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Lettre d'information Agricole du 3 février 2020

Publié le 03 février 2020

La France souhaite une « exception alimentaire et agricole » 

La France souhaite que l'Europe impose une « exception alimentaire et agricole » dans le commerce mondial pour les futurs traités de libre-échange, afin de sortir ces secteurs des guerres commerciales, a affirmé Didier Guillaume. Le ministre français de l'Agriculture a rappelé que le Ceta (accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada) est déjà entré en application, même s'il n'est pas encore ratifié. Il a également réaffirmé que l'accord UE-Mercosur (Argentine-Brésil-Uruguay-Paraguay) « ne sera pas signé ». Enfin, la France a obtenu un répit de Washington, alors que les États-Unis menaçaient d'imposer une nouvelle salve de taxes douanières punitives contre des produits agricoles et viticoles, si Paris appliquait unilatéralement une taxe sur les géants du numérique. 

Près de 14 % d'agriculteurs en moins en 10 ans 

Selon la MSA, la France comptait 412.040 chefs d'exploitation en 2018, soit -1% par rapport à l'année précédente. En 10 ans, la baisse est de 13,6% (477.194 chefs d'exploitation en 2008). Ces chiffres ne comprennent pas les entreprises de travaux agricoles (travaux forestiers, paysagisme et les établissements de conchyliculture et de pisciculture). Le nombre d'exploitations agricoles recule également de 1% par rapport à l'an dernier, à 321.195 entreprises en 2018. Sur 10 ans, leur nombre a reculé de 16%. Le nombre d'hectares exploités a diminué en 10 ans, passant de 23,3 millions d'hectares en 2008 à 23,1 millions en 2018. Malgré un recul de 4,8% en seulement un an, la production qui compte le plus grand nombre de chefs d'exploitation reste l'élevage lait mixte. La MSA comptabilise pour 2018, 85.895 chefs d'exploitation pour ce secteur. Ce net recul s'explique en partie par les reconversions de producteurs laitiers vers les productions hors-sol ou en polyculture-élevage. 

Réflexion autour d'un étiquetage du bien-être animal en France et en Europe

Réunis à Bruxelles, les ministres de l'Agriculture de l'UE ont soutenu dans leur grande majorité l'initiative allemande de proposer un système européen d'étiquetage en matière de bien-être animal volontaire, « harmonisé et transparent ». Cet outil doit par ailleurs offrir la possibilité d'être mesuré en termes d'impact et ne doit en aucun cas stigmatiser les éleveurs. A noter qu'en France, le Conseil national de l'Alimentation a engagé une réflexion pour expérimenter un étiquetage des modes d'élevage, en vue de définir les conditions de sa mise en œuvre. Les travaux du conseil spécialisé ruminants de FranceAgriMer sur les impacts économiques du bien-être animal s'intègreront dans la démarche. 

Les mesures de Didier Guillaume pour le bien-être animal 

Le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, a présenté officiellement le 28 janvier un plan gouvernemental pour la protection et l'amélioration du bien-être animal, qui concerne aussi bien les animaux d'élevage que les animaux de compagnie. Élaboré en concertation avec les filières concernées et les associations de défense des animaux, ce plan vient compléter et renforcer les mesures déjà en vigueur avec un triple objectif : concilier la sensibilité des animaux, le travail des éleveurs et le regard de la société. Parmi les principales mesures du plan gouvernemental figurent la fin des pratiques douloureuses en élevage (dont interdiction de la castration à vif des porcelets et du broyage des poussins fin 2021) ; le renforcement de la sensibilisation et de la formation au bien-être animal ; l'amélioration de la qualité de vie des animaux d'élevage ; l'amélioration des conditions de transport des animaux (augmentation des contrôles au chargement au 1er semestre 2020 et imposition pour le transport maritime d'un registre et de conditions d'enregistrement des températures fin 2020) ; et enfin améliorer l'information des consommateurs. 

Monde : la production mondiale de lait est attendue à la hausse cette année 

Selon AHDB, la production mondiale de lait devrait augmenter de 1% en 2020, atteignant ainsi 292,5 milliards de litres, soit environ 2,9 milliards de litres de plus qu'en 2019. La hausse serait principalement attribuable à des volumes supplémentaires en provenance des États-Unis et de l'Union européenne. À l'inverse, la production australienne devrait reculer du fait des problèmes persistants de sécheresse et d'incendie qui limitent toute reprise de l'activité laitière. En Nouvelle-Zélande, les prévisions de production sont stables. La demande mondiale de produits laitiers de son côté devrait augmenter de 2,1% pour les produits frais et de 1,5% pour les produits transformés. En conséquence d'une croissance plus modeste de la production que de la demande, les cours des produits laitiers devraient rester fermes sur le marché mondial au premier semestre 2020. 

France : dynamisme du marché de la poudre de lait 

Le marché de la poudre de lait écrémé a démarré l'année sur une note dynamique. Les cours restent fermes sur le marché français comme sur le marché européen. La demande, supérieure à l'offre, est notamment tirée par un marché tonique à l'export. Les envois en direction du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, en prévision du Ramadan, sont jugés satisfaisants par les opérateurs. La demande export vers la Chine et le sud-est asiatique sont également au rendez-vous. D'après certains acteurs de la filière, cette tendance devrait se poursuivre malgré la hausse saisonnière de la production, les stocks au niveau européen étant vides, les disponibilités sont limitées. 

Porc : le repli des abattages de l'UE continue 

En octobre 2019, les abattages de porc en Europe ont reculé de 2% par rapport à octobre 2018, pour s'établir à 22,8 millions de têtes selon les dernières données fournies par Eurostat. Le poids moyen du porc européen a cependant progressé. La baisse de production a été moins marquée (- 1,5%), soit 2,11 millions de tonnes en moins. Le Danemark et la Pologne ont enregistré de fortes baisses. Les abattages espagnols continuent de progresser. En octobre, ils s'élevaient à 4.859.653 de têtes (porcs, porcelets et animaux de réformes) soit une hausse de 1,25% sur un an. En cumul sur 10 mois, le repli des abattages en Europe est de 1,5% à 213 millions de têtes. 

Porc : 2020 s'annonce aussi singulière que 2019 

En 2019, le marché du porc a été marqué par une crise sanitaire sans précédent affectant la Chine, premier producteur et consommateur de porc au monde. Ses besoins très importants ont fait grimper les prix du porc à la production en France et en Europe. L'Union européenne a répondu à cette demande, et les prix atteignent actuellement des niveaux inégalés à cette période. La hausse des cours se répercute sur l'ensemble des marchés : des pièces de découpe jusqu'aux consommateurs. La chute de la production en Asie présage d'une situation prometteuse en 2020 pour les exportateurs mondiaux. Toutefois, la menace de la FPA reste bel et bien présente en Europe. L'ensemble de la filière devra faire face à de nombreux défis, exacerbés par la flambée des cours.