Environnement

Renforcement des conditions de stockage des effluents bovins

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Publié le 28 avril 2017

Renforcement des conditions de stockage des effluents bovins

Tout projet de bâtiment doit tenir compte du type de logement, du type de traite et d’affouragement sans oublier les ouvrages de stockage d’effluents associés. Ces derniers doivent répondre aux normes de la Directive nitrates modifiée fin 2016.

Coût par place, main d’œuvre, lisier, fumier, aire paillée, logettes sont autant de questions à se poser pour déterminer la taille d’un nouveau bâtiment.  Autre élément à prendre en compte pour bien dimensionner une nouvelle construction avec ses ouvrages de stockage, la partie assolement et épandage.

Des surfaces de fumières revues à la hausse

La Directive nitrates fixe un cadre réglementaire en matière de capacité de stockage des effluents. Chaque exploitation agricole doit détenir des stockages définis soit forfaitairement, soit en fonction des épandages réalisés dans le respect du calendrier d’épandage et de la fertilisation. Dans un contexte de renforcement récent des conditions de stockage au champ des fumiers (Cf. encadré), les surfaces des fumières à construire peuvent considérablement s’accroître pour les projets basés sur une aire d’exercice en fumier raclé.

En cas de fumière non couverte par exemple, le volume de stockage des purins et eaux souillées sera revu à la hausse. Dans certains cas donc, l’exploitant peut se trouver avec un manque de place disponible en bout de bâtiment pour réaliser la fumière ou encore, limité, dans l’évolution future du logement de ses animaux.

Lissage des épandages, système lisier ?

Pour pallier un manque de place tout en évitant une nouvelle construction, un lissage des épandages peut être mis en place. En effet, des épandages en dehors de la période printanière pour le maïs peuvent être réalisés en fin d’été, début d’automne avant dérobées, avant céréales ou sur prairies.

Un passage en système lisier peut être une alternative. Dans certains cas de figure, en effet, la production d’un « vrai » fumier valorisable agronomiquement peut s’avérer complexe, insuffisamment pailleux pour être épandu à la dose souhaitée. Un passage en raclage lisier peut alors être opportun. Les ouvrages de stockage seront à adapter en conséquence. La disponibilité ou pas de la paille, le type d’assolement, de rotation, la nature du sol et de son épandabilité ainsi que le temps de travail sont des facteurs à intégrer dans le choix final de l’exploitant. En tout état de cause, les projets de bâtiments comme les reprises d’exploitations doivent être accompagnés d’une expertise de capacité de stockage.

Les principales évolutions de la Directive nitrates

Le stockage au champ est autorisé pour :

  • Fumiers compacts pailleux non susceptibles d’écoulement de jus des bovins/porcins (issus de litière accumulée ou pente paillée) et stockés au moins 2 mois sous les animaux ou en fumière.
  • Fumiers de volailles non susceptibles d’écoulement de jus (sans conditions de durée sous les animaux).
  • Fientes de volailles à plus de 65 % de MS.

Des conditions de stockage doivent être respectées selon le type de fumier (durée, andain, support végétal, couverture …). Le stockage au champ entre le 15/11 et le 15/01 est possible sur prairie ou si le tas est couvert ou si le tas est mis sur matériau absorbant (un lit de paille de 10 cm). Enregistrement obligatoire des dépôts aux champs et reprise dans le cahier de fertilisation.

 

Régis Bougis
Responsable Service Conseil Environnement