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Lettre d'information Agricole du 11 février 2019

Publié le 11 février 2019

Commerce international : La balance agricole redevient positive 

D'après des chiffres publiés par le ministère de l'Action et des Comptes publics, les exportations de produits agricoles ont renoué avec la croissance en 2018. Après une baisse de 2,8% en 2017, liée à la mauvaise récolte de 2016, les exportations de produits agricoles ont augmenté de 7,2% en 2018, pour atteindre 14.9 milliards d'euros. Les importations ont, quant à elles, reculé de 2,7% en 2018, à 14,1 milliards après la hausse de 2,8% de 2017. La balance commerciale agricole s'améliore donc de 1.4 milliard et redevient légèrement positive à 0.8 milliard. 

Les retards des aides bio soldés « au printemps », selon E.Macron 

A l'occasion d'une réunion avec des jeunes, le président Emmanuel Macron a affirmé que les retards de versements des aides bio européennes aux paysans français au titre des années 2016 et 2017 seraient soldés « au printemps ». Les aides bio recouvrent les aides à la conversion et au maintien de l'agriculture biologique, ainsi que les MAEC (aides favorisant le développement de l'agro-écologie). Selon le ministère de l'agriculture, il reste exactement 290 millions d'euros de ces aides bio à verser, sur lesquels les agriculteurs ont d'ores et déjà touché 230 millions d'euros au titre des avances de trésorerie, ce qui fait un total de 60 millions d'euros d'argent frais à leur verser. 

Jeunes agriculteurs : Modification de la valeur du Smic

Une instruction technique du ministère de l'Agriculture en date du 5 février 2019 modifie la valeur du Smic net annuel à prendre en compte lors de la mise en oeuvre des aides à l'installation des jeunes agriculteurs. Pour les demandes d'aides déposées à compter de 2019, la valeur du Smic à prendre en compte est désormais de 14.450 euros. 

Union européenne : Le prix du lait marque le pas 

En décembre 2018, le prix du lait moyen payé aux producteurs européens a reculé de 1,4% par rapport à novembre 2018, pour s'établir à 355,60 euros/t (pour l'Union européenne à 28). Par rapport à décembre 2017, la baisse est de 5%. Parmi les principaux pays producteurs, le prix du lait a atteint en moyenne 364,70 euros/t en Allemagne, 372,50 euros/t aux Pays-Bas, et 369 euros/t en Irlande. Pour janvier, la Commission européenne anticipe un prix moyen de 352,50 euros/t, soit un léger recul de 0,9%. Côté français, le prix moyen du lait s'est affiché à 360,00 euros/t en décembre 2018, en baisse de 7,30 euros/t par rapport à novembre, mais égal à celui de décembre 2017. 

Les États membres doivent améliorer le bien-être animal durant le transport 

La commission de l'agriculture du Parlement européen a adopté le 24 janvier une résolution appelant les États membres à mieux appliquer les règles actuelles relatives à la protection des animaux au cours du transport. Les eurodéputés demandent également davantage de contrôles inopinés fondés sur les risques et des sanctions plus dures pour les contrevenants, ainsi que la création d'une nouvelle stratégie pour le bien-être animal pour la période 2020-2024. Cette résolution sera examinée par le Parlement européen dans son ensemble lors de la session plénière du 11 au 14 février à Strasbourg. 

Vers un recul de la production de veau de boucherie 

D'après les chiffres du panel Kantar publiés par FranceAgriMer, les achats des ménages en veau ont chuté de 6,6% en cumul annuel au 2 décembre malgré un prix moyen d'achat à 15,72 euros/kg, en légère baisse (-0,1%). Si le veau pâtit, comme toutes les viandes de boucherie, de l'évolution des habitudes alimentaires des Français, certains opérateurs notent que les ventes vers la restauration se tiennent bien. Pour 2019, l'Idele table sur une progression de 0,5% des poids carcasse et sur un recul des effectifs abattus de 1,2%. Ces prévisions diffèrent de celles d'Agreste, qui ne tiennent pas compte d'une partie des animaux engraissés à l'étranger et importés pour abattage. Or, si l'engraissement de veaux en France poursuit sa baisse, les importations de veaux engraissés à l'étranger progressent, notamment depuis la reprise de l'abattoir de Sarreguemines. La part d'animaux engraissés à l'étranger dans les abattages français est passée de 1% en 2017 à 3,6% en 2018. 

Hausse des contributions pour l'équarrissage dans le porc 

À la demande du collège distribution, la mise en application des accords interprofessionnels sur les contributions des éleveurs de porc au financement de l'équarrissage (CVEE) et sur la contribution aval spécifique équarrissage (CSE) se fera avec une hausse de 14 à 17 centimes d'euros par animal pour la CVEE et de 18 à 19 centimes d'euros pour la CSE, rapporte la lettre de la Fedev. 

Le porc dans l'incertitude 

Demande chinoise, évolution de la peste porcine africaine, cours des matières premières : ces paramètres influent sur la santé de la filière porcine en ce début d'année. Arrivée en Belgique, la Peste Porcine Africaine (PPA) donne des frissons à tous les acteurs de la filière. À contrario, la situation sanitaire dégradée en Chine offre aussi des opportunités. La hausse des cours des matières premières constitue un autre motif d'inquiétude pour l'amont : en novembre, la Fédération Nationale Porcine (FNSEA) évoquait des hausses jusqu'à 40 euros/tonne. Or, les cours du porc, eux, sont orientés à la baisse 1,20 euro/kg sur les dix premiers mois de 2018, soit 15% de moins que sur la même période de 2017 (1,41 euro/ kg). Enfin, à côté de tous ces facteurs conjoncturels, la filière porcine doit également composer avec des problématiques plus structurelles : la viande de porc a la particularité d'être destinée à deux marchés distincts (la viande fraîche et la charcuterie), d'où une gestion complexe de l'équilibre matière. Cette question se pose avec encore plus d'acuité sur les démarches qualitatives (bio, labels ou autres), pour lesquelles la valorisation d'un maximum de pièces est le seul gage de rentabilité. Pour sécuriser tant l'aval que l'amont, la contractualisation apparaît comme une voie rassurante.