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Lettre d'information Agricole du 29 mars 2021

Publié le 29 mars 2021

L'Europe veut stimuler la production biologique

La Commission européenne a présenté le 25 mars un plan d'action pour le développement de la production biologique. Son objectif général est de stimuler la production et la consommation de produits biologiques, de porter à 25% la surface agricole consacrée à l'agriculture biologique d'ici à 2030, ainsi que de développer de manière significative l'aquaculture biologique. 23 actions articulées autour de trois axes sont proposées : encourager la consommation, accroître la production et continuer d'améliorer la durabilité du secteur afin d'assurer une croissance équilibrée du secteur.

Réforme de la PAC : la peur des éleveurs bovins français d'être rayés de la carte

La France travaille actuellement sur son plan stratégique national (PSN), sa déclinaison de la future PAC qu'elle doit présenter en juin à la Commission européenne, à l'instar de ses voisins de l'UE. Un exercice complexe, sachant que le cadre général est toujours en train d'être négocié à Bruxelles. Le pays est le premier bénéficiaire des subventions européennes à l'agriculture : plus de neuf milliards d'euros par an, dont un milliard d'aides dites « couplées », c'est-à-dire liées à la production de certains végétaux ou de certains animaux pour lesquels un soutien spécifique est jugé nécessaire. Aujourd'hui, plus de 80 % des aides couplées bénéficient à l'élevage. Mais cette proportion pourrait diminuer. Le ministère de l'Agriculture suggère en effet de doubler les aides aux productions végétales (légumineuses, soja notamment) « en cohérence avec la stratégie » de développer la production française de protéines végétales, pour réduire la dépendance au soja importé, notamment du Brésil. Le montant global des aides couplées étant plafonné, « il est proposé un scénario de baisse de 16,5 % des aides couplées animales ». Le ministère envisage aussi de revoir les modalités de calcul de ces subventions, en fusionnant les enveloppes destinées aux vaches laitières et vaches allaitantes (races à viande type Charolaise, Limousine, Salers...). Selon la Confédération paysanne, « cette mesure viendrait achever » les éleveurs de bovins allaitants « déjà en pleine crise de revenus ». Des calculs de la Fédération nationale bovine (FNB), branche spécialisée de la FNSEA, avancent en effet une baisse de 250 millions d'euros pour les aides spécifiques à l'élevage bovin allaitant.

Vers l'harmonisation des règles sur le biocontrôle ?

Dans le cadre du dernier Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE, organisé le 22 mars, les participants se sont accordés sur un projet d'harmonisation de la réglementation européenne en matière d'utilisation des agents de lutte biologique comme alternative à l'usage des produits phytosanitaires. À cette fin, une étude concernant « l'importation, l'évaluation, la production et la commercialisation d'agents de lutte biologique » à l'échelle de l'UE devrait être réalisée prochainement par la Commission européenne.

Entrée en vigueur des nouvelles règles sur la transparence en matière d'évaluation des risques

Le règlement 2019/1381 du 20 juin 2019 relatif à la transparence et à la pérennité de l'évaluation des risques de l'Union dans la chaîne alimentaire est entré en application ce 27 mars. Il viendra notamment renforcer la capacité de l'Efsa à mener ses travaux d'évaluation du risque, conformément aux normes de transparence les plus élevées. Ce règlement permettra de renforcer encore davantage la fiabilité et la transparence des études scientifiques soumises à l'Efsa et de consolider la gouvernance de l'Autorité pour garantir sa durabilité à long terme. Entre autres initiatives visant à soutenir la mise en œuvre du règlement, l'Efsa a déployé de nouveaux outils et un portail Web dédié pour aider les parties prenantes à s'adapter à ces nouvelles dispositions. Ce nouveau portail sera en ligne à partir du 30 mars.

