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Lettre d'information Agricole du 25 janvier 2021

Publié le 25 janvier 2021

Débat public sur l'agriculture : la crise sanitaire a renforcé l'enjeu de la souveraineté alimentaire

Le 11 janvier, la Commission nationale du débat public (CNDP) a présenté les conclusions du débat public sur le plan stratégique national de la politique agricole commune (PAC). Alors que 12.660 contributions et 1.083 propositions ont été recueillies dans le cadre de ce débat, plusieurs priorités ont été identifiées : la définition du statut d'agriculteur afin de mieux organiser le système des subventions, le remplacement des agriculteurs partant à la retraite, la mise en place des standards environnementaux et sanitaires à l'échelle européenne pour ne pas pénaliser les agriculteurs français… La crise sanitaire a également remis au centre du débat la question de la souveraineté alimentaire, le rôle accru que doivent jouer les collectivités et les acteurs territoriaux dans les systèmes alimentaires et la nécessaire approche locale de la PAC. Le débat public a également permis de pointer plusieurs sujets de tensions : l'aide à l'actif, l'usage des produits phytosanitaires, la place du bio, la qualité du conventionnel, le stockage de l'eau, le niveau d'ambition de l'écho-schème à adopter dans le cadre de la réforme de la PAC ou encore le plafonnement des aides. Le ministère de l'Agriculture dévoilera d'ici le 7 avril, un document public présentant ses conclusions vis-à-vis du débat.

Le monde de l'élevage breton se résout à tourner le dos à l'élevage intensif

Alors que 600 à 700 jeunes agriculteurs s'installent en Bretagne (principalement dans l'élevage), 2.000 exploitants partent à la retraite ou changent d'orientation professionnelle. Fin 2020, André Sergent, à la tête de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, a présenté un plan stratégique à cinq ans. L'objectif est de changer de modèle afin de stopper l'hémorragie d'agriculteurs et éviter que la France ne devienne encore plus dépendante des productions étrangères. La chambre régionale d'agriculture de Bretagne veut un modèle plus vertueux et moins productiviste. Si la FNSEA reste plutôt silencieuse sur ce changement de modèle, la Confédération paysanne veut des actes forts. Les nouvelles technologies pourraient aider à transformer le modèle agricole en aidant à produire plus et mieux.

2020, année record d'investissements dans l'agritech et la foodtech

Selon, le cabinet mondial de conseil en stratégie Kearney, les investissements du secteur privé dans l'agritech et la foodtech ont fortement augmenté l'an dernier au niveau mondial, faisant de 2020 une année record pour les startups. Il présage que ces investissements vont se poursuivre en 2021, du fait « d'une insécurité alimentaire croissante ». « Les villes seront au centre de nombreuses initiatives, en particulier à mesure que les chaînes de valeur en tension nécessiteront de rapprocher les approvisionnements alimentaires des zones urbaines », note le cabinet. « Les investissements vont également croître dans les technologies d'automatisation en raison des problématiques de main d'oeuvre dues à la crise sanitaire », projette-t-il. Des pays adoptent de plus en plus des politiques de stimulation de la production agricole nationale telles que le développement de l'agriculture verticale ou de la robotisation des exploitations. Le cabinet cite notamment Singapour, le Japon, la Grande-Bretagne, ou encore les Emirats arabes unis.

Europe : petite hausse du prix du lait pour le 6e mois consécutif

D'après le réseau LTO Nederland et European dairy farmers, le prix moyen du lait standard en Europe s'est hissé à 333.7 euros/t en novembre 2020, marquant une hausse de 1,1 euro/t par rapport au mois précédent. C'est le 6e mois consécutif où une petite hausse du prix du lait est constatée. Comparé à novembre 2019, le prix moyen est toutefois inférieur de 5,7 euros/t. Les premières estimations annuelles du réseau LTO indiquent un prix moyen européen de 330,1 euros/t pour 2020 (-7 euros/t par rapport à 2019).

Forte augmentation de la productivité des truies en cinq ans en France

D'après les dernières données du consortium GT-porc collectées par l'Ifip, la productivité des truies en France est passée de 11,7 à 12,5 porcelets sevrés par portée entre 2015 et 2019. Soit une augmentation de 0,8 porcelet en cinq ans. Cette augmentation s'explique par une forte progression des nés totaux (de 14,7 à 15,8 par portée), et des nés vifs (de 13,6 à 14,6). La meilleure prolificité des truies s'est toutefois accompagnée d'une croissance des pertes à la naissance et en cours de lactation. La mise en place d'outils de collecte des données permet des actions correctives efficaces pour limiter la progression des pertes de porcelets, tout comme l'organisation de la main-d'oeuvre. Les groupements ont lancé des actions d'accompagnement de leurs adhérents pour cerner les causes de ces pertes.

Porcelets : des disponibilités mesurées en France et en Allemagne

Si un manque d'offre se fait sentir sur le marché français des porcelets, les prix évoluent peu. Ils gagnent seulement 1 centime pour les laitons de 8 kg et restent stables pour les porcelets de 25 kg. En Allemagne, l'offre de porcelets devrait aussi être mesurée cette année. Début 2021, les engraisseurs et éleveurs de truies vont devoir composer avec de nouvelles réglementations (interdiction de la castration des porcelets sous anesthésie, suppression généralisée du système de cageots). Selon l'agence Ami, l'offre devrait se replier au cours des prochains mois. La demande pourrait augmenter si le pays venait à bout de la pandémie de la Covid-19. Les prix devraient alors être plus fermes à partir du deuxième trimestre.

Porc : les résultats économiques surpassent les autres filières en 2019

Selon le service de la statistique publique (SSP) qui a publié une analyse des données du RICA (Réseau d'Information Comptable Agricole) de l'année 2019, le RCAI (Résultat Courant Avant Impôt) par actif non salarié en France s'est établi à 89.785 euros et a été multiplié par plus de 3,5 par rapport à 2018. Le RCAI dépasse ainsi celui des autres orientations telles que les cultures hors céréales-oléo protéagineux (46.499 euros), la volaille (31.126 euros) ou encore les bovins viande (15.997 euros). « Les exploitations porcines affichent, comme en 2018, le plus haut niveau d'investissement (60.940 euros) en 2019 » indique l'Ifip. Des investissements qui ont surtout été utilisés sur les bâtiments. Si l'endettement des élevages porcins diminue en 2019 et atteint 437.400 euros (- 5,4% en un an), il reste le taux le plus élevé des filières agricoles.

Lancement d'un programme international pour prévenir les zoonoses

L'initiative Prezode (« PREventing ZOonotic Diseases Emergence »), visant à prévenir les risques d'émergences zoonotiques et de pandémies, a officiellement lancée le 11 janvier à l'occasion du sommet international One Planet. Placée sous l'égide de la France et rassemblant déjà plus d'un millier de chercheurs répartis dans 50 pays, cette initiative combinera des projets de recherche et des actions opérationnelles à l'international. Le programme devrait être opérationnel en 2022.