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Lettre d'information Agricole du 9 avril 2018

Publié le 09 avril 2018

Baisse des prix des produits agricoles à la production de 1,7% sur un an 

D'après une note Agreste, en février 2018, les prix français à la production de l'ensemble des produits agricoles étaient quasiment stables par rapport au mois précédent. Comparés à 2017, ceux-ci s'affichent en revanche en baisse de 1,7% mais demeurent nettement au-dessus de ceux de 2016, particulièrement bas. En cause surtout, le repli des cours des grandes cultures, des légumes et des porcs. De leur côté, les prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées se sont accrus sur un an (+0,8%), sous l'effet essentiellement de la hausse des prix des fruits, des produits laitiers-œufs et des viandes, en particulier de la viande de bœuf.

Les agriculteurs ont de plus en plus recours à des sociétés agricoles pour acheter des terres 

Selon Terres d'Europe-Scafr, l'achat de foncier au moment de l'installation ou pour agrandir des structures existantes se fait de plus en plus par l'intermédiaire de sociétés agricoles, celles-ci permettant entre autres l'apport de capitaux extérieurs à l'agriculture. En 2016, pour installer un nouvel exploitant ou agrandir une structure déjà en place, 262.000 ha ont été achetés à travers des parts sociales, 130.000 ha par des agriculteurs et 71.000 ha par des apporteurs de capitaux. En 20 ans, la part des sociétés agricoles dans l'acquisition de terres est ainsi passée de 3,5 à 10% en nombre et de 10 à 30% en valeur. Dans le détail, les autres sociétés et les SCEA représentent un peu plus de la moitié des achats de foncier en valeur (28 et 24% respectivement), les EARL 18%, les SA et SARL 16% et les Gaec 14%. Concernant les apporteurs de capitaux, il s'agit principalement de personnes morales non issues du milieu (64 % des acquisitions en 2016), les groupements fonciers agricoles (GFA), les SCI agricoles, les groupements fonciers ruraux (GFR) et les autres sociétés de portage étant beaucoup moins présents : 20, 12, 3 et 1 % des achats.

Plan « ambition bio » : Le gouvernement prévoit 1,1 milliard d'euros dédié à l'agriculture bio

Afin de permettre à l'agriculture française de mieux répondre à l'explosion de la demande en produits bio, le gouvernement a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 1,1 milliard d'euros dans les cinq ans. Revendiquant une augmentation de 62% de l'enveloppe par rapport au précédent plan ambition bio, le gouvernement espère faire passer de 6,5 à 15% les terres cultivées en bio d'ici la fin du quinquennat. Dans le détail, cette enveloppe de 1,1 milliard de financements publics exclusivement consacrés à la conversion, se compose de 630 millions d'euros d'aides européennes, les fonds Feader (fonds européen agricole pour le développement rural), de 200 millions de cofinancement de l'État, complétés d'autres financements publics, en provenance principalement des agences de l'eau.

Taxe d'apprentissage : les exonérations sectorielles vont être supprimées 

Le projet de loi « avenir professionnel », qui réforme notamment le financement de la formation, va supprimer les exonérations de taxe d'apprentissage dont bénéficient certains secteurs d'activité comme le secteur agricole. Selon le cabinet de la ministre du travail Muriel Pénicaud, cette décision serait justifiée par un risque de censure constitutionnelle. Pour que ce soit absorbable par les secteurs concernés, leur suppression va être étalée dans le temps, entre 2020 et 2024. Pour tenir l'engagement de non-augmentation des prélèvements obligatoires des entreprises, le taux de contribution, formation et apprentissage compris, va par contre reculer d'ici 2024 : de 1,23% à 0,99% pour les TPE (jusqu'à 10 salariés), de 1,68% à 1,56% pour les PME (11 à 249 salariés). Il restera à 1,68% pour les autres entreprises. Une exonération de taxe d'apprentissage sera toutefois maintenue, pour les TPE qui emploient un apprenti.

