Culture des céréales : quels impacts des excès d’eau en hivers ?
Cet hiver, les excès d’eau ont provoqué des situations d’engorgement des sols dans les parcelles de céréales d’hiver. Si la germination reste le stade le plus sensible, quelques jours d’ennoiement pouvant fortement réduire la levée, les excès d’eau peuvent aussi avoir des conséquences tardive dans le cycle de la culture des céréales, notamment du tallage à la montaison.
Bilan climatique 2025-2026 : pluviométrie élevée et hivers doux
La fin d’année 2025 et le début de 2026 ont été marqués par une pluviométrie très importante, au point de figurer parmi les 10 hivers les plus pluvieux depuis 1959.
D’après Météo-France, cet hiver décroche également un record de douceur, avec une moyenne à 7.6 °C, soit 1.7 °C de plus par rapport aux normales de saison.
Un stress racinaire lié au manque d’oxygène
Lorsque le sol reste saturé, l’air est chassé des pores du sol et les racines manquent d’oxygène. Cette asphyxie racinaire perturbe le fonctionnement de la plante : l’absorption des éléments minéraux est limitée et la croissance peut ralentir.
Dans les parcelles, cela se traduit souvent par :
- des zones hétérogènes (mouillères, bas de pente) ;
- des plantes chétives ou jaunissantes ;
- parfois une disparition de pieds dans les situations les plus marquées.
Tallage : une phase relativement tolérante mais pas sans conséquences
Le tallage correspond à une étape clé de la culture de céréales, durant laquelle la plante produit plusieurs tiges secondaires appelées “talles”.
A ce stade, les céréales présentent globalement une certaine tolérance aux excès d’eau. Dans de nombreuses situations, les cultures peuvent compenser partiellement les dégâts, notamment si le peuplement reste suffisant et que les conditions de printemps redeviennent favorables.
Cependant, un sol durablement engorgé peut provoquer :
- une perte de talles ;
- un retard de développement ;
- une réduction potentielle du nombre d’épis par m², première composante du rendement.
Montaison : un risque accru pour le potentiel de rendement
La montaison est une étape déterminante dans les étapes de la culture de céréales. Elle correspond à la phase où la tige s’allonge et où les futurs épis se mettent en place.
Si les excès d’eau persistent à ce stade, les conséquences deviennent plus critiques.
Le stress racinaire combiné aux difficultés d’absorption de l’azote peut :
- limiter la croissance des plantes ;
- perturber la formation des épis.
Dans ce cas, les capacités de compensation observées au tallage deviennent plus limitées et le potentiel de rendement peut être affecté, en particulier si les sols restent saturés longtemps ou si l’engorgement intervient sur de larges zones de la parcelle.
Quels sont les leviers pour limiter l’impact de l’excès d’eau sur la culture des céréales ?
Même si l’excès d’eau dépend largement des conditions climatiques, plusieurs leviers agronomiques permettent de limiter les risques et leurs conséquences.
1. Améliorer le ressuyage des sols
Un bon ressuyage permet d’évacuer plus rapidement l’eau en excès.
Cela passe notamment par :
- l’entretien du drainage ou des fossés
- la gestion des écoulements dans les bas de parcelles
2. Limiter la compaction des sols
Un sol compacté limite l’infiltration de l’eau et accentue les phénomènes d’engorgement.
Pour éviter cela :
- limiter les interventions en conditions trop humides
- corriger les zones compactées qui ralentissent l’infiltration de l’eau
3. Adapter la conduite de la culture
Face à un excès d’eau, il peut être nécessaire d’ajuster certaines pratiques.
Par exemple :
- réévaluer la fertilisation azotée si le peuplement ou la croissance ont été affectés
- surveiller les parcelles éclaircies pour la gestion des adventices
4. Identifier les zones sensibles de la parcelle
Les excès d’eau se concentrent souvent dans les mêmes secteurs (zones basses, sols hydromorphes). Les repérer permet d’anticiper des aménagements ou d’adapter les pratiques pour les campagnes suivantes.
Résumé
- La germination reste le stade le plus sensible aux excès d’eau.
- Au tallage, les céréales peuvent souvent compenser partiellement.
- Si l’engorgement se prolonge jusqu’à la montaison, l’impact sur le rendement peut devenir plus marqué.
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