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Lettre d'information Agricole du 22 janvier 2018

Publié le 22 janvier 2018

Bruxelles augmente son financement pour la promotion des produits agricoles

La Commission européenne a annoncé qu'elle accordera en 2018 un financement de 169 millions d'euros en faveur de la promotion des produits agricoles de l'UE à travers le monde, soit 27 millions d'euros de plus qu'en 2017. Deux tiers des crédits disponibles seront alloués à la promotion des produits alimentaires de l'UE dans les pays tiers, en particulier ceux vers lesquels les exportations agroalimentaires de l'UE sont susceptibles de croître de manière importante (Canada, Japon, Chine, Mexique, Colombie). Les programmes concernant l'UE cibleront l'information sur les labels de qualité de l'UE tels que les indications géographiques ou les produits biologiques. L'appel à propositions est ouvert jusqu'au 12 avril prochain.

Négociations commerciales UE/Mercosur : une réunion de haut niveau prévue fin janvier

Déterminée à parvenir à « un accord commercial ambitieux, équilibré et complet avec le Mercosur », l'Union européenne a annoncé le 17 janvier qu'elle allait rencontrer le 30 janvier les quatre ministres des affaires étrangères du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Cette rencontre ne devrait pas aboutir à un accord politique, mais la Commission espère qu'« elle ouvrira la voie à d'éventuelles avancées ». Les réticences du côté des Européens portent sur l'ouverture des marchés européens aux produits agricoles sud-américains, notamment la viande de boeuf, et à l'éthanol. Les pays sud-américains redoutent quant à eux que leur industrie ne puisse pas soutenir la concurrence avec les produits manufacturés européens.

Ce que contient le projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales

Alors que le projet de loi « pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » sera présenté en Conseil des ministres le 31 janvier prochain, Les Marchés se sont procurés une copie du texte présenté le 11 janvier en Conseil national d'évaluation des normes. Comprenant 10 articles, le projet reprend les mesures annoncées par le gouvernement en bilan des Etats généraux de l'alimentation. L'article 1er « habilite le gouvernement à prendre par ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la publication [de la loi] à titre expérimental pour une durée de deux ans » : « un relèvement de 10% du seuil de revente à perte » et « un encadrement en valeur et volume des opérations promotionnelles portant sur la vente au consommateur de denrées alimentaires ». À noter que le projet de texte n'indique pas les pourcentages de 34% en valeur et 25% en volume pour l'encadrement des promotions. Le projet prévoit par ailleurs de permettre aux interprofessions « de définir les indices permettant le déclenchement de la clause de renégociation (art. 2) et de « définir les indicateurs de marché et de coûts de production » (art. 7) qui doivent figurer « dans les contrats de revente des produits agricoles par les acheteurs » (art. 3). Le projet de loi inverse aussi la contractualisation en posant « le principe nouveau selon lequel le contrat doit être proposé aux acheteurs par les agriculteurs ou les OP ou les AOP ».

Hausse de la collecte laitière pour le quatrième mois consécutif

En novembre 2017, la collecte de lait de vache a progressé pour le quatrième mois consécutif, selon le service de statistiques du ministère de l'agriculture dans une note Agreste. La collecte s'affiche ainsi à 1,918 Ml de lait, en hausse de 5,4% par rapport à novembre 2016 et de 4,8% par rapport à octobre 2017. Le prix du lait standard s'établie en moyenne à 345 euros/1000 l, en hausse de 43 euros/1000 l par rapport à novembre 2016 mais en retrait de 3 euros/1000 l au mois d'octobre 2017.

Europe : le syndicat laitier européen propose un outil pour réguler la production en cas de crise

Mis au point par l'EMB, le Programme de responsabilisation du marché (PRM) est un outil de surveillance des marchés et d'intervention réactive. Si l'on remarque que les prix du lait commencent à chuter et que les coûts de production des agriculteurs ne sont plus couverts (chute en dessous de l'indice 100), le PRM est activé. Trois scénarios sont alors possibles : 1. Si l'indice chute de 7,5 %, une alerte est lancée, le stockage privé du lait est autorisé et des programmes comme l'encouragement à d'autres utilisations du lait (nourrissage ou engraissement des veaux, des génisses...) sont signalés. 2. Si l'indice chute de 15 %, la crise est officiellement constatée par l'agence de surveillance. On lance alors un appel d'offres pour une régulation volontaire de la production de minimum 5 %, avec des primes pour les agriculteurs qui y souscrivent. 3. Si l'indice chute de 25 %, on enclenche une réduction obligatoire de la production de 2 à 3 % durant une période définie et jusqu'à la fin de la crise.

Risque « négligeable » d'influenza aviaire partout en France

Un arrêté du ministère de l'Agriculture paru au JORF le 19 janvier qualifie de « négligeable » le risque en matière d'influenza aviaire hautement pathogène sur l'ensemble des communes des départements métropolitains. Il abroge l'arrêté du 11 octobre dernier qui qualifiait ce risque de « modéré » sur l'ensemble des communes de l'Ain, de la Savoie et de la Haute-Savoie et de négligeable ailleurs.

Reprise des importations de volailles françaises en Corée du Sud

Après que la France a recouvré son statut de « pays indemne de grippe aviaire hautement pathogène » le 27 octobre dernier, la Corée du Sud a annoncé sa décision d'autoriser à nouveau les importations de produits de volailles français : viande, produits transformés à base de viande de volaille et oeufs. La Corée du Sud avait mis en place des restrictions d'importation en 2015 suite à un épisode d'influenza aviaire. La levée d'interdiction s'applique aux produits de volailles abattues après le 26 décembre 2017.

La filière de chair bio veut s'adapter aux consommateurs

Depuis les années 2000, la France est le 1er pays producteur de poulets bio de l'Union européenne, avec 9,7 millions de têtes (+ 15%) en 2016, contre 17 millions dans l'UE en 2015. En 2016, le marché français des poulets bio (90% des volailles) était estimé à 177 millions d'euros, en croissance de 10,6% après 10% de hausse en 2015. Selon Kantar Worldpanel, le bio représente aujourd'hui 9,6% des achats des ménages en poulet PAC et 3,9% en découpe de poulet. Malgré des spécificités françaises, notamment l'âge minimal d'abattage (81 jours), l'export est aussi en forte hausse. Plusieurs tendances sont favorables : des consommateurs plus jeunes qu'en label rouge, le renforcement des attentes de bien-être animal, la recherche de naturalité, l'absence d'antibiotique, l'origine France, la tendance à « manger moins mais mieux ». Néanmoins, le secteur a aussi ses faiblesses : le fort écart de prix avec le conventionnel, la concurrence du label rouge, le faible développement en restauration hors foyer, le déséquilibre matière en découpe. Cependant, des menaces pèsent sur la filière, notamment avec l'obligation au 1er janvier prochain d'une alimentation 100% bio posant la question de la disponibilité en protéines. Une autre menace est liée à l'écart d'application de la réglementation européenne entre États membres, avec la concurrence des poulets allemands Bio de 55 jours, et celle des productions alternatives (free range au Royaume-Uni, chicken of tomorrow et Beter leven aux Pays-Bas). Les producteurs français s'accordent sur le fait qu'ils doivent aller plus loin que le socle européen, en respectant l'éthique et la qualité.