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Lettre d'information agricole du 9 octobre 2017

Publié le 09 octobre 2017

Accord UE-Mercosur : frictions en Europe autour de l'agriculture

Plusieurs pays de l’UE emmenés par la France et l’Irlande ont avancé le souhait que l’UE repousse la présentation de son offre dans le domaine agricole au Mercosur. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, ces pays se disent en effet particulièrement vulnérables aux importations de boeuf, d'éthanol, de sucre et de volailles en provenance du Mercosur. Ils jugent également qu’une proposition de l’UE en matière de quotas d’importation serait « inopportune » tant que les deux parties ne se seraient pas entendues sur les conditions pour être sur « un pied d'égalité ». Selon la Fédération nationale bovine (FNB), la Commission européenne souhaite proposer au Mercosur un nouvel accès au marché européen, à droits de douane réduits, de 70.000 t de viandes bovines sud-américaines.

Hausse des prix des produits agricoles de 1,9% en août

D’après une note Agreste, les prix français à la production de l'ensemble des produits agricoles se sont stabilisés en août 2017 par rapport à juillet 2017. Malgré plusieurs moi de repli, les prix s’affichent finalement en hausse sur un an (+1,9% par rapport à août 2016). Les prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, eux, se sont légèrement accrus sur un an (+0,6% entre août 2016 et août 2017), hormis pour les légumes.

Une proposition de loi LR pour défendre « la compétitivité de l'agriculture »

Le 12 octobre, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi des députés LR visant à « restaurer la compétitivité de l'agriculture française ». Arnaud Viala, élu de l'Aveyron et auteur de la proposition, indique que cette proposition permettrait de donner « un signal politique fort » aux agriculteurs « sans attendre les conclusions des Etats généraux ». Dans cette proposition de loi, M. Viala entend imposer une « meilleure rémunération » des producteurs de façon à « garantir la prise en charge de leurs coûts de production », via notamment un renforcement de leurs pouvoirs de négociation face aux industriels et aux distributeurs. Autre mesure phare : l'allègement des normes et réglementations encadrant l'activité agricole, jugées « considérables » et ne permettant pas d'atteindre une « compétitivité dans l'espace européen ». Plusieurs dispositions doivent en outre permettre d'abaisser les charges fiscales des agriculteurs et « faciliter la transmission des exploitations » à la nouvelle génération pour remédier à la perte d'attractivité du métier.

Lait : les producteurs de lait de la FNPL veulent un « prix socle »

Les producteurs de lait veulent obtenir la fixation d'un « prix socle » pour le lait sur le marché intérieur français dans les négociations des États généraux de l'alimentation. « Nous estimons que 6 % des exploitations laitières ont fermé en 2016 en France », a déclaré Thierry Roquefeuil, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). « Il faut que la fixation des prix par l'industrie et la distribution tienne compte des coûts de production des éleveurs autant que des indicateurs de marché. On ne peut plus passer de contrat en dessous des coûts de production pour pouvoir garder un élevage laitier en France », a-t-il averti.

Consommation : la chute n'est-elle qu'un problème de viande ?

Selon les données du Panel WorldKantar, sur la période 9, arrêtée au 3 septembre, les achats de viande de boucherie par les ménages ont enregistré une nouvelle baisse : -3,2% en volume. Si les viandes brutes continuent de régresser, -7,7% sur la période (-4,4% depuis le début de l'année), les produits élaborés progressent toujours, de +2% à +3%. Au global, la progression des viandes hachées est de +8%. Pour Culture Viande, le sujet de la consommation est le sujet majeur de préoccupation : des voies de relance doivent être trouvées, par espèces, par types de morceaux et par degré de praticité. Un autre axe à creuser : celui du professionnalisme et du dynamisme du lieu de distribution. Sur les 13 dernières périodes, la consommation des ménages de viandes et volailles est en baisse de -1,6% en volume et -1,5% en chiffre d'affaires.

Porc : la Chine achète moins

Lors de son conseil spécialisé sur les viandes blanches, FranceAgriMer a confirmé un repli de la production et des exportations européennes, « notamment à destination de la Chine ». En France, le constat est similaire, « avec une production en baisse depuis le début de l’année » et avec un recul des exportations de 33% sur les sept premiers mois 2017. Les cotations du porc français, en nette hausse jusqu’en avril, ont entamé un reflux et sont nettement inférieures aux prix des porcs allemands depuis cet été. Du côté de la consommation, « les achats de viande des ménages français continuent de s’éroder », notamment pour la viande fraîche et la charcuterie.

Porc : vers de nouvelles baisses de prix

Alors qu’elles étaient le principal facteur de soutien des prix l’an dernier, les exportations de l’UE vers les pays tiers déclinent : plus de 2,17 Mt de viande ont été exportées de janvier à juillet, soit 11,2 % de moins qu’en 2016, du fait de la chute de 32,3 % des envois à la Chine. Si l’Europe limite les dégâts en développant ses ventes vers le reste de l’Asie, les États-Unis et quelques pays d’Afrique, la baisse des volumes reste notable et alourdit un marché communautaire sur le déclin. De nouvelles baisses de prix sont à prévoir, le commerce s’annonçant délicat d’ici à la fin de l’année. La bonne tenue des cours des porcs ces derniers mois et un coût de l’aliment mesuré pourraient se traduire par une hausse des abattages fin 2017. Compte tenu du désintérêt des Européens pour la viande de porc, les filières vont devoir retrouver le chemin de l’export. Mais cela ne pourra se faire qu’en plaçant les prix européens sous ceux des principaux concurrents, États-Unis en tête.

La volaille en retrait sur le premier semestre

Deuxième producteur européen derrière la Pologne, la France a vu sa production de volaille reculer de 1,3%, à 886.300 tonnes, entre le 1er semestre 2016 et le 1er semestre 2017 (données des interprofessions de la volaille de chair françaises, Cidef, Cicar, CIPC...). Malgré la progression de 4,1% de la consommation de poulet sur le 1er semestre (614.100 tonnes), sa production s'est légèrement tassée de 0,3% à 560.000 tonnes. Concernant la dinde, la production est en recul de 3,5% (175.100 tonnes) sur les six premiers mois de 2017, et la consommation en recul de 6,1%, à 150.300 tonnes. Quant à la viande de canard, les chiffres du premier semestre de 2017 – production en baisse de 8,9% à 94.300 tonnes et consommation en chute de 19,8 % à 77.900 tonnes – traduisent un contexte qui a vu des zones entières de production neutralisées en raison de l'épizootie d'influenza aviaire. Cependant, on observe que les ventes progressent principalement en élaborés de volaille (+ 3,7%) et les industriels français sont en capacité de fournir de grands opérateurs de la restauration collective (accord signé début 2016 entre LDC et KFC).