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Lettre d'information ACS du 8 avril 2019

Publié le 08 avril 2019

Commerce extérieur : 120.000 entreprises françaises exposées au Brexit 

Selon une étude menée par les douanes, 60.000 entreprises françaises qui font du commerce avec le Royaume-Uni n'ont jamais réalisé de formalités douanières pour exporter en dehors de l'Union européenne. Alors que la perspective d'un "hard brexit" se profile, les risques de blocage pourraient s'amplifier sur l'appareil exportateur français. Sur l'ensemble des entreprises réalisant des échanges avec les britanniques, 10.000 seulement effectuent à la fois des importations et des exportations. Une très grande majorité réalise des importations (90.000) et 20.000 ne réalisent que des exportations. Parmi les entreprises exportatrices, on compte une grande majorité de PME (25.000 environ). Depuis plusieurs mois, le gouvernement multiplie donc les appels vers les entreprises pour qu'elles se préparent au scénario du pire. 

Records d'activité des PME en 2017 

D'après le Rapport 2018 de l'Observatoire des PME de Bpifrance, l'activité des PME françaises a atteint un sommet en 2017. 591.000 nouvelles entreprises ont en effet été créées en 2017, un chiffre en hausse de +7% qui retrouve les niveaux atteints en 2010. Les créations de PME et ETI ont continué d'augmenter, et ce dans tous les secteurs et dans toutes les régions de l'Hexagone. Cette hausse a été particulièrement confortée par une sinistralité en recul (55.300 défaillances enregistrées en 2017 contre 57.000 en 2008). La hausse d'activité des PME en 2017 s'est également manifestée au niveau économique puisque Bpifrance a noté un accroissement des capitaux propres et du chiffre d'affaires total des PME pour la troisième année consécutive. Seul le secteur du commerce a affiché « un recul non négligeable ». Le capital-investissement français a par ailleurs atteint des sommets inégalés depuis 20 ans : 14,3 milliards d'euros ont été investis, 2.142 entreprises financées, 16,5 milliards d'euros de fonds collectés. Autres indicateurs positifs : les PME membres d'un pôle de compétitivité ont enregistré une forte progression de leur croissance (+28% par rapport aux PME comparables non membres d'un pôle), les prêts consentis aux PME françaises ont continué de progresser (+ 3,7%) à un rythme supérieur à celui de la valeur médiane des pays de l'OCDE et les banques ont été moins exigeantes en termes de garanties. 

Financement des entreprises : 65.000 TPE françaises bénéficieront du Fonds européen d'investissement (FEI) 

Le 5 avril, la Banque Populaire, la Fédération Nationale des Socama et le Fonds européen d'investissement (FEI) ont signé un nouvel accord de contre-garantie de prêts à hauteur de deux milliards d'euros sur trois ans, dans le cadre du Plan d'Investissement pour l'Europe, ou Plan Juncker, et COSME, le programme de la Commission Européenne pour la compétitivité des petites et moyennes entreprises. Ce nouvel accord bénéficiera à plus de 65.000 Très Petites Entreprises (TPE) françaises. Avec cet accord, Banque Populaire va continuer à distribuer ses « Prêt Express Socama Européen sans caution personnelle », « Prêt Socama Création » et « Prêt Socama Transmission-reprise ». Les programmes de contre-garantie du FEI ont déjà permis à Banque Populaire et aux Socama de financer 200.000 TPE françaises pour un montant de 6 milliards d'euros. 

Délais de paiement : les retards peinent à se résorber 

Selon les chiffres de la société Altares publiés dans le rapport annuel de l'Observatoire des délais de paiement, les retards de paiement se sont stabilisés à environ 11 jours en 2018. Bien que stable, ce chiffre reste malgré tout préoccupant car le pourcentage des entreprises payant à l'heure leurs factures est tombé en 2018 de 44% à 41,8%. Dans le détail, les secteurs traditionnellement mauvais payeurs restent dans le rouge. C'est le cas de la communication et de l'information, mais aussi des transports et du bâtiment. D'après l'Observatoire, les grandes entreprises restent toujours les plus mauvais payeurs malgré les sanctions de la DGCCRF et le « Name and Shame » : au-delà de 5.000 salariés, les retards au troisième trimestre 2018 ont en effet grimpé à 15,3 jours contre 15,1 sur la même période l'an passé. 

La Banque de France lance Signaux Faibles pour aider les entreprises fragilisées 

Le 3 avril, la Banque de France et différents organismes de l'État ont déployé Signaux Faibles, un dispositif qui consiste à détecter les entreprises fragilisées pour ensuite les accompagner dans leur développement ou leur reprise d'activité. Reposant sur le traitement, par le biais d'algorithmes basés sur des mécanismes d'apprentissages, des données relatives aux entreprises, Signaux Faibles a pour objectif de détecter d'éventuelles fragilités des entreprises. Si une entreprise est identifiée, elle se voit alors proposer des solutions adaptées à ses besoins, notamment les outils du ministère du Travail sur le développement des compétences, la formation professionnelle ou la prévention des licenciements économiques. Le but étant de consolider le développement de ces entreprises ou de leur permettre de rebondir. Le déploiement national du dispositif sera achevé d'ici la fin de l'année 2019. 

Les jeunes ont l'envie d'entreprendre 

Selon une étude OpinionWay, 45% des jeunes de 16 à 25 ans souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat, soit une hausse de 9 points par rapport à l'édition de 2017. L'entrepreneuriat séduit. Il offre la perspective de ne plus subir le monde du travail. Il est perçu comme un moyen de rechercher plus de valeur et de sens. Pour 84% des répondants, la création d'entreprise est une forme d'engagement sociétal. Les étudiants placent l'écologie et la lutte contre le réchauffement climatique parmi les causes prioritaires. Viennent ensuite l'égalité hommes-femmes, l'égalité des chances et le bien-être au travail. 43% des personnes interrogées voient l'entrepreneur comme un leader et une personne passionnée. Par ailleurs, les femmes sont moins enthousiastes. Plus de la moitié d'entre elles associent l'entrepreneuriat à la prise de responsabilités et à l'autonomie. 95% d'entre elles estiment que la création d'entreprise reste difficile. Les moyens financiers (69%) et l'expérience (48%) sont les autres freins identifiés par l'étude. 

Un taux de chômage au plus bas en Bretagne 

D'après les derniers chiffres publiés par l'Insee, la conjoncture économique bretonne est favorable. Au 4ème trimestre 2018, 5.000 emplois ont en effet été créés dans la région et le taux de chômage est descendu à 7,2%, un pourcentage qui n'avait pas été atteint depuis 2010. 6.000 entreprises ont en outre été créées fin 2018 (+1,7%). Seul bémol pour la région : des perspectives en retrait pour le secteur de la construction. Le nombre de permis de construire enregistrés fin 2018 s'est affiché en baisse de 2,1%.