La Fnab et l'OP Lait bio de France veulent plus de lait bio 

Malgré un accroissement de la production de lait biologique prévu au printemps 2018, la Fnab (Fédération nationale d'agriculture biologique) et l'OP Lait bio de France estiment que l'offre est encore insuffisante. Ils affirment en effet, en s'appuyant sur les données de FranceAgriMer que la demande des consommateurs continue de progresser. « La Fnab et Lait Bio de France restent confiants quant à la dynamique de la demande et redoutent même qu'elle ne soit pas satisfaite malgré l'augmentation de la production laitière bio en 2018. C'est un mouvement de fond en phase de démarrage, qui doit être poussé par une communication positive sur les produits bio. » Ils appellent alors les éleveurs à la conversion de leurs troupeaux et insistent pour qu'ils soient accompagnés d'un appui technique. Ils interpellent néanmoins : « dans un tel contexte, nous resterons vigilants à ce que les producteurs ne soient pas la variable d'ajustement des industriels et des distributeurs. »

France : baisse des ventes de produits laitiers frais en 2017 

En 2017, le marché des produits laitiers frais a reculé de 1,9% en valeur (pour atteindre 4,5 milliards d'euros) et de 2,6% en volume (pour atteindre 1,8 million de tonnes), en hypermarchés, supermarchés, EDMP (ex-hard discount) et drive, a indiqué Jérôme Servières, président de Syndifrais, syndicat des produits laitiers frais. « Cependant, l'ultra-frais laitier maintient une position forte en grande distribution et représente 26,5% du marché des produits laitiers en valeur et 31,8% du marché des produits laitiers en volume », a-t-il poursuivi.

La France bien placée au niveau européen pour la réduction des antibiotiques vétérinaires 

Avec 70,2 mg d'antibiotique utilisé par kg d'animal (PCU), la France se situe deux fois en dessous de la moyenne européenne en 2015, la dernière année prise en compte par l'Esvac, l'agence européenne de surveillance de la consommation d'antimicrobiens à usage vétérinaire. Elle souligne que la diminution importante en France des antimicrobiens utilisés pour les animaux de rente est le résultat d'une action collective pour la mise en œuvre du plan d'action Ecoantibio. La palme de l'utilisation raisonnée des antibiotiques revient à la Norvège (2,5 mg/PCU) et à l'Islande (5 mg/PCU). À l'opposé, on retrouve l'Italie (322 mg/CPU), l'Espagne (402 mg/CPU) et la Hongrie (434,2 mg/CPU).

Le déficit commercial de la volaille se creuse encore 

Deuxième producteur européen de volailles, la France affiche un commerce extérieur négatif de 65.000 tec en volume et de 192 millions d'euros en valeur, pour la seconde année consécutive. De plus, ce déficit augmente du fait d'une baisse des exportations de 20 millions d'euros vers les pays tiers qui n'est pas compensée par la hausse de 1,3 millions d'euros vers l'UE. Et surtout, la valeur des importations de l'UE croit de 50 millions d'euros. En 2017, 68% des volumes produits sont du poulet, puis à 19,4% de la dinde, à 10,4% du canard, et à 1,9 % de la. Si la consommation globale est restée stable, en revanche elle a augmenté de 4,7% en poulet et baissé de 10 à 13% pour les autres espèces. Les 22.000 tec d'abattages supplémentaires de poulets n'ont pas suffi à répondre à la demande intérieure et les importations de poulet ont progressé de 23.000 tec. Ce qui veut dire qu'un tiers de la progression du poulet profite aux importations. Celles-ci sont à 96% d'origine européenne. Enfin, côte consommation, alors que les achats de volailles par les ménages sont restés stables l'an dernier, les ménages se tournent vers plus de découpe crue (+2,3% en tonnage) et plus de produits élaborés (+ 3,4%), au détriment du poulet Pac (-4,7%), de la dinde (-3,3%), du canard (-6,2%), de la pintade (-4,6%).