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Lettre d'information ACS du 25 novembre 2019

Publié le 26 novembre 2019

France: petite hausse des créations d'entreprises en octobre 

D'après des données fournies par l'Insee, les créations d'entreprises en France ont connu une légère hausse de 1% au mois d'octobre, en données corrigées des variations saisonnières. Dans le détail, le nombre des créations d'entreprises classiques a progressé de 2,3% en octobre par rapport au mois précédent, à 37.929, tandis que les nouvelles micro-entreprises sont un peu moins nombreuses en octobre par rapport au mois précédent (-0,4%), à 33.499. Sur les douze mois écoulés à fin octobre, la hausse des immatriculations de micro-entrepreneurs (+23,3%) dépasse de loin celle des créations d'entreprises individuelles classiques (+11,5%) et celle de sociétés (+8,1%). Les créations d'entreprises ont fortement progressé dans l'industrie (+45,1% sur les trois derniers mois et +27,6% sur les 12 derniers mois). Sur un an, le secteur commerce, transport, hébergement et restauration a également enregistré une forte hausse (+15,7%), tout comme celui du soutien aux entreprises (16,4%), de l'immobilier (18,8), de la construction (14,8%) et des services aux ménages (20,8%). 

La Banque de France toujours optimiste 

Selon la dernière note mensuelle de conjoncture économique publiée par la Banque de France, la situation est favorable en octobre pour le secteur de l'industrie et pour les services marchands. La demande y a en effet « nettement » progressé et les effectifs s'affichent en hausse. Concernant le bâtiment et les travaux publics, la croissance devrait être moins forte au cours des prochains mois. 

L'économie sociale et solidaire a créé 1 800 emplois à Rennes depuis 2013 

Une récente étude publiée par l'Audiar révèle que les effectifs de l'emploi dans l'économie sociale et solidaire atteignent aujourd'hui un total de 28 650 postes sur l'aire urbaine de Rennes, soit 12,7% du total des emplois salariés rennais (et de la périphérie). Dans le détail, les secteurs de la finance-assurance, de l'enseignement-formation et de l'hébergement médico-social concentrent une part significative de l'emploi. Depuis 2013, ces différentes entreprises, souvent au statut d'associations, ont créé 1 800 emplois supplémentaires. 

«Gilets jaunes»: le gouvernement dresse un bilan positif des aides aux entreprises pénalisées 

Selon le gouvernement, les mesures prises pour accompagner les entreprises pénalisées par le mouvement des gilets jaunes «ont bien fonctionné». Le ministère du Travail a en effet dressé un bilan chiffré des dispositifs d'aide. Au niveau fiscal, 6.375 entreprises ont notamment bénéficié de «mesures de bienveillance», à savoir des délais de paiement ou des remises d'impôts à hauteur de 121 millions d'euros. Au 31 juillet, 24.607 reports d'échéances sociales ont ainsi été accordés. Et au 23 septembre, 17.541 avaient été soldés ou transformés en délais de paiement. Cela représente un montant de 340 millions d'euros de créances. Par ailleurs, le gouvernement évalue à 230 millions d'euros le coût des dommages enregistrés durant le mouvement, pour un total de 13.000 sinistres. En termes d'emploi, le ministère du Travail a recensé au 14 octobre 2019 5.292 demandes de chômage partiel liées au mouvement, concernant 75.638 salariés. D'autres mesures ont par ailleurs permis de soutenir les entreprises. La banque publique Bpifrance a ainsi relevé de 40% à 70% ses garanties sur les crédits de trésorerie et a accordé des facilités de paiement sur les remboursements de prêts. Des ouvertures dominicales supplémentaires ont aussi été accordées par les préfets pour compenser les pertes d'activité enregistrées lors des samedis de mobilisation des «gilets jaunes». L'État a enfin prévu de cofinancer à hauteur de 5,7 millions d'euros les actions et initiatives de 35 collectivités pour relancer l'activité commerciale dans leurs centres-villes. 

Financement : les banques jouent la simplicité 

Afin de répondre au mieux aux projets d'investissements des entrepreneurs, les banques innovent : crédits en ligne avec réponse sous 48h, modularité des remboursements, interlocuteur dédié à l'accompagnement du projet... Selon la Banque de France, l'accès des PME au crédit est à un " niveau historique", avec plus de 90 % des demandes satisfaites. La baisse des taux d'intérêt a particulièrement incité les entreprises à réaliser des emprunts pour investir. De 2 à 7 ans, l'échelle va de 0,75 à 2,60 %, et pour une durée de 8 à 20 ans, elle s'étend de 1 à 2,90 %, toutes banques confondues. Pour réussir son emprunt, une entreprise doit être au minimum à l'équilibre, sinon rentable, avec un bon prévisionnel qui laisse, une fois toutes les charges et les prélèvements privés retranchés, entre 10 et 15 % de résultat. Côté durée, le crédit aux professionnels suit la logique de l'amortissement comptable et dépasse rarement 15 ans, même pour l'immobilier. 

Le climat des affaires fléchit légèrement, mais reste très bon dans le BTP 

D'après l'enquête mensuelle de l'Insee sur le climat des affaires de l'industrie du bâtiment, un léger fléchissement est constaté en novembre 2019. Si l'indicateur affiche une baisse d'un point, il reste cependant à un niveau élevé (111) par rapport à sa moyenne sur longue période. Ce recul est principalement lié à la dégradation de l'opinion des dirigeants d'entreprise sur leur activité durant les trois derniers mois, passée de 14 à 10 points. Les patrons interrogés restent globalement optimistes concernant les perspectives d'emploi (16 points contre 11 en octobre) et signalent des carnets de commandes bien remplis (huit mois de travail assuré, soit deux mois de plus que la moyenne de longue durée). De son côté, le taux d'utilisation des capacités de production reste stable depuis trois mois, à 91,7 %, ce qui le situe au-dessus de sa moyenne sur longue période (88,6%). Paradoxalement, 46 % des patrons interrogés pointent des goulots de production, notamment dus au manque de personnel pour un quart d'entre eux. 

Baisse alarmante des reprises d'entreprises artisanales 

Une enquête de l'Institut supérieur des métiers (ISM) et de la MAAF met en avant la chute de la reprise des entreprises artisanales. Elle représente moins d'une installation sur 10, soit 9% des entreprises, hors micro-entrepreneurs. Toutefois, cette baisse est moins marquée dans les métiers de l'alimentation et des services. Ces secteurs concentrent 80% des opérations de reprise. Cette tendance à la baisse des reprises d'entreprises artisanales participe à la disparition de certains marchés de niche et savoir-faire. Plus inquiétant, malgré un contexte économique plus favorable, la situation ne s'améliore pas. En effet, « les artisans et commerçants installés en centre-ville reçoivent de la part d'entrepreneurs d'autres secteurs d'activité des offres de reprise de leurs emplacements plus intéressantes que les propositions de reprise de leur affaire ». Par ailleurs, la chute des cessions-transmissions est aussi due au coût d'installation par reprise, ce dernier est beaucoup plus élevé que la création. L'étude met également en avant que la politique de soutien aux entreprises est largement orientée vers les créations. Enfin, ce phénomène trouve une explication dans le manque d'implication des dirigeants dans la quête de leur successeur, bien souvent découragés par la durée de la recherche qui peut aller jusqu'à cinq mois. Le repreneur d'une entreprise artisanale a, dans un cas sur deux, un lien direct avec l'entreprise. Ainsi, un quart y sont salariés et 12% sont membres de la famille du cédant.