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Lettre d'information ACS du 6 janvier 2020

Publié le 06 janvier 2020

France: le climat des affaires stable en décembre malgré les grèves 

D'après l'Insee, le climat des affaires en France est resté stable en décembre par rapport au mois de novembre. L'indicateur synthétique, calculé à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité marchande, se situe à 106 points, soit au-dessus de sa moyenne de longue période qui est de 100. Dans le détail, le climat des affaires est passé de 106 à 108 dans le commerce de détail entre novembre et décembre. Il a également gagné un point dans le secteur des services, à 107 points. Il est stable dans l'industrie (102) et le bâtiment (111). Le climat de l'emploi, en revanche, «s'altère légèrement» en se repliant à 106 points, son niveau d'octobre, mais il reste nettement au-dessus de sa moyenne de longue période. Cette tendance est essentiellement due à une dégradation des perspectives d'emploi dans les services, hors intérim mais aussi dans l'intérim. 

Financement bancaire des PME de la zone euro : état des lieux 

Depuis plusieurs années, la Banque centrale européenne (BCE) soutient les économies de la zone euro via son programme d'assouplissement quantitatif favorisant l'octroi de prêts bancaires. Si 70% du financement externe des PME européennes reste assuré par les prêts bancaires, ces structures ont vu le déficit de financement bancaire passer de 6% du PIB en 2015 à 3% en 2019, soit 400 milliards. Cela s'explique par les taux d'intérêt historiquement bas sur les prêts bancaires et leur plus grande disponibilité grâce au soutien de la BCE qui dope l'offre de prêts, principalement en Allemagne, France, Belgique et aux Pays-Bas. Des disparités sont observées selon les régions. Le plus grand déficit de financement bancaire des PME en 2019 est ainsi enregistré aux Pays-Bas où il représente 22% du PIB, puis en Belgique (14%), en France (9%) et Italie (4%). Les PME grecques continuent d'être très affectées par le manque d'accès au financement : un quart d'entre elles disent qu'il s'agit de leur principal problème, tout comme 9% des PME italiennes et irlandaises et 8% de leurs homologues françaises. 

Investissements d'avenir : Philippe attend un nouveau programme début 2020 

D'après le rapport d'évaluation du programme d'investissements d'avenir (PIA), remis en décembre au Premier ministre Edouard Philippe, ce plan a permis de « limiter la dégradation de l'investissement » et d'« augmenter la croissance de l'économie française », entre 1,1 et 1,7 point de PIB (en valeur 2018-2019) en cumulé depuis son lancement il y a dix ans. Si le PIA a contribué au renforcement du potentiel de recherche et d'innovation de la France, le travail d'évaluation a toutefois mis en évidence un besoin de renouvellement des priorités stratégiques d'investissement ainsi qu'une simplification nécessaire des outils d'intervention de l'Etat. Dans la perspective d'un nouveau plan, le gouvernement a fixé deux objectifs: « financer des investissements exceptionnels » tels que définis dans le pacte productif 2025 et la loi de programmation de la recherche ; garantir des financements pérennes à des projets « d'enseignement supérieur, de recherche et d'innovation (...) pour faire de la France le terreau le plus fertile en Europe pour les chercheurs et les entrepreneurs». Ces objectifs devront être déclinés en «propositions précises d'ici février 2020 », sous le pilotage du SGPI et des ministères concernés, notamment l'Enseignement supérieur et la recherche, Bercy et le ministère de la Transition écologique. 

Les créations d'entreprises battent un nouveau record cette année en France 

Sur les onze premiers mois de l'année, 750.000 entreprises ont été créées, soit plus que sur toute l'année 2018. Dans le détail, ce sont les micro-entreprises qui ont le plus profité de cet engouement : environ 400.000 créations pour l'année 2019 (+25% par rapport à 2018). D'une manière générale, le nombre d'entreprises en France augmente d'environ 200.000 par an en net. Les raisons de cette dynamique : nombreuses aides à la création d'entreprises, faibles taux d'intérêt, conjoncture économique favorable, vision positive de l'entreprenariat. Tout n'est pas rose pour autant chez les entrepreneurs. D'abord parce que, trois ans après leur création, seules un gros tiers des microentreprises sont encore actives. Ensuite parce que le revenu moyen des micro-entrepreneurs actifs n'était que de 470 euros par mois en 2017 selon l'Insee. Enfin, le taux de survie des entreprises créées, même hors microentreprises, baisse avec le temps. Après cinq ans, près de la moitié des entreprises créées ont fait défaillance et les trois quarts après dix ans. 

Situation financière et financement des TPE et PME : rapport de l'OFE 2019 

Dans son rapport rendu public fin décembre, l'Observatoire du financement des entreprises (OFE) fait le point sur la situation financière des PME et TPE françaises, et sur leur accès au crédit. L'amélioration de la situation financière des PME-TPE est nette par rapport à la situation du milieu des années 2010 avec un renforcement des capitaux propres et des créations d'entreprises qui sont au plus haut depuis 10 ans. Si plus de la moitié des PME-TPE affichent des chiffres d'affaires de moins de 100.000 euros, leur part dans les effectifs salariés, comme dans la valeur ajoutée des entreprises (plus de 20 %) et leur présence sur tout le territoire en font des acteurs clés de l'économie française. La situation financière des TPE et des PME affiche toutefois des disparités. Ainsi, une TPE sur 5 présente des fonds propres négatifs ou nuls. Alors que les demandes de crédit de trésorerie des TPE ont tout de même été satisfaites à 70% et celles d'investissement à 87%, les PME ont obtenu en moyenne à 90% les crédits de trésorerie demandés et à plus de 95% leurs crédits d'investissement. L'Observatoire souligne aussi que 85% des dettes financières des PME sont formées de crédit bancaire. Deux points noirs sont pointés par l'organisme : le non-respect des délais de paiement mais aussi le manque de compétences financières des chefs d'entreprise. 

Le Gouvernement facilite un peu plus l'accès des PME aux marchés publics 

Publié au Journal Officiel le 23 décembre, le décret, relevant de 25.000 à 40.000 euros le seuil en dessous duquel les candidats à un marché public sont dispensés de publicité et autres formalités administratives, est entré en vigueur le 1er janvier 2020. « Ces nouvelles mesures de simplification du quotidien des entreprises visent particulièrement les TPE et les PME, qui ne disposent pas d'un service juridique structuré pour répondre aux lourdes formalités des marchés publics », a indiqué Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, dans un communiqué. Le décret poursuit également la réforme de revalorisation des avances versées aux PME titulaires de marchés publics en ouvrant le dispositif aux établissements publics de l'Etat ainsi qu'aux acheteurs publics locaux. A compter du 1er janvier 2020, le montant minimum des avