Agricole - Prêt PME et Mid-Cap Agriculture II. D'un montant total de 300 millions d'euros, répartis en trois tranches de 100 millions d'euros, ce programme lancé en 2016 sur une période de 3 ans est destiné à accorder des prêts à des conditions attractives aux petites et moyennes entreprises du secteur agricole, forestier et halieutique. D'ores et déjà, 225 millions d'euros ont été prêtés à plus de 640 exploitants agricoles via 27 Caisses Régionales de Crédit Agricole pour un montant moyen de 350.000 euros. Plus de 27% de ces réalisations ont porté sur des projets de transition (24% dans le domaine de la méthanisation et 3% dans le photovoltaïque). 

Les aides à la conversion bientôt limitées à trois ans

Alors que la Fnab pointe depuis deux ans l'insuffisance des enveloppes destinées à la programmation européenne et le paiement des aides bio, le gouvernement a, récemment et à plusieurs reprises, dévoilé sa volonté de réduire le soutien à la conversion de cinq à trois ans. D'après Guillaume Riou, le président de la Fnab, dénoncer d'un côté le déficit commercial sur l'agriculture biologique et couper de l'autre les ailes au développement de la filière est à la fois incohérent et irresponsable. 

Europe : baisse du prix du lait 

Alors que le prix du lait moyen payé aux producteurs européens a reculé de 1,7% en janvier 2019 par rapport à janvier 2018, la Commission européenne a fait savoir que seuls 10 des 28 États membres européens ont connu une hausse du prix du lait sur cette période. Dans le détail, les pays européens qui rémunèrent le mieux le lait sur le début d'année 2019 sont Chypre (581 euros/1.000 litres), Malte (482 euros/1.000 litres), l'Italie (400 euros/1.000 litres), la Grèce (389 euros/1.000 litres) ainsi que la Finlande et l'Autriche à 383 euros/1.000 litres. À l'inverse, la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie et le Portugal clôturent le classement avec des prix oscillants entre 300 et 310 euros/1.000 litres. Sur un an glissant, l'Italie et la Belgique ont connu les plus importantes augmentations du prix du lait (7 à 8 %) tandis que le recul le plus marqué a été enregistré par l'Irlande qui affichait en janvier 2019 un prix du lait à 343 euros/1.000 litres (-13% par rapport à janvier 2018). 

Bien-être animal : 2 éleveurs sur 3 jugent positives les mesures de la loi Egalim 

Un panel d'éleveurs, interrogés entre décembre et janvier par Ipsos et la plateforme AgriAvis, estiment à 76% que les mesures en faveur du bien-être animal, mises en place avec la loi Egalim, permettent de réduire le stress et l'anxiété des animaux, et d'améliorer leur confort à 70%. Pour 67% des éleveurs, ces mesures constituent un argument commercial supplémentaire, bien que les trois-quarts regrettent l'ajout de réglementations et s'inquiètent de la problématique du coût et de la rentabilité de ces mesures. Ainsi, ces dernières sont jugées soit trop coûteuses à mettre en place (54%), soit trop peu rentables par rapport aux coûts consentis (54%). 36% des producteurs interrogés considèrent également que ces mesures sont trop compliquées à mettre en oeuvre. 

Viande bovine : la consommation a augmenté de 1,6% en 2018 

L'année dernière, les abattages de bovins ont progressé de 1,3% en tonnage et le solde du commerce extérieur de viande bovine s'est dégradé. Les importations de viande bovine ont augmenté de 2,7% en 2018, alors que les exportations n'ont progressé que de 1,3%. En janvier 2019, les abattages de bovins sont presque similaires à ceux de janvier 2018. Ceux de vaches laitières progressent de 2,9%, alors que ceux de vaches allaitantes « sont inférieurs de 0,6% au niveau élevé de 2018 ». 

Porc : les producteurs européens « dans l'attente de hausses de cours » (MPB) 

«Tous les producteurs européens sont dans l'attente de hausses de cours qui sont trop longues à venir au regard des cours de production qui continuent de grimper », constate le marché du porc breton (MPB), le 4 mars, après une nouvelle reconduction du cours au cadran, à 1,177 euro le kilo. Le cours, traditionnellement bas durant l'hiver, est bloqué entre 1,16 et 1,2 euro le kilo depuis le mois d'octobre. L'éclaircie pourrait venir de la Chine, touchée par le peste porcine africaine (PPA), où le prix du porc s'est redressé mi-février, « après des mois entre stabilité et baisse », et à une période de l'année « plutôt baissière » depuis deux ans. Toutefois, dans sa dernière note, la Rabobank ne prévoyait pas de hausse significative des importations chinoises avant le 2nd semestre. 

Naissance de l'interprofession de la volaille 

L'Anvol, Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair, qui a vu son statut officiellement reconnu le 3 septembre 2018, rassemble toute la filière, de l'accouvage jusqu'à la distribution et la restauration. Son président est Jean-Michel Schaeffer, ancien président des Jeunes Agriculteurs. Son fonctionnement sera assuré par une cotisation volontaire obligatoire de 0,35 euro la tonne versée par les derniers metteurs en marché. Parmi ses objectifs, reprendre des parts de marché aux importations (qui représentent 35% de la consommation de volailles en France), rattraper les retards d'investissement, particulièrement dans l'accouvage et les bâtiments d'élevage, et dynamiser l'exportation.