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Lettre d'information ACS du 15 février 2021

Publié le 15 février 2021

France : l'activité en janvier 5 % en dessous de son niveau d'avant-crise

Selon une note de conjoncture publiée par la Banque de France, l'activité en France s'est stabilisée en janvier à 5 % en dessous de son niveau d'avant-crise, « malgré la poursuite et le renforcement du couvre-feu ». L'activité en février devrait être comparable à celle de janvier, c'est-à-dire toujours à 5 % en dessous du niveau d'avant-crise, avance la Banque de France. Si cette tendance devait se maintenir également en mars, cela signifierait une croissance nulle au premier trimestre. « Mais nous l'avons constaté l'été dernier puis en décembre : dès que des restrictions ont été levées, le retour des consommateurs et de leur confiance a été spectaculaire », assure François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Les différences de niveau d'activité dépendent toujours des secteurs. Alors que dans l'industrie, l'utilisation des capacités de production était de 74 % en janvier, contre 79 % avant la crise, l'hôtellerie-restauration reste toujours pénalisée par les mesures de restrictions sanitaires. Les services aux entreprises sont bien orientés, notamment la publicité et le conseil de gestion, de même que la location de matériels et d'automobiles. Et dans le bâtiment, « l'activité est stable dans l'ensemble en janvier et reste proche de son niveau d'avant-crise ».

Les crédits aux entreprises ont augmenté de 13,3 % en 2020, selon la Banque de France

Les crédits aux entreprises ont progressé de 13,3 % en 2020, et de 20,3 % pour les seules PME, qui ont eu massivement recours aux prêts garantis par l'État (PGE) pour faire face à la crise du Covid-19, a rapporté la Banque de France. Dans le détail, l'endettement des entreprises en décembre 2020 atteignait 1.190 milliards d'euros, dont 523,7 milliards pour les PME. Sans surprise, l'encours de crédit a beaucoup progressé dans l'hébergement et la restauration, avec une hausse de 34,9 %. Le recours au crédit a aussi fortement augmenté dans l'information et la communication (26,6 %), les conseils aux entreprises (26,2 %) et la construction (22,1 %). La hausse est la plus faible dans l'agriculture et les activités immobilières, avec 5,9 %.

Les défaillances d'entreprises ont chuté de 39% en 2020

Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, à la fin du mois de décembre 2020, le nombre de défaillances d'entreprises s'affichait en recul de 39 % par rapport à la fin décembre 2019. Au total, 31.212 défaillances ont été enregistrées à la fin de l'année 2020, contre 51.201 un an plus tôt. Les aides apportées par l'État ont joué leur rôle de filet de sécurité, limitant le nombre de faillites au plus fort de cette crise sanitaire. Alors que la pandémie persiste en ce début d'année 2021, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, promet de maintenir sa politique de soutien « total » à l'économie. Les principales mesures d'accompagnement des entreprises devraient se poursuivre au moins jusqu'à la fin du premier semestre. En parallèle, les banques ont accepté un nouveau différé d'un an des remboursements des prêts garantis par l'Etat afin d'apporter un peu d'oxygène aux entreprises endettées. Le gouvernement espère ainsi éviter la cascade de faillites attendue cette année. Mais la question de la fin des aides est posée. « Le niveau de dépenses que nous connaissons aujourd'hui n'est pas soutenable dans le temps », a prévenu le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt.

Bretagne : 379 millions d'euros d'aides à la production pour la région

Le gouvernement a présenté un panorama détaillé des effets de la baisse des impôts de production (plan France Relance) en Bretagne. Le montant global s'élève à 379 millions d'euros répartis entre 30.374 entreprises bénéficiaires. Les différentes mesures ont permis la réduction de moitié de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pour leurs établissements industriels. Il a aussi été engagé la réduction de moitié de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) ainsi que l'abaissement de 3 % à 2 % du taux de plafonnement de la cotisation économique territoriale (CET) en fonction de la valeur ajoutée.

