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Lettre d'information Agricole du 1er mars 2021

Publié le 01 mars 2021

Filière agroalimentaire : Macron cherche toujours comment mieux répartir la valeur

Fin 2020, Serge Papin a été missionné par le ministre de l'Agriculture pour aller plus loin sur la loi Egalim. L'objectif, améliorer la répartition de la valeur dans la chaîne agroalimentaire. Il a formulé trois recommandations qui ébauchent celles du rapport qu'il rendra au ministre de l'Agriculture en avril prochain pour rendre plus efficace la loi Egalim : les indicateurs de coût de production doivent figurer dans les contrats commerciaux « quitte à aménager la LME (loi de modernisation de l'économie qui régit les négociations sur les produits de grande marque) pour rendre les indicateurs incontournables », détaille l'ancien patron de Système U. Il faut mettre en place un outil qui permet la transparence dans les négociations avec l'intervention d'un tiers de confiance et aller vers une contractualisation pluriannuelle pour « sortir du rapport de force » dont la variable d'ajustement est les producteurs. Emmanuel Macron a assuré Serge Papin de son soutien en ce sens, et s'est dit ouvert à un passage par la loi pour accompagner ces changements.

89% des Français font confiance aux éleveurs français

D'après une enquête réalisée par Occurrence pour Interbev, 85 % des Français sont soucieux de la provenance de la viande et 89 % d'entre eux affirment que le savoir-faire des éleveurs français garantit une viande de qualité. Le sondage révèle également que 85 % des personnes interrogées affirment avoir confiance dans la traçabilité et la qualité sanitaire de la viande française. Enfin, pour neuf français sur dix, la viande fait partie des aliments qu'ils prennent plaisir à manger.

Agriculture : lancement du fonds Agri Impact

Le 10 février 2021, la fondation Avril et le fonds d'investissement Citizen Capital ont annoncé la création du fonds Agri Impact. Doté de 30 millions d'euros, ce fonds a pour objectif d'accompagner les projets de diversification d'activité des agriculteurs au service de la transition agricole. Agri Impact aura pour mission principale de renforcer les fonds propres des projets générateurs de revenus complémentaires pour les agriculteurs en suivant trois axes principaux : la transformation alimentaire, les circuits courts et la production d'énergie renouvelable. Agri Impact interviendra sur les différents projets en position d'investisseur minoritaire. Le fonds réalisera des investissements unitaires allant de 300.000 euros à 3 millions d'euros en fonds propres et quasi-fonds propres. Citizen Capital aura en charge la direction du fonds Agri Impact, tandis que l'équipe de la fondation Avril s'occupera de la première sélection des opportunités d'investissement, ainsi que du suivi et de la gestion des impacts.

Europe : moins de brebis laitières

Selon FranceAgriMer, l'Europe comptait 24,5 millions de brebis fin 2019, un chiffre en baisse de 2,2 % par rapport à l'année précédent. Cette tendance à la baisse se retrouve dans la plupart des pays : -6,7 % en Grèce, -3,9 % en Italie et -4,1 % en Espagne. En Roumanie en revanche, premier troupeau européen en nombre, l'effectif de brebis a progressé de 2 %, tandis qu'en France la hausse était de 3,1 %.

Viande porcine : la production française progresse de 1 % en 2020

En 2020, la production de porc a légèrement progressé en France. Selon FranceAgriMer, le poids d'abattage continue d'augmenter passant de 93,5 à 94,4 kg. Conséquences, les abattages ont reculé en têtes (-0,6 %) mais ont progressé en volume (+0,4 %). La production porcine française s'établit ainsi à 2,29 millions de tonnes équivalent carcasse (tec), soit une hausse de 1,0 %. La France conserve la troisième place du podium des plus grands producteurs européens derrière l'Allemagne (5 millions de tec, en recul de 3,5 %) et l'Espagne (5 millions de tec, en progression de 7,7 %). Depuis 2010, les abattages ont baissé de 4,3% soit environ 1 million de porcs en moins abattus.

Négociations commerciales : les éleveurs de porcs « pris en tenailles », selon la FNP

Alors que les négociations commerciales s'achèvent prochainement, la Fédération nationale porcine (FNP) reproche aux industriels de la transformation et à la grande distribution de ne pas tenir compte de l'augmentation des coûts de production des producteurs de porc. « En pleines négociations commerciales à l'aval, les éleveurs de porcs sont pris en tenailles avec la flambée du prix des matières premières ! dénonce la FNP dans un communiqué de presse diffusé ce 24 février 2021. Le prix de l'alimentation des animaux d'élevage est en forte hausse depuis fin 2020. » Selon l'association spécialisée de la FNSEA, l'indice du coût des matières premières utilisées pour alimenter les porcs a progressé de « 16 % en deux mois », passant de « 245 à 285 euros la tonne », selon les chiffres de l'Insee.

Porc : hausse de 12,95 % des envois européens vers les pays tiers en 2020

Le Marché du porc breton (MPB) rapporte une hausse des exportations de viandes et produits porcins de l'Union européenne vers les pays tiers en 2020 (+12,95 %, soit +6,3 millions de tonnes). Sans surprise, les ventes vers la Chine ont bondi de plus de 1 million de tonnes sur les 12 mois 2020, soit une progression de 45,2 % et une part de marché de 53 %. En revanche, les envois vers les autres grandes destinations affichent tous des baisses, à l'exception de Hong Kong et du Vietnam. Ces deux pays asiatiques, sévèrement touchés par la peste porcine africaine dès le début de 2019, ont vu leur cheptel porcin décimé par la maladie. Si globalement les ventes vers les Philippines ont reculé en 2020 par rapport à 2019, dès juillet, un retournement de tendance a été constaté car les exportations ont progressivement augmenté pour atteindre les 21.450 tonnes au mois de décembre.

Le confinement de 2020 a profité à la consommation à domicile de poulet

Selon des données délivrées par Kantar Worldpanel, la viande de volaille a été très sollicitée par les ménages français en 2020, puisque leurs achats se sont affichés en hausse de 9,7 % par rapport à l'année précédente. Dans le détail, ce sont surtout les découpes de poulet (+16,5 %) qui ont tiré les volumes, notamment l'escalope qui a bénéficié d'une envolée de 20,3 %. Le poulet PAC n'a progressé que légèrement (1,7 %). Si les achats ont progressé dans une moindre mesure en dinde (+3,6 %) et en canard (+4,2 %), le canard entier et le filet de canard ont accusé des reculs respectifs de 8,9 % et 1,8 %. La pintade pâtit toujours d'un manque de demande (-5,4 % en un an).