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Lettre d'information Agricole du 26 juin 2017

Publié le 26 juin 2017

Le ministère de l’Agriculture dévoile son calendrier pour les rattrapages de paiement des aides Pac

Le 21 juin, le ministère de l’Agriculture a communiqué le calendrier destiné à mettre fin aux retards de paiement de la Pac accumulés depuis 2015. Il a ainsi été demandé à l’Agence de services et de paiement (ASP) de « renforcer sans délai les moyens humains mobilisés sur le chantier de l’instrumentation des aides Pac pour que l’ASP et son prestataire informatique renforcent leur capacité à traiter en parallèle les chantiers de paiement du premier et du deuxième pilier ». Le ministère s’est également engagé sur les points suivants : début des paiements en novembre 2017 pour les MAEC et aides bio 2015, mise en œuvre de « tous les moyens nécessaires » pour un paiement « au plus tard en mars 2018 » pour les MAEC et aides bio 2016, début des paiements des MAEC 2017 en juillet 2018 et lancement dès maintenant de l’instruction des dossiers des aides 2017 du premier pilier de la Pac « pour permettre leur paiement dès février 2018 ». Le calendrier « habituel » sera retrouvé pour les aides du premier pilier lors des campagnes de 2018 et suivantes, indique le ministère, avec une avance des paiements directs en octobre et le paiement du solde en décembre.

Conjoncture laitière : Un redressement des prix est attendu sur le second semestre

D’après la note de conjoncture mensuelle du Cniel, « à court terme, il devient improbable que la collecte laitière au niveau européen reprenne significativement, tandis que la demande mondiale montre des signes d’amélioration ». D’après l’organisme, le second semestre 2017 devrait toutefois être plus favorable que le premier mais seule une diminution significative des stocks d’intervention permettra de conforter ce revirement de conjoncture. Concernant le prix du lait payé aux éleveurs, le prix standard du lait de vache toutes primes et toutes qualités confondues qui intègre le lait conventionnel, le lait bio et le lait destiné à la fabrication d’AOP, était en moyenne de 318 euros/1.000 litres en mars 2017 (chiffres FranceAgriMer).

Monde : la production mondiale de lait en 2017 devrait augmenter de 1,4% selon la FAO

Une augmentation de 1,4% de la production mondiale de lait est attendue en 2017, selon l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les échanges devraient également augmenter de 1%. La production devrait augmenter en Asie et aux USA; stagner en Europe et en Afrique; et baisser en Océanie. La majeure partie de cette augmentation proviendra d'Asie et de certains pays du Moyen-Orient. Cependant, ces régions ont une implication limitée sur le marché mondial, de sorte qu'il est peu probable qu'elles aient une incidence importante sur les prix mondiaux. Pourtant, la production en Inde devrait augmenter de 3,9%, soit 6.300.000 t, à 166.600.000 t cette année. La production aux États-Unis, 3e exportateur mondial, devrait augmenter de 2%. La Chine et l'Australie devraient toutes deux importer davantage suite à une 2e année de déclin de la production laitière nationale. La Russie, le Mexique et les Philippines devraient également augmenter leurs besoins d'importation.

Interbev et Inaporc demandent de protéger les dénominations des filières viande

Suite à la décision de la CJUE du 14 juin dernier confirmant l'usage exclusif des dénominations réservées au lait et aux produits laitiers aux seuls produits d'origine animales, Interbev et Inaporc appellent dans un communiqué « les autorités françaises et européennes à protéger les dénominations de la filière viande par l'évolution et le renforcement de la réglementation ». Elles encouragent également les autorités chargées de protéger les consommateurs à réaliser les contrôles et à prendre les mesures nécessaires pour clarifier les pratiques commerciales des spécialités à base de protéines végétales et sanctionner l'usage abusif, pour ce type de produits, des dénominations de la viande.