En 2021, un rebond significatif attendu dans l'industrie bretonne

Alors que l'économie française a connu en 2020 sa plus forte récession depuis la seconde guerre mondiale, l'économie bretonne semble avoir été plus résiliente, face à la crise sanitaire. En 2020, tous secteurs confondus, il ressort d'une enquête de la Banque de France en Bretagne que le chiffre d'affaires des entreprises bretonnes a baissé de 4,2 %. « Si on le compare, sur la même période, à la baisse de 8,3 % du PIB au niveau national, on peut dire que la Bretagne a plutôt mieux résisté que le reste de la France. C'est encore plus vrai, si on le compare au recul de 9 % du chiffre d'affaires des entreprises normandes et de celui de 8 % des entreprises ligériennes » estime le directeur régional de l'institution. Le secteur industriel breton qui était sur une dynamique de croissance depuis 3 ans, a vu son activité freinée lors du premier confinement, ce qui se traduit en fin d'année 2020 par une baisse du chiffre d'affaires de -4,9 %. Toutefois les commandes qui n'ont pu être honorées au premier semestre ont fait l'objet d'un report ce qui explique les fortes prévisions d'augmentation en 2021, d'environ +6,5 %, qui effaceraient la contraction de 2020. Au-delà des mesures de chômage partiel qui ont maintenu les salariés dans l'emploi, les plans de charge ont fortement mobilisé les équipes au second semestre, limitant ainsi la contraction des effectifs à -1,7 % en 2020 (pour l'essentiel un moindre recours à l'intérim) et le besoin de recrutement en 2021. Dans ce contexte chahuté, les projets d'investissements ont été suspendus. « Mais en 2021, ils sont 47 % à envisager des investissements. » Pour 2021, une perspective de stabilité domine (64,5 %).

Bretagne : le volume des ventes de logements neufs recule de 13%

D'après les chiffres publiés hier par l'Oreal (l'observatoire du logement neuf en Bretagne), sur l'année 2020, les ventes de logements neufs en Bretagne ont reculé de 13 %, contre 34 % au niveau national. La baisse enregistrée sur les ventes de logements neufs bretons reste contenue par rapport au reste de la France. Rennes Métropole concentre 50 % des ventes de la région bretonne et la collectivité accuse un repli des ventes de 28 %. Cela reste moins que Nantes, Bordeaux et Caen (toutes en repli de 40 % environ). Mais l'Oreal s'inquiète du niveau des stocks de logements neufs, notamment concernant les lots individuels aménagés : seuls 3.000 logements ont été vendus et 1.800 terrains mis en vente en 2020, des chiffres qui baissent respectivement de 27 % et 36 %. L'observatoire voit la menace d'une pénurie se rapprocher. Le stock des logements neufs collectifs disponibles est actuellement de 4.000 appartements, c'est-à-dire 11 mois de ventes, malgré des prix en hausse de 4 % en 2020.

Sur 2020, les travaux publics confirment une chute historique de l'activité

Sans grande surprise, l'année 2020 des travaux publics a été marquée par un très fort recul de l'activité (-12,5 % sur un an), bien que la barre se soit progressivement redressée sur la deuxième partie de l'exercice (-10,5 % au troisième trimestre sur un an, puis -6,4 % sur les trois derniers mois de 2020). Le secteur observe un net recul des marchés conclus sur l'année : -13,2 % sur un an et encore -10,4 % au dernier trimestre. Les seuls appels d'offres publics affichent une baisse de 15 % en valeur, et de 31 % en volume par rapport à 2019 ! Sur le front de l'emploi, une bonne nouvelle : les entreprises de travaux publics sont parvenues à préserver leurs effectifs permanents, et même à embaucher un peu puisqu'ils progressent de près de 2 % sur un an. Le volume d'heures travaillées est malgré tout en très fort repli : -14 % environ. La variable d'ajustement de ce retrait de l'activité a été les emplois intérimaires, puisque les heures qu'ils ont effectuées se sont effondrées de près de 33 %. Au terme de l'exercice 2020, les travaux publics s'engagent dans une année charnière et regarde vers l'avenir. La FNTP s'attend à une croissance de l'activité par rapport à 2020, qui pourrait osciller entre 2 et 8 %. La reprise de l'activité dépendra de la rapidité de déploiement du plan de relance dans les territoires, et de la pleine coopération des collectivités pour retrouver le chemin de l'investissement local.