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Lettre d'information Agricole du 30 septembre 2019

Publié le 01 octobre 2019

Agriculture : un budget en hausse pour favoriser l'agroécologie et la gestion des risques 

D'après le projet de loi de Finances 2020, le budget du ministère de l'Agriculture est prévu en hausse de 4% à 4,8 milliards d'euros. Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments et de la protection des animaux contre les épizooties, le budget est notamment augmenté de 6,5% sur un an à 570 millions d'euros. Le fonds pour aléas, qui a permis de distribuer 200 millions d'euros en 2019 aux agriculteurs sinistrés en 2018, sera quant à lui doté pour 2020 d'une réserve de 175 millions, qui «pourra également être mobilisée dans l'éventualité du paiement de pénalités à la Commission européenne». A cela s'ajoutent 60 millions d'euros pour le fonds de calamité agricole, abondé par les cotisations d'agriculteurs, ce qui porte le financement d'éventuelles crises à 230 millions d'euros. Le ministre a enfin indiqué qu'il comptait aussi pousser les agriculteurs vers plus de responsabilités en réinscrivant dans le budget la possibilité pour chaque agriculteur d'épargner d'une année sur l'autre jusqu'à 150.000 euros sans payer d'impôt l'année du dépôt. 

Hausse des exportations européennes de produits agroalimentaires en juillet 

Le dernier rapport sur le commerce agroalimentaire de l'Union européenne publié par la Commission européenne fait état d'une hausse sur un an de 12,6% des exportations de l'UE à 13,07 milliards d'euros. Les plus fortes hausses ont été enregistrées vers les États-Unis, la Chine et le Japon. Viande de porc, spiritueux et liqueurs, lait en poudre et vin sont les catégories ayant le plus bénéficié de hausses d'exportations en valeur. Les importations, elles, se sont affichées à 9,95 milliards d'euros, et ont enregistré une hausse sur les fruits tropicaux, les céréales secondaires et les huiles végétales. En juillet, l'UE a généré un solde commercial agroalimentaire positif à 3,15 milliards d'euros. 

Europe : l'accord commercial entre l'UE et le Vietnam est très favorable

La filière laitière française est très satisfaite de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Vietnam, qui doit encore être voté par le Parlement européen pour entrer en vigueur. « Pour les produits laitiers, il s'agit d'une libéralisation totale, avec zéro droit de douane pour toutes les exportations de l'UE vers le Vietnam, sans contingent. L'ouverture se fera progressivement sur trois à cinq ans selon les produits », expose Gérard Calbrix, économiste à Atla. Le Vietnam est déficitaire en produits laitiers. Il tente de développer sa production laitière avec de grands élevages, mais le pays est fortement contraint par ses conditions naturelles. Et la consommation de produits laitiers grimpe bien plus rapidement que la hausse de la production. Le Vietnam a donc besoin d'importer (des poudres, quelques fromages). 

France : hausse de la collecte de lait bio au premier semestre 

La collecte de lait bio a progressé de 15,5% au premier semestre. Ce qui a permis aux industriels de développer leurs fabrications. Les plus fortes croissances sont notamment observées sur le lait conditionné (+29,1%), la crème conditionnée (+29,6%) les desserts lactés frais (+25,6%) et le beurre (+21,9%). En revanche, il est pour le moment difficile d'évaluer l'impact de la canicule et de la sécheresse qui ont touché la France et plus largement l'Europe. La pousse de l'herbe a été affectée, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la production de lait biologique sur le second semestre.

Abattoir : la relance du gouvernement sur la vidéosurveillance 

Dans une note parue le 18 septembre 2019, le gouvernement rappelle, à tous, la réglementation générale qui encadre la vidéosurveillance. Il précise, dans le cas des abattoirs, les exigences s'appliquant à l'installation de caméras, notamment dans le cadre du contrôle du bien-être animal. En effet, la loi adoptée faisant suite aux états-généraux de l'alimentation le 30 octobre 2018 a prévu, pour une durée de deux ans, que les abattoirs puissent s'équiper, à titre expérimental et sur la base du volontariat, de dispositifs de contrôle par vidéo des postes de saignée et de mise à mort. Selon Frédéric Freund, de l'OABA, l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir, il y a aujourd'hui une quarantaine d'abattoirs équipés d'un système de surveillance par vidéo. Quant aux abattoirs volontaires pour se lancer dans l'expérimentation, aucun chiffre n'est connu. 

Le secteur viandes dans « une impasse économique » 

Entre la baisse de la consommation et la hausse des importations, les filières viandes françaises se trouvent dans une spirale inquiétante, annonçait Jean-Paul Bigard lors de l'assemblé générale de Culture Viande. Dans la filière bovine, le secteur de l'abattage-découpe a connu en 2018 un résultat « historiquement bas », ses entreprises n'ayant généré que 0,3% de résultat courant avant impôt selon FranceAgriMer. En outre, la consommation de viande bovine brute à domicile a baissé de 2% depuis le début de l'année (Kantar Worldpanel). Pour le porc, à la baisse des volumes de 4,3% s'ajoute la hausse des cours causée par la peste porcine africaine que les opérateurs peinent à répercuter à l'aval. 

Les importations de volailles augmentent encore, malgré les efforts de la filière française 

Selon l'interprofession de la volaille française ANVOL, au 1er semestre 2019, les importations ont augmenté de 4,7%, par rapport à la même période l'an dernier. Le poulet étranger représente désormais 45% de la volaille consommée en France. Au total, malgré une production nationale chiffrée en 2018, à 1,96 million de tonnes, la filière estime que 45% des poulets consommés par les Français viennent de l'étranger. Ce taux approche même la barre des 80% dans la restauration hors domicile. Les volailles viennent majoritairement du Brésil, de Thaïlande et d'Ukraine. La France, 2ème producteur européen a, dans le même temps, vu sa production baisser de 3,6 points. En cause ? "La loi Egalim" qui interdit les promotions dont bénéficiaient les produits labellisés type label rouge, explique Anvol. Et la situation pourrait encore empirer, selon l'association, avec la possibilité d'un hard Brexit et la difficulté pour les pays tiers d'exporter au Royaume-Uni. 657.000 tonnes de volailles pourraient alors se retrouver sur le marché européen. Un volume auquel pourraient s'ajouter les 180.000 tonnes de poulets prévus dans le cadre de l'accord Mercosur. Pour tenter de redresser la barre, la profession a annoncé, en mars dernier, un plan d'investissement de 2,7 milliards d'euros sur cinq ans. Une manne qui doit permettre de moderniser les infrastructures d'élevage, les couvoirs, mais également d'opérer une montée en gamme de la filière. Anvol s'est ainsi engagé à passer 50% de la production française en bio et 15% en label rouge. Aujourd'hui un quart des poulets français déjà produits sont sous signe de qualité (bio, Label rouge et autre certification de conformité). 

1,5 million d'euros pour promouvoir la dinde en France 

Pour la 1ère fois, l'Union européenne va financer un programme de communication sur la volaille qui mobilisera 4,5 millions d'euros sur deux ans dont 1,5 millions d'euros pour la France. Coordonné par l'Avec (association de la volaille européenne), le projet concerne six pays : France, Allemagne, Pologne, Italie, Pays-Bas et Belgique (sur la partie institutionnelle pour cette dernière). Chaque pays a le choix de l'espèce (dinde en France) et des outils, la campagne ciblant son marché intérieur. Le comité interprofessionnel de la dinde française (Cidef) financera 150.000 euros et recevra 600.000 euros par an. La nouvelle campagne d'information démarrera en janvier 2020 soit tout de suite après le programme de promotion lancé cet automne.