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Lettre d'information Agricole du 12 novembre 2019

Publié le 15 novembre 2019

PAC: la Commission prévoit des mesures transitoires pour 2021 

Estimant que la réforme de la PAC actuellement en négociation pour la période 2021-2027 ne sera pas finalisée à temps, la Commission européenne a présenté deux propositions pour assurer une continuité de l'aide aux agriculteurs et bénéficiaires pour l'année 2021. La première proposition, très technique, doit «garantir la continuité de la discipline financière et la flexibilité entre les deux piliers» de la PAC, les aides directes et l'aide au développement rural. La deuxième proposition fixe des règles transitoires et prévoit que le soutien apporté par la PAC continue de se faire selon les règles en cours. 

Près de 20% des agriculteurs n'ont dégagé aucun revenu en 2017 

Selon un rapport de l'Insee, près de 20% des agriculteurs français ont déclaré un revenu nul, voire un déficit de leur exploitation en 2017. Dans le détail, le rapport indique que la part d'exploitations sans revenus «est particulièrement élevée dans la production de céréales et grandes cultures (30%) et dans l'élevage d'ovins, caprins, équidés et autres animaux (28%)». En moyenne, les exploitants agricoles ont enregistré un revenu net imposable mensuel moyen de 1.390 euros par mois en 2017, en progression de 8,2% par rapport à 2016, avec d'énormes écarts selon les productions. Alors que les éleveurs d'ovins, caprins, équidés affichent un revenu moyen de 620 euros par mois, en recul de 9% par rapport à celui de 2016, les éleveurs bovins ont enregistré une hausse de leurs revenus : 1.100 euros par mois (+15,9%). Dans le même temps, les agriculteurs en polyculture-élevage ont vu leur revenu moyen passer à 1.090 euros, une progression de 25,2%. En 2016, ils avaient subi l'effondrement des prix du lait dû à la fin des quotas laitiers en 2015. 

Europe : hausse sur le prix du lait en septembre 2019 

D'après des chiffres publiés par le réseau LTO Nederland et European dairy farmers, le prix moyen du lait payé en septembre 2019 par 16 transformateurs laitiers européens s'est établi à 334,7 euros/t, en légère hausse (+ 2,1 euros/t) par rapport à la moyenne du mois précédent. Comparé à septembre 2018, le prix moyen est inférieur de 10,6 euros/t. 

France : 27% d'herbe en moins en 2019 

« Au 20 octobre 2019, la pousse cumulée des prairies permanentes sur l'ensemble de la campagne est déficitaire au niveau national : elle n'atteint que 73% de la pousse annuelle de référence. 82% des régions fourragères sont en déficit en cette fin de campagne, 62% d'entre elles affichant un déficit important (moins de 75% de la pousse de référence) », indique le ministère de l'agriculture. « La région la plus affectée reste Auvergne-Rhône-Alpes avec un déficit de 38%. Viennent ensuite les régions PACA, Centre-Val de Loire, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Occitanie pour lesquelles le déficit de pousse d'herbe est proche d'un tiers. La Bretagne est la seule région à terminer la campagne avec une pousse cumulée d'herbe normale. » « La pousse d'été-automne (20 juin-20 octobre) est inférieure à celle de référence sur l'ensemble du territoire. Ainsi, avec un printemps frais, un été chaud et caniculaire, un automne doux et des précipitations annuelles insuffisantes, 2019 est une année peu favorable à la production d'herbe. » 

Filières animales : des perspectives prometteuses vers la Chine 

Suite à la visite du président Macron en Chine, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a dressé un bilan positif des échanges avec les autorités chinoises. La France a obtenu la délivrance d'agréments à l'export pour 11 établissements du secteur porcin et 17 entrepôts frigorifiques. Un protocole a en outre été signé entre les ministres de l'Agriculture français et chinois sur le commerce de la viande de volailles élargi aux espèces autres que le poulet, y compris le foie gras, ainsi qu'un accord permettant l'export de matériel génétique porcin en Chine. Avancée importante pour la filière porcine, les chefs d'Etat français et chinois ont convenu de l'élaboration d'une feuille de route prioritaire sur le zonage pour la peste porcine africaine, en vue d'aboutir à des résultats concrets au cours de l'année 2020.

Les cartes du commerce mondial de viande de porc sont rebattues 

Le commerce mondial de viande de porc vit une situation exceptionnelle et paradoxale. D'une part, la demande augmente de plus en plus en Chine, et d'autre part, pour des raisons commerciales et politiques, les pays exportateurs nord-américains sont confrontés à de nouveaux droits de douane ou se voient refuser l'accès à des marchés. L'UE profite jusqu'alors de cette situation. Au premier semestre 2019, la forte demande chinoise a entraîné une augmentation des échanges mondiaux de viande, malgré les barrières commerciales. Les quatre principaux exportateurs mondiaux, l'Union européenne, les États-Unis, le Canada et le Brésil, ont exporté dans l'ensemble 8% de volumes en plus qu'au cours des six premiers mois de 2018. Durant cette période, les importations chinoises ont fortement augmenté (+30%) pour approcher 1,5 million de tonnes, sans dépasser cependant les volumes atteints au premier semestre 2016. Les quatre exportateurs mondiaux fournissent plus de 95% de ces volumes. Le grand gagnant est l'UE, qui a, toutes destinations confondues, exporté 15% de plus au cours de cette période. Vers la Chine, l'Union européenne a augmenté ses volumes de 40% et la valeur a progressé de 71%. 

Porcs : les abattages repartent à la hausse 

Selon la dernière note d'Infos rapides du ministère de l'Agriculture, en septembre 2019, les abattages de porcs sont supérieurs à ceux de septembre 2018, de 2,1% en tec et 1% en têtes. Par rapport à la moyenne quinquennale, ils sont en hausse de 1% en poids. » Profitant de la demande asiatique, les exportations françaises repartent à la hausse avec +7,6% sur un an, soit 3.600 téc au total. Les expéditions vers l'Union européenne reculent de 2,3%, tandis que celles vers les pays tiers grimpent de 41%, essentiellement vers la Chine (+91% sur un an, soit + 3.100 téc). Concernant les importations françaises de viande porcine, elles chutent à nouveau en août 2019 : de 11% sur un an, soit 5.400 tec. 

Les règles se durcissent pour l'alimentation des porcs bio 

A partir du 1er janvier 2021 pour les porcs bio de plus de 35 kg, et à partir du 1er janvier 2025 pour les plus petits, l'alimentation devra être à 100% bio. Si l'évolution est prévue de longue date, celle-ci sera sans doute difficile à appliquer à cause de la forte progression du nombre d'élevages bio. « La tolérance de 5% de matières premières non bio actuellement en vigueur est surtout utilisée pour apporter la protéine dont manquent les filières bio », rappelle en effet Antoine Ronsard, de l'Itab (Institut technique de l'agriculture biologique). « Le passage à une alimentation entièrement bio augmentera de 40 à 50% les besoins en tourteaux de soja. » Selon le chercheur, l'autonomie nationale en protéines se gagnera en diversifiant les ressources et en valorisant des fourrages riches en protéines.