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Lettre d'information Agricole du 2 octobre 2017

Publié le 02 octobre 2017

Grand plan d’investissement : A quoi serviront les 5 Mds réservés à l’agriculture ?

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté le 25 septembre les contours du plan d’investissement promis par Emmanuel Macron. Sur les 56,3 Mds d’euros du plan, 5 Mds d’euros seront bien réservés à la « stimulation de la transformation des filières agricoles et agroalimentaires ». Pour le secteur agricole, le Gouvernement entend améliorer la compétitivité de la ferme France et se concentre sur quatre priorités : accélérer l’adaptation des outils et le changement des pratiques en facilitant l’accès aux offres de financement par la mise en place de fonds de garantie ou de fonds de prêts, accélérer la réponse aux défis du changement climatique en travaillant sur les problématiques de gestion de l’eau, de bioéconomie, de production d’énergie renouvelable et de séquestration du carbone dans les sols, renforcer la compétitivité de l’aval et la structuration des filières en finançant les entreprises de l’aval et enfin, renforcer le soutien à la recherche et l’innovation. D’après le rapport, ces pistes d’investissement ont pour vocation à être « discutées, enrichies et complétées lors des États-généraux de l’alimentation ».

Budget agricole : une provision de 300 millions d’euros

Lors de la présentation du projet de loi de finances 2018, le gouvernement a annoncé une hausse des crédits de 0,4 milliard d’euros pour la mission agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales en 2018. Pour achever le rattrapage du paiement des aides Pac 2015 à 2017, des moyens supplémentaires ont en outre été déployés et un abondement de 110 millions d’euros de crédits de paiement est prévu en 2018. Enfin le gouvernement a prévu une provision de 300 millions d’euros€ pour couvrir en 2018 d’éventuelles crises économiques, sanitaires ou climatiques affectant le secteur agricole.

Le PNA lance son quatrième appel à projets

Le Programme national pour l'alimentation (PNA) lance son 4ème appel à projets pour 2017-2018. Doté d'une enveloppe de 1,5 millions d’euros, il vise à soutenir les projets d'intérêt général répondant aux enjeux sanitaires, socio-économiques et environnementaux de l'alimentation, en cohérence avec les priorités de la politique publique de l'alimentation : justice sociale, éducation alimentaire des jeunes, lutte contre le gaspillage alimentaire et ancrage territorial et mise en valeur du patrimoine alimentaire. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 24 novembre.

Lait : la production européenne inférieure aux prédictions

De mars à juillet, la production laitière des deux poids lourds que sont l'Allemagne et la France a été en baisse d'environ 3%. Fin juillet début août, la France semblait revenir à un niveau comparable à l'année précédente. En revanche, l'Allemagne restait en dessous pour des raisons liées à la sécheresse mais aussi des problèmes plus structurels dus à des arrêts de lait importants dans l'ex-Allemagne de l'Est. « On peut considérer que 5% de la production des grandes exploitations de l'Est a disparu en un an. » Aux Pays-Bas, il n'y a pas eu de réduction importante de la production suite au plan d'abattage décidé en application de la réglementation phosphate : la production est restée juste en dessous du niveau de l'an passé. Par contre la production a été en forte augmentation en Pologne (+ 4 à 5%). De même en Irlande (+ 7 à + 12% selon les mois), même si elle s'est avérée malgré tout inférieure à ce que les Irlandais prévoyaient (+ 15%).

Europe : une baisse de la production de porc enregistrée au cours des derniers mois

Alors qu’en 2016, la production de porc dans l'Union européenne était de 23,4 millions de tonnes, soit 45,9 kg par habitant, celle-ci a baissé de -2,1% au 1er semestre 2017 par rapport au 1er semestre 2016. La moitié de cette baisse est due à la France (-426.000) et le Royaume-Uni (-296.000). L'Allemagne et l'Espagne restent les principaux producteurs de viande de porc dans l'UE avec respectivement 23% et 19% du total de l'UE, suivis par la France (9%), les Pays-Bas (6%), l'Italie (5%), Belgique (4%) et le Royaume-Uni (4%).

Volailles : la balance commerciale se détériore

Lors du conseil spécialisé sur les viandes blanches, FranceAgriMer a constaté qu'en France la balance commerciale reste déficitaire en volume comme en valeur, sur les premiers mois de l'année 2017. Les viandes fraîches de poulet restent largement déficitaires, malgré un recul des achats des ménages de 1,4%. Ce sont près de 314.000 tonnes en équivalent carcasse (tec) qui ont été importées sur les sept premiers mois de 2017, en plus des 610.000 tec produites (dont 228 000 tec exportées), une hausse de presque 5% par rapport à l'année précédente. Les abattages de canards gras sont en recul de 18% sur les sept premiers mois de l'année (à 41.000 tec), après avoir chuté de 26% en 2016. Les importations de foie gras ont augmenté de 21% en 2016, alors que les exportations ont chuté de 20%. Sur les sept premiers mois de 2017, un repli des importations est néanmoins observé, notamment de foie gras cru, et une stabilisation des exportations. Concernant la filière des oeufs, la production française est repartie à la hausse depuis le début de l'année et les cours se redressent. Au niveau européen, la production de poulet a continué de progresser au cours du premier semestre de 2017, tandis que celle de dinde est en repli.

CNA : installation du comité national d'éthique des abattoirs

Début janvier, le Conseil National de l'Alimentation (CNA) entérinait la création d'un Comité national d'éthique des abattoirs en tant qu'instance de concertation. Culture Viande a assisté à l'installation de ce nouveau Comité, où sont présents, au-delà des membres « habituels » du CNA, des professionnels du secteur, des associations de protection animale, des vétérinaires, des représentants des cultes, ainsi que des parlementaires. Le mandat du Comité fixe notamment comme objectifs de « rendre une synthèse pédagogique du processus de l'abattage et d'expliciter les mesures de gestion réglementaires encadrant la protection animale en abattoir ». Cette réunion de lancement a été l'occasion pour chacun d'exprimer ses attentes vis-à-vis de ce Comité. Pour Culture Viande, elles sont de plusieurs ordres : faire de la pédagogie, avoir une application homogène de la réglementation sur l'ensemble du territoire et des établissements, et intégrer ce débat dans un contexte économique global.

Schiappa annonce que les agricultrices seront les premières à bénéficier du congé maternité unique

La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé que l’amélioration du congé maternité pour les non-salariées se fera « métier par métier » en commençant par les agricultrices. Si le gouvernement n’a pas encore tranché la question de l’harmonisation des montants des indemnités, le ministère de l’Agriculture va expérimenter un dispositif consistant à vérifier si l’argent public finance autant les femmes que les hommes. Parmi les autres mesures présentées, la création d’un dispositif de prélèvement des pénalités financières dans la fonction publique en cas de non-respect des obligations en matière d’égalité professionnelle. Enfin les « contrôles aléatoires » avec l’inspection du travail seront renforcés dans le privé afin de vérifier le respect dans les entreprises de leurs obligations légales.