actualités

Lettre d'information Agricole du 29 octobre 2018

Publié le 29 octobre 2018

Loi agriculture et alimentation : un quart des articles censurés par le Conseil constitutionnel 

Le 25 octobre, le Conseil constitutionnel a annoncé qu'il censurait près d'un quart des articles de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, au motif qu'ils sortaient du cadre du projet de loi adopté par les parlementaires le 2 octobre. Parmi ces propositions, l'étiquetage sur la provenance géographique du vin et du miel, la définition de la notion d'agriculture de groupe ou l'éducation à la préservation de la biodiversité dans l'enseignement agricole ont par exemple été retoqués. Aucun article majeur de la loi n'est en revanche concerné par la censure. 

Future Pac : la principale rapporteure du Parlement européen propose de reporter la réforme à 2023 

Le 21 octobre, Esther Herranz Garcia, la principale rapporteure du Parlement européen sur le volet des propositions de la Commission européenne pour la future Pac, a préconisé de reporter l'entrée en application de la prochaine réforme à 2023. Sur le fond, elle souhaite en effet un renforcement des éléments communs de la Pac avec un minimum de 70% des paiements directs alloués au soutien du revenu de base. Elle a par ailleurs émis d'autres suggestions : rendre obligatoire le plafonnement des aides, avec une certaine marge de manœuvre pour les Etats membres, supprimer l'outil pour la durabilité des nutriments dans le cadre de la nouvelle conditionnalité renforcée, exempter les agriculteurs bio de contrôle de cette conditionnalité ou encore maintenir des soutiens couplés à leur niveau actuel (13 % + 2 %). 

Travailleurs saisonniers : un compromis trouvé in extremis

Le 23 octobre, juste avant le début de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale dans l'Hémicycle, la majorité parlementaire a réussi à obtenir la modification de la disposition concernant les travailleurs saisonniers. La majorité a en effet convaincu l'exécutif de modifier cette disposition du budget de la Sécurité sociale. Ces emplois bénéficieront donc encore d'exonérations de charges patronales spécifiques pendant deux ans, avec un allègement maximum jusqu'à 1,15 SMIC. Par ailleurs, le renforcement des allègements généraux au niveau du SMIC, qui doit intervenir en octobre pour l'ensemble des employeurs, est avancé à janvier dans l'agriculture. 

France : la collecte laitière française donne de sérieux signes d'essoufflement 

D'après FranceAgriMer, la collecte laitière française donne de sérieux signes d'essoufflement. Alors que la production est censée repartir rapidement à la hausse à cette période, les volumes s'affichent sous leur niveau de l'an dernier (-3,9% en semaine 39 et -3,1% en semaine 40). Cette collecte en berne, également constatée dans les pays du nord et de l'est de l'Europe, semble par ailleurs limiter l'érosion des cours sur le marché laitier. 

Allègement des mesures de prévention de la PPA 

Sur la base des recommandations des experts européens et après concertation avec les autorités belges, Didier Guillaume, nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, a décidé de réduire les zones réglementées au titre de la prévention de la peste porcine africaine (PPA). Ainsi depuis le 20 octobre, la zone d'observation renforcée est réduite à 53 communes des départements des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle. La zone d'observation, elle, n'inclut désormais plus le département de la Moselle et compte 60 communes. 

La filière viande, en crise, tente de se réinventer 

En cinq ans, la consommation française de steak et de pot-au-feu a chuté pour s'établir à 22,8 kg par an et par Français en 2017, au lieu de 24,4 kg en 2012 (Statistiques de l'Institut de l'Élevage). C'est ainsi qu'à l'occasion du Sial, la filière bovine française, dont 15% de la production est exportée, a souhaité lutter contre ce désamour. La filière viande parie donc sur le Sial pour promouvoir le « french beef, a taste of terroirs », son nouveau slogan. Elle mise notamment sur la viande maturée à la texture tendre. Une autre innovation porte sur la promotion de l'herbe et de l'élevage extensif. Plus largement, cette édition fait donc la part belle aux préoccupations environnementales, à l'exigence qualitative et au souci du bien-être animal. 

Cheptel porcin : Moins de truies 

D'après une note publiée par le ministère de l'Agriculture, le cheptel porcin a reculé de 2% en France entre mai 2018 et mai 2017 pour arriver à 13 millions de porcs. Dans le détail, la baisse impacte l'ensemble des catégories, à l'exception des jeunes porcs (+2,4%). Le cheptel de femelles reproductrices a quant à lui diminué de 1,6% par rapport à 2017. Au premier semestre de 2018, l'augmentation de 2% des abattages s'est traduit par une production porcine française en hausse de 2,1% sur un an à près de 12 millions de têtes. Sur l'année, la production devrait dépasser celle de 2017. Elle se repliera légèrement au deuxième semestre 2018, de 0,6%, et de 0,9% sur les six premiers mois de 2019 du fait du repli du cheptel reproducteur. 

Volaille : le poulet résiste encore et toujours 

Dans un contexte de consommation mal orientée pour les produits carnés, les volailles semblent faire exception. Ces produits ont en effet connu une hausse des volumes de 4% et de près de 3% en valeur, en CAM au 1er juillet 2018, selon Iri. Le poids lourd de la catégorie, le poulet, enregistre toujours des évolutions positives. Selon Iri, la découpe de poulet reste dynamique avec un gain de volume, surtout sur les escalopes (+10,1% en volume, en CAM au 1er août 2018) et sur les cuisses (+2,2%), alors que les pièces entières sont, elles, boudées par les consommateurs. Ces derniers sont également demandeurs de signes distinctifs de qualité et de labels.