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Lettre d'information Agricole du 2 juillet 2018

Publié le 02 juillet 2018

L'Hémicycle adopte une résolution pour le maintien du budget Pac 

Après le Sénat le 6 juin, l'Assemblée nationale a adopté jeudi 28 juin à l'unanimité une proposition de résolution européenne appelant à maintenir le budget de la Pac et à sauvegarder cette politique au centre du projet européen. 

En Bretagne, Emmanuel Macron promeut la montée en gamme 

En déplacement deux jours dans les Côtes d'Armor et le Finistère, le président de la République Emmanuel Macron a notamment rappelé la nécessité pour la filière alimentaire française « de monter en gamme ». La France doit répondre aux nouvelles exigences de consommateurs en matière de produits issus de l'agriculture biologique, des produits que la France importe à hauteur de 1 milliard d’euros par an. Il n'est pas plus acceptable, a-t-il précisé, de voir la France importer 6 milliards d’euros de produits carnés transformés par an. Aussi plaide-t-il pour la transformation des filières françaises. Il y aura une réunion à ce sujet avec l'ensemble des représentants du secteur en juillet. Il a rappelé qu'il allait mettre en œuvre « un grand plan d'investissement agricole de 5 milliards d’euros pour accompagner les producteurs et les transformateurs sur cette voie ». « Nous devons ouvrir des abattoirs de nouvelle génération prenant en compte les nouvelles normes de production et de bien-être animal, et améliorer les outils de première et seconde transformation, notamment en porc » 

France : le nombre d'exploitations agricoles baisse moins rapidement

Selon Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture, le nombre d'exploitations agricoles en France a continué à baisser entre 2010 et 2016, à un rythme annuel toutefois plus faible que lors de la décennie précédente. La France métropolitaine comptait en 2016 un peu moins de 440.000 exploitations agricoles, soit 11% de moins que lors de leur dernier recensement en 2010, mais leur surface était supérieure. Le recul du nombre d'exploitations agricoles entre 2010 et 2016 s'est cependant déroulé à un rythme ralenti par rapport à la décennie précédente : -1,9% par an contre -3% entre 2000 et 2010. La baisse du nombre d'exploitations est plus marquée pour les filières d'élevage où elle atteint -15%, et notamment dans les élevages de bovins mixte lait et viande (-34%) ou en porcins et volailles (-26%). Moins nombreuses, les exploitations s'agrandissent. En 2016, une exploitation agricole disposait en moyenne de 63 hectares, soit 7 hectares de plus qu'en 2010 et 20 de plus qu'en 2000. 

Des entreprises collaborent pour un projet de collecte de données d'élevage 

Les adhérents du consortium d'entreprises spécialisées en nutrition animale CCPA se sont rassemblés autour d'un projet collaboratif de collecte de données d'élevage porté par la start-up nantaise CaptaPlus. Les entreprises concernées sont Altitude, Arterris, Terrena, Triskalia, Unéal, Unicor et le Groupe Avril (Sanders et MixScience). CaptaPlus propose un système capable de collecter des données d'élevage pluri-espèces en temps réel via des boîtiers installés sur place. Ce service permettra d'analyser et d'interpréter les données afin de proposer aux éleveurs de nouveaux accompagnements adaptés à leurs problématiques : suivi et pilotage des performances, confort de travail, bien-être des animaux, etc. 

Boeuf français : signature d'un protocole d'accord avec la Chine 

Le Premier Ministre Édouard Philippe et son homologue chinois Li Keqiang ont signé hier un protocole d'accord sur la commercialisation de viande bovine française, interdite en Chine depuis 2001 suite à la crise de la vache folle. Ce protocole d'accord est complété par un protocole pour l'exportation de semence bovine française, des agréments pour deux abattoirs porcins (Bigard et Tradival) et deux établissements de lait infantile (Baby Drink et Candia). L'accord sur le bœuf porte sur la viande bovine désossée de moins de 30 mois et permettra l'expédition de bœuf français vers la Chine dès septembre prochain. 

Porc : la filière se voit deux avenirs 

À l'occasion de l'assemblée nationale de la Fédération nationale porcine (FNP), son président, Paul Auffray, a rappelé vouloir faire avancer la filière sur deux jambes : « un volet compétitivité et un volet montée en gamme ». Dans un contexte post-États-généraux de l'alimentation (EGA), après l'élaboration de son plan de filière, il a été question de projets collectifs pour redynamiser la filière porcine. En préambule d'une table-ronde sur ce sujet, Mickaël Guilloux, secrétaire général de la FNP, a dressé l'état des lieux de la filière française, de son « déclin depuis 15 ans, avec un recul de la production de 10% ». Deux défis se posent alors : le renouvellement des générations et l'attractivité du métier ; et la compétitivité des différents maillons de la filière, à améliorer tout en montant en gamme. Claire Chambolle, économiste à l'Inra, a encouragé les producteurs à se regrouper pour peser plus lourd. À l'inverse, le député Frédéric Descrozailles (LREM) a averti que « les attentes sociétales ne sont pas compatibles avec d'énormes metteurs sur le marché », et encouragé à créer une segmentation par les marques. Le discours de clôture du président de la FNP reflétait son inquiétude. « La situation financière des éleveurs de porcs reste fragile, a-t-il souligné. Face à un contexte économique impitoyable et à une montée en puissance des demandes sociétales, nous devons retrouver les vertus du collectif. » 

Nouveau guide de bonnes pratiques de biosécurité pour le transport des porcs 

L'IFIP (Institut du porc) et l'ANSP (Association nationale sanitaire porcine) ont publié un guide de bonnes pratiques de biosécurité pour le transport des porcs vivants. Ce guide décrit les mesures de biosécurité conseillées pour toutes les étapes du transport des animaux : organisation des tournées, chargement à l'élevage, déchargement à l'abattoir et nettoyage-désinfection des camions. 

Aviculture : 2017, année de transition 

D’après les résultats de l’enquête avicole annuelle réalisée par les chambres d’agriculture du Grand Ouest, une stabilisation des marges apparaît dans presque toutes les productions en 2017. Avec une moyenne de 36,56 euros/m²/an, le poulet standard a connu une légère amélioration, tandis que le poulet lourd sexé, habituellement en tête du classement, a vu sa marge baisser (36,79 euros /m²/an). Le poulet export a quant à lui assuré ses marges (en moyenne 38,20 euros /m²/an) grâce à une forte productivité. Si les résultats des producteurs de volailles se sont maintenus en 2017, l’affaire Doux et la restructuration de la filière grand export vers le marché national inquiètent et laissent craindre une diminution des volumes vers le grand export.