Viandes bio : les abattages augmentent de 15 %

Selon Interbev, en 2016, la croissance de la demande et de la disponibilité en animaux ont permis un rapide développement des volumes abattus, estimés à 34.098 tonnes. Les gros bovins allaitants connaissent la progression la plus significative, avec une hausse des abattages de 26% en volume. Deux facteurs expliquent ce phénomène : l'arrivée sur le marché d'animaux bio issus de cheptels en conversion depuis 2014 et les conditions climatiques difficiles accélérant les sorties. Les volumes de veaux bio abattus se sont également fortement développés, de 19%. Concernant les ovins, on compte aujourd'hui 191.511 brebis en bio et conversion, soit +12% par rapport à 2015. La progression des abattages est importante, de 17%. Concernant la filière porcine, les professionnels ont dû gérer des ruptures de produits en attendant les premiers arrivages des nouvelles conversions et installations, qui ne commenceront à produire significativement qu'au second semestre 2017 puis, plus largement, en 2018 et 2019. L'augmentation des abattages n'est donc que de 7%. Enfin, la répartition des volumes entre les circuits de distribution reste stable : 51% pour la grande distribution, 16% pour les magasins spécialisés, 15% pour la boucherie artisanale, 10% pour la vente directe et 2% pour la RHD.

Porc : la Chine perd un peu d'appétit

Selon le Marché du porc breton (MPB), les exportations européennes ont reculé de 20,97% en mars par rapport à 2016 à 113.330 tonnes, quand les États-Unis ont vu leurs ventes s'affaisser de 14,2% en avril à 30.016 tonnes. Pour la France, la baisse a atteint 34% en mars et 32% au premier trimestre 2017. Plusieurs raisons à cette perte d'intérêt pour la viande étrangère, à commencer par un retour de l'offre nationale à la suite de bénéfices record obtenus en 2016. Un rebond de la production accentué par le développement de grandes structures productives qui compensent les arrêts de petites exploitations peu rentables. Ce retour des volumes pèse sur les prix, qui ont chuté, entre fin janvier et fin mai, de 24,8% en yuan et de 28,3% en euro pour retrouver un niveau qui ne s'était plus vu depuis le printemps 2015. Selon Bruxelles, le prix moyen du porc dans l'UE dépassait fin mai de 19,5% son niveau de 2016, soutenu par une activité export encore tonique - en particulier dans le reste de l'Asie -– et une moindre production.

Prime d’activité : le cap des 250 000 demandes dépassé

A l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue le 22 juin, la MSA a indiqué que le nombre de dossiers déposés pour bénéficier de la prime d’activité avait explosé en 2017. Alors que les pouvoirs publics en escomptaient à peine 60.000 par an, la MSA en comptabilisait déjà 153.000 en juin 2016 et 254.000 en juin 2017. Dans le détail pour l’année en cours, la Caisse centrale de la MSA a fait état de 96.050 foyers bénéficiaires en avril 2017 (33.950 non-salariés agricoles et 62.100 salariés agricoles), soit 204.333 personnes couvertes. Le montant moyen en prime d’activité s’élève à 171 € par mois (204 € pour les non-salariés agricoles et 152 € pour les salariés agricoles). La MSA pointe plusieurs difficultés de traitement : réception de dossiers papier alors que tout était annoncé en dématérialisation et alourdissement de contraintes budgétaires. Pascal Cormery, le président de la MSA, a indiqué qu’il voulait profiter des discussions ouvertes avec le nouveau gouvernement pour suggérer d’élargir le périmètre d’activité de la MSA aux entreprises de l’agroalimentaire.

MSA : 441 réclamations transmises au médiateur en 2016

D’après le rapport de 2016 du médiateur de la MSA rendu public le 22 juin 2017, 441 demandes ont été traitées, contre 426 pour l’année précédente. Provenant à 83% d’assurés, les réclamations ont porté en 2016 en majorité sur les retraites (29 %), puis l’assujettissement et les cotisations (15 %), la maladie, la maternité et l’invalidité (20 %), et les prestations familiales (20 %). Le rapport, qui fait également le bilan des 17 années d’existence de la médiation nationale, dévoile que celle-ci est jugée utile par la grande majorité des caisses, notamment pour dénouer des dossiers difficiles ou pour faire des propositions de modifications réglementaires. L’information donnée aux assurés sur la possibilité de saisir le médiateur reste parfois insuffisante.