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Lettre d'information ACS du 25 mars 2019

Publié le 25 mars 2019

L'activité du secteur privé est repartie à la baisse en mars 

Selon un indice provisoire publié le 22 mars par le cabinet IHS Markit, l'activité du secteur privé en France est repartie à la baisse en mars. L'indice flash composite de l'activité globale, qui s'était redressé en février, a en effet atteint 48,7 points, contre 50,4 points le mois précédent. « La reprise amorcée en février ne s'est pas prolongée en cette fin de premier trimestre 2019, l'industrie manufacturière et le secteur des services enregistrant tous deux une contraction de leur activité». Le cabinet d'analyse pointe un affaiblissement général de la demande, le volume global des nouvelles affaires ayant reculé à la fois dans les services et dans l'industrie, notamment dans les nouvelles affaires en provenance de l'étranger. Selon Markit, la contraction a atteint son plus fort niveau depuis trois ans dans le secteur l'export. 

+5% d'intentions d'embauches dans l'Ouest en 2019 

D'après le baromètre trimestriel Manpower Group, les intentions d'embauches restent stables en France au cours du deuxième trimestre 2019. Alors que les entreprises du secteur privé ont créé 106.800 emplois l'an dernier en France, la région Ouest table pour cette année sur une hausse des embauches de 5%. 

La loi Pacte ambitionne de « faire grandir » les PME 

Adoptée par l'Assemblée Nationale, la loi Pacte comprend plusieurs mesures visant à aider les PME à se transformer et à grandir. Parmi celles-ci figurent notamment le gel des seuils d'effectifs et la suppression du seuil des 20 salariés dont les obligations relatives ont été transférées au seuil des 50. Les chefs d'entreprise n'ont, en revanche, pas obtenu la suppression du seuil des 50 salariés qu'ils appelaient pourtant de leurs vœux. Le projet de loi Pacte prévoit par ailleurs de relever le seuil de chiffres d'affaires au-delà duquel l'entreprise doit faire appel à un commissaire aux comptes pour certifier son bilan. Mesure la plus prometteuse pour le gouvernement, la suppression du forfait social a, quant à elle, été votée dans le dernier budget de la Sécurité sociale. Saluant ces mesures, les organisations patronales notent le travail de coconstruction entre les parlementaires et les chefs d'entreprise. Pour ces derniers, « il manque cependant des mesures pour transformer les PME en ETI ». Le coût des transmissions d'entreprise est la cible de critiques. 

Coup de balai sur 42 petites taxes, supprimées en France en 2019 selon EY 

Selon une enquête du cabinet EY, 42 prélèvements ont été supprimés sur les entreprises en 2019 et 6 taxes ont été créées. Charles Ménard, l'auteur de l'étude, constate que les finances publiques de la France ne s'améliorent pas. En cause ? Le ralentissement des mesures d'assainissement budgétaire et les « mesures d'urgence économiques et sociales » pour répondre à la crise des Gilets jaunes. Le cabinet EY met en avant la « très forte contribution des parlementaires » dans le budget 2019, le droit à l'erreur et la loi relative à la lutte contre la fraude. En revanche, le cabinet EY dénonce les difficultés de l'administration à s'attaquer aux niches fiscales. Charles Ménard estime que le coût des nouvelles niches fiscales pourrait être sous-évalué. 

Grand débat : le Medef entre choc fiscal et ode à la décentralisation 

Dans le cadre du grand débat, le Medef a présenté 43 propositions. Un choc fiscal et de pouvoir d'achat est nécessaire selon l'organisation patronale. Elle préconise de baisser les cotisations salariales et les impôts de production de 1 point de PIB respectivement. Cela représenterait 46 milliards de recettes en moins pour l'État et les collectivités locales. Cette perte serait compensée par une baisse d'autant des dépenses publiques. L'afflux d'impôts qui en découlerait permettrait de financer un point de PIB d'investissements publics sur cinq ans. Le Medef propose également de prolonger via l'intéressement la prime exceptionnelle défiscalisée accordée pour calmer la colère des Gilets jaunes et de constituer un « capital de départ » pour les jeunes. Cette aide financière pourrait prendre la forme d'un prêt à taux zéro, sous conditions de ressources du foyer, utilisable pour une formation, la création d'une entreprise ou un achat immobilier. Plus surprenant, il plaide pour la décentralisation qui passerait par un « approfondissement de la compétence économique des régions ». 

Le Bâtiment se porte bien début 2019 mais s'inquiète pour la fin d'année 

Selon la Fédération française du bâtiment, le secteur se porte bien en ce début 2019. L'activité immédiate des entreprises de bâtiment ressort à haut niveau sur le début de l'année, avec des carnets de commande à 6,5 mois. Pour les entreprises de plus de dix salariés, les carnets sont même à un niveau historiquement haut, à huit mois et plus. Du côté de l'emploi, 5.000 créations sont prévues dont 3.000 salariés. Malgré cette tendance positive, la FFB s'inquiète des conséquences, pour la fin 2019, des baisses observées ces derniers mois dans la construction de logements neufs. Sur trois mois glissants (novembre 2018-janvier 2019), les autorisations ont en effet chuté de 6,9% (-8,4% en individuel, -5,5% en collectif) et les mises en chantier de 11,1% (-11,7% en individuel, -10,8% en collectif). Seules les ventes d'habitat individuel, en diffus, ont enregistré une hausse en glissement annuel sur les trois mois concernés (+1,1%). Parmi les revendications du secteur : l'exclusion des métiers du bâtiment du champ de la microentreprise ou, a minima, l'interdiction de cumuler l'activité de microentreprise avec celle de salarié dans le même secteur d'activité, le retour à la version 2017 du prêt à taux zéro neuf, la mise à l'étude de la piste du 'zonage de projet' pour l'éligibilité au dispositif Pinel, ou encore une clarification de l'avenir du Crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE). 

L'artisanat se maintient en zone rurale mais perd des emplois 

Le dernier baromètre ISM-MAAF de l'artisanat met en évidence les disparités géographiques qui existent dans l'implantation du tissu artisanal en France. Sur les 1,3 million d'entreprises de l'artisanat, les deux tiers se situent dans les centres-villes et leurs périphéries, 10% sont localisées dans des villes isolées et 23% dans des communes rurales de moins de 2.000 habitants. Porté par les secteurs de l'alimentation et des services, le nombre d'entreprises artisanales a progressé de 2% entre 2016 et 2017. Il reste stable dans le BTP et la fabrication. Malgré une amélioration de l'économie, l'emploi salarié artisanal se dégrade dans les régions industrielles (Hauts-de-France et l'Est). Il baisse également en Centre-Val de Loire, en Bourgogne-Franche-Comté et en Normandie. En revanche, l'emploi artisanal est particulièrement dynamique en Île-de-France et dans les régions de l'Ouest Atlantique et du Sud Méditerranée. Si les pertes d'emplois salariés sont plus importantes dans les territoires très ruraux ou marqués par la désindustrialisation rapide, l'emploi salarié artisanal garde un poids plus important que la moyenne dans les territoires à dominante rurale. Enfin, l'artisanat est bien présent dans les quartiers prioritaires de la ville.