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Lettre d'information Agricole du 20 janvier 2020

Publié le 20 janvier 2020

Naissance de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement 

L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), issu de la fusion entre l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA), a été officiellement lancé le 9 janvier. Le tout nouvel institut a pour objectif de devenir l'un des leaders mondiaux de la recherche pour répondre aux enjeux sociétaux tels que la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la transition des agricultures (agroécologie, réduction de la chimie) ou encore la gestion des ressources naturelles et des écosystèmes. 

La Coopération agricole se fixe trois objectifs pour 2020 

En 2019, les coopératives agricoles ont profité d'un contexte économique « assez stable », réalisant un chiffre d'affaires de 85,4 milliards d'euros. Dominique Chargé, président de la Coopération agricole (ex-Coop de France) a présenté les ambitions du réseau pour 2020. Au-delà du déploiement de sa nouvelle identité, trois objectifs sont visés : la compétitivité «du local à l'international» ; l'accompagnement des «transitions» ; l'attractivité de l'agriculture et de la coopération. Il a rappelé les fortes difficultés du secteur pour recruter, citant près de 20.000 emplois non pourvus faute d'adéquation entre les compétences des demandeurs d'emploi et les postes offerts. 

Europe : le prix du lait monte

Quelques laiteries d'Europe du Nord ont augmenté le prix du lait de novembre et ont annoncé une hausse en décembre. Les prix du lait recueillis par le réseau LTO Nederland et European dairy farmers montrent un prix du lait standard en novembre 2019 à 336,4 euros/t en moyenne sur 16 transformateurs laitiers européens enquêtés, en légère hausse (+ 2,3 euros/t) par rapport à la moyenne du mois précédent. Comparé à novembre 2018, le prix moyen est inférieur de 8,6 euros/t (-2,5%). Les transformateurs irlandais ont augmenté leur prix après quelques mois très stables, de 10 euros/t au moins. FrieslandCampina avait annoncé une hausse de 7 euros/t et poursuit en décembre avec +9 euros. DMK, stable pour novembre, a annoncé une hausse sur décembre (+10 euros). Même tendance pour Milcobel, qui prévoit +15 euros/t pour décembre. Par contre, Arla Foods conserve un prix stable sur novembre, décembre et janvier. Ailleurs dans le monde, le prix du lait aux États-unis a baissé en décembre, après des mois de hausse. 

France : début d'année dans le vert pour la collecte 

Après un fort recul au premier semestre 2019, la collecte laitière française s'est redressée en fin d'année, notamment au mois de novembre grâce à des conditions météorologiques favorables à la production herbagère qui ont permis une hausse de la collecte de 1,8% par rapport à 2018, selon FranceAgriMer. Malgré un cheptel national réduit à 3,66 millions de têtes, soit -1,4%/2018 selon l'Institut de l'élevage, cette tendance s'est confirmée au mois de décembre. Les volumes ont ainsi retrouvé leurs niveaux de 2018, voire leur ont été supérieurs (de +0,4% à +1,6%). En ce début d'année 2020, la collecte laitière française a de nouveau progressé (+1,3% par rapport à 2019) d'après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, mais reste inférieure aux hauts niveaux constatés en janvier 2018. 

L'Europe consulte sur l'origine de la viande 

L'Union européenne a ouvert le 9 décembre et jusqu'au 2 mars prochain une consultation publique en ligne sur l'étiquetage de l'origine de la viande. Objectif : « évaluer si les règles établies pour l'indication obligatoire de l'origine des viandes sont efficaces, efficientes, cohérentes et pertinentes et apportent une valeur ajoutée européenne ». La Commission utilisera les résultats de cette évaluation dans son rapport sur l'étiquetage obligatoire de l'origine, attendu pour avril 2020.

Comptes de l'agriculture 2019 : le porc tire enfin son épingle du jeu 

La Commission des comptes de l'agriculture nationale (CCAN) a examiné les résultats 2018 des exploitations et les comptes prévisionnels pour 2019. Après des tendances à la baisse en 2018, les volumes de production pour le porc sont ainsi légèrement en augmentation en 2019 (+1,2%), alors que le prix payé à la production (hors subventions) a lui fait un bond de 18,1%. Dynamisé par une demande chinoise exceptionnelle sur fond de crise sanitaire sans précédent, le porc tire, cette année, son épingle du jeu. Et ce, dans un contexte agricole global plutôt difficile. En effet, la production agricole baisserait de 2,0% en valeur en 2019, avec un recul des volumes (-1,5%) et des prix (-0,5%). Même si la production animale, toujours en valeur, semble avoir un peu rebondi (+2,4%), la production végétale aurait, elle, nettement diminué (-4,8%) du fait d'une surabondance de l'offre mondiale et des conditions climatiques défavorables en 2019. Porté essentiellement par le porc, le prix de la production animale (hors subventions) augmenterait de 3,3%. En revanche, la production animale a connu un léger recul en termes de volumes l'année passée : -0,9% au global, pour une baisse de 2,1% en gros bovins, de 1,3% pour les veaux et surtout, de 5,3% pour les oeufs. Quant aux prix payés à la production, seuls ceux du lait et des volailles vont croissant, avec respectivement +3,4% et +3,5%. Celui des gros bovins est stable et le veau baisse de 8%. Mais, si la production globale baisse en 2019, il faut cependant remarquer qu'elle augmente sur deux ans. En effet, le recul de l'année écoulée ne contrebalance pas la hausse qu'avait connu 2018. Entre 2017 et 2019, la production augmente en valeur de 3,6%. 

Échanges commerciaux de viande de volailles : comparaison Bretagne-France au 3e trimestre 2019 

Après un repli au premier semestre, les exportations bretonnes de viandes de volailles se sont stabilisées au troisième trimestre 2019 par rapport à la même période 2018, pour atteindre 83 millions d'euros. Le statut quo sur un an reflète une évolution contrastée entre les ventes vers les pays tiers, à la hausse (+7 %), et celles vers l'Union européenne, en recul (-6 %). La reprise des ventes vers l'Arabie Saoudite (+8 %) explique notamment cette tendance. Globalement, l'Union européenne absorbe aujourd'hui 49 % des exportations bretonnes contre 51 % vers les pays tiers. Côté importations, les achats bretons de viande de volailles s'élèvent à 23 millions d'euros, un montant largement inférieur aux exportations (83 millions d'euros) qui permet de dégager un solde commercial de 60 millions d'euros, en légère amélioration sur un an. A l'échelle nationale, les importations de viande de volailles sont à l'inverse largement supérieures aux exportations. Au troisième trimestre 2019, la France a importé pour 286 millions de marchandises, dont 98 % en provenance de l'Union européenne (principalement Belgique, Pays-Bas et Pologne). Les exportations se sont élevées à 208 millions d'euros, dont 64 % vers l'Union européenne et 36 % vers les Pays tiers. Au final, la balance commerciale reste très négative (-78 millions d'euros). 

Broyage des poussins: Berlin et Paris s'entendent pour une sortie «fin 2021» 

Alors que 72 millions de poussins sont broyés à la naissance chaque année en France et en Allemagne, les ministres de l'Agriculture français, Didier Guillaume, et allemande, Julia Klöckner, ont affiché leur volonté de mettre fin à cette pratique d'élevage «d'ici fin 2021». Un «partenariat bilatéral» a été signé par les deux pays afin de mettre en place un «cadre de travail» réunissant acteurs des filières, entreprises, organismes de recherches et associations pour «partager les connaissances scientifiques» et la «mise en oeuvre de méthodes alternatives». Aucun texte législatif n'est pour l'instant prévu pour entériner l'objectif de 2021.