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Lettre d'information Agricole du 25 novembre 2019

Publié le 26 novembre 2019

Édouard Philippe plaide pour les terres agricoles 

A l'occasion de la clôture du congrès des maires le 21 novembre 2019, le Premier ministre a défendu la maîtrise de l'étalement urbain et a rappelé ses conséquences en termes de stérilisation et de mitage du foncier agricole. « L'artificialisation des sols est principalement due à la construction de logement, a indiqué Édouard Philippe. Elle augmente en France à un rythme plus élevé que celui de la population, et à un niveau supérieur à la moyenne européenne ». Pour enrayer ces problèmes, le Premier ministre a donc incité les maires, ces « premiers de corvée », à favoriser les zones de dialogue et la démocratie participative au niveau local. Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé un accroissement significatif des indemnités des maires des petites communes. 

Les chambres d'agriculture de la Bretagne vont licencier 

Dans un contexte budgétaire tendu (déficit de 1,7 million d'euros pour 2019), les chambres d'agriculture de la Bretagne ont présenté leur projet stratégique. Celui-ci propose notamment la fermeture des quatre centres de formation affectés à la formation qualifiante, en 2020. La formation continue n'est pas concernée. Certaines prestations déficitaires, notamment l'ingénierie autour des bâtiments d'élevage (permis de construire, ICPE), vont être arrêtées. Le service de la communication devrait également connaître une réduction d'effectifs, principalement pour les événements extérieurs (salons départementaux…). Sur le plan social, ce plan pourrait se traduire par « un potentiel de licenciement de 62 personnes » (sur un total de 629 salariés). Entre 2016 et 2018, la chambre régionale a perdu 8,5 millions de ressources fiscales de l'État, alors qu'elles représentent 40 % du budget de la chambre qui s'élève à 65 millions d'euros par an. 

Hausse de l'excédent agroalimentaire en septembre

En septembre 2019, l'excédent commercial agroalimentaire français a atteint 798 millions d'euros du ministère de l'Agriculture. Le solde des produits agricoles bruts redevient excédentaire à 126 millions d'euros, progressant de 98 millions d'euros sur un an, principalement sous l'effet de la croissance des exportations de céréales. Avec 672 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés augmente de 207 millions d'euros par rapport à septembre 2018 du fait du dynamisme des exportations de spiritueux et vins. 

France : en un an, le prix du lait payé aux éleveurs français a progressé

À 388,30 euros/1.000 l en septembre, le prix moyen réel payé à l'éleveur dépassait de 3,8 % son niveau de la même période de l'an dernier, selon FranceAgriMer. Un écart qui tend à se réduire, il était encore de 5 % le mois précédent. Une hausse à relier avec l'appréciation du couple beurre/poudre, estimée à +9 euros /1.000 l d'une année sur l'autre par l'Institut de l'élevage, mais aussi à la meilleure valorisation des produits de grande consommation, d'environ 15 euros /1.000 l sur neuf mois. Ce débouché absorbe 40 % de la collecte laitière française conventionnelle. La hausse du prix du lait aux éleveurs a été plus prononcée chez Bel et Savencia qui possèdent des marques nationales fortes et donc sont sortis gagnants de la loi Egalim, explique l'Idele. Tandis que pour les coopératives, qui fabriquent surtout des MDD, l'ambiance était plus compliquée puisque c'est sur ce secteur que s'est reporté la concurrence entre distributeurs. 

Didier Guillaume consolide les relations France-Chine 

Après le voyage présidentiel, Didier Guillaume est retourné en Chine à l'occasion de la 17ème foire agricole à Nanchang, dont la France était le pays à l'honneur. Ce nouveau voyage a permis la signature de deux protocoles pour l'exportation des volailles et semences porcines. Par ailleurs, Didier Guillaume a coprésidé avec son homologue chinois un comité mixte bilatéral, lors duquel l'objectif d'aboutir à des résultats concrets en 2020 a été réaffirmé, tout particulièrement en ce qui concerne la reconnaissance des critères de zonage en matière de lutte contre la PPA. 

Les perspectives 2020 par Rabobank sur l'ensemble du globe 

La Rabobank vient de publier ses perspectives annuelles sur les protéines animales, intitulées « En quête d'opportunités dans un monde incertain ». Elle fait part de plusieurs sources d'inquiétudes, comme l'impact de la PPA, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, l'incertitude résultant du Brexit, ou encore, les retards actuels dans l'accord Canada-États-Unis-Mexique. Concernant la PPA, le groupe spécialiste de l'agroalimentaire met en garde quant à une propagation du virus dans d'autres régions en 2020. En Europe, « les productions avicole et porcine devraient augmenter, sous l'impulsion des opportunités d'exportation. Par contre, on s'attend à une baisse de la production de viande bovine, en raison de la faible consommation. » En Amérique du Nord, « la production de toutes les espèces animales devrait augmenter en 2020, avec en tête le porc, suivi de la volaille et de la viande bovine. » Enfin, en Asie du Sud-Est, la PPA, qui devrait se propager davantage en 2020, aura un impact sur la production porcine. En réponse à ce phénomène, la production de volailles augmentera à nouveau fortement l'an prochain tandis que la production de viande bovine restera stable.

Porc : l'UE bien positionnée pour exporter vers la Chine 

Selon l'Ifip, les pays de l'Union Européenne ont livré 64% des volumes à la Chine. L'Espagne et l'Allemagne se placent à la tête, suivies du Danemark, des Pays-Bas et de la France. En août, les envois vers la Chine de viande porcine en provenance de l'UE estimés à 169.000 tonnes étaient en hausse de 60% par rapport à août 2018 d'après AHDB. Les volumes vers d'autres destinations ont légèrement diminué?: Japon (-4%/août 2018), Corée du sud (-34%) et les Philippines (-19%). Les exportations américaines vers la Chine ne représentent que 4% des volumes, alors que le Canada a été récemment autorisé à réexporter de la viande porcine. La Chine, 3ème marché d'exportation pour le porc canadien, en a acheté près de 220.000 tonnes en 2019, d'après le gouvernement canadien. Le Brésil (7ème fournisseur de la Chine) exporte de modestes volumes. 

Volailles : une demande portée par l'exportation 

La production de volailles européenne continue sa progression avec une hausse de 2% sur un an au premier semestre 2019. Puisque la Peste porcine africaine entraîne un report de la consommation sur d'autres protéines animales, la Commission européenne prévoit une augmentation de l'offre de 2,5% pour satisfaire la demande croissante en viande de volailles. En Europe, la consommation par habitant est prévue en hausse de 0,5 kg à 25,3 kg, mais c'est surtout la consommation mondiale qui tire la demande. De janvier à juillet 2019, les exportations européennes de viande de volailles ont progressé de 12% sur un an. Selon la Commission européenne, les envois ont bondi vers l'Afrique du Sud de 145% par rapport à l'année dernière même période. Les besoins en provenance des pays de l'Asie du Sud-Est ont aussi été importants (+30% vers les Philippines, +49% vers le Vietnam). Les exportations vers la Chine ont été multipliées par six et devraient continuer de croître. Seules la France et la Pologne sont autorisées à exporter sur le marché chinois. La Commission prévoit des exportations en croissance de 4,5% pour 2019. Mais les filières volailles européennes sont aussi menacées par la croissance des importations. De janvier à juillet 2019, elles ont augmenté de 10% par rapport à la même période en 2018, tirées par les envois brésiliens (+18% et représentant 38% des importations). La Commission prévoit des importations européennes en hausse de 6% sur l'ensemble de 2019.