D'ici 2030, décroissance pour la viande, pas pour la volaille

La Commission européenne a publié ses perspectives pour la prochaine décennie. Après des années de croissance, la production de viande devrait se tasser en 2030, pour se retrouver 2,3 % sous son niveau de 2020, alors que la durabilité s'impose dans les politiques et la société. La consommation devrait aussi évoluer. Entre les nouvelles habitudes (flexitarisme, voire véganisme) et une population vieillissante, qui a tendance à consommer moins de protéines, elle devrait passer de 68,7 kg par habitant en 2020 à 67,6 kg en 2030. Côté production, la tendance est aussi à la baisse : -8,3 % en dix ans pour la viande bovine, -4,6 % pour la viande porcine. La viande ovine pourrait en revanche se maintenir. Les exportations de bovins vifs devraient se tarir avec la prise en compte du bien-être animal, au bénéfice de celles de viande bovine, notamment vers le Moyen-Orient et l'Asie du Sud-Est. Si l'Union européenne doit rester leader pour l'export de viande porcine (38 % du marché mondial), les envois ne devraient plus progresser. Côté prix, la tendance devrait être à un tassement en viande bovine dans les prochaines années, sous l'effet de fortes disponibilités en Amérique du Nord comme du Sud, puis d'un raffermissement par la suite. Tout laisse à penser que le marché du porc devrait rester déprimé à court terme, avant de se ressaisir sous l'effet d'une baisse de l'offre pour atteindre environ 1600 euros/t en 2030. La volaille est la seule catégorie attendue en croissance, avec une production qui pourrait progresser de 4,6 % en dix ans, soit 620.000 tonnes supplémentaires, notamment grâce à des investissements importants qui tablent sur les coûts de production avantageux en Europe de l'Est et des prix en hausse. Comme le consommateur perçoit la volaille comme un produit sain, la demande intérieure devrait rester bien orientée, et atteindre 24,6 kg par habitant en 2030, 1,2 kg de plus qu'en 2020. Les échanges internationaux devraient rester dynamiques. L'Europe devrait continuer d'importer des filets, et exporter les morceaux les moins demandés (comme les ailes vers l'Asie par exemple). Mais la concurrence avec le Brésil est attendue féroce et l'Union pourrait perdre des parts de marché (de 16,2 % du marché mondial en 2020 à 15 % en 2030).

Porc : le cheptel de l'UE en hausse de 2% en décembre

En décembre 2020, le cheptel porcin de l'Union européenne à 27 a augmenté de 2% sur un an, à 146,1 millions de têtes, d'après les données Eurostat. L'Espagne (+5%), le Danemark (+5%) et la Pologne (+5%) enregistrent les plus fortes croissances. L'Allemagne voit son cheptel reculer de 65.000 porcs par an en raison notamment de la peste porcine africaine dans le pays. Cette tendance à la baisse avait déjà été entamée plusieurs années aupravant en raison des réglementations de plus en plus strictes pour les élevages porcins. Au Pays-Bas, la chute est plus prononcée (-3% de 383.000 têtes). La politique gouvernementale inciterait à l'abandon des élevages porcins. Le pays accuse d'ailleurs la plus forte baisse de cheptel de truies (-12%) suivi de l'Allemagne (- 5%).

Porc : la longe reste très sollicitée par les ménages en janvier

Les ménages français ont plébiscité la viande de porc en janvier. Les achats de porc frais pour une consommation à domicile ont ainsi grimpé de 6,6% en un mois selon les données de FranceAgriMer Kantar Worldpanel. Ils ont notamment été portés par l'augmentation des volumes en longe (+9,4% en un mois). Sur un an, les achats de longe affichent une très forte croissance de 50,5%, d'autant plus que le prix moyen d'achat était en baisse de 3,8%. Les charcuteries enregistrent des hausses de 4,1% en jambon cuit, +17,2% en lardon, poitrine et bacon, +1,2% en pâtés, +2,4% en saucisses à pâte fine, +17,9% en saucissons secs et salami. Seul le jambon cru/sec recule de 1% sur un an.

Dernier point sur la situation sur l'influenza aviaire en France

À la date du 22 mars, la France comptait 488 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) en élevage, soit un de plus qu'au 19 mars. Selon le point de situation du ministère de l'Agriculture, 474 foyers ont été confirmés dans le Sud-ouest et 14 foyers hors Sud-ouest. Le nombre de cas dans la faune sauvage reste au nombre de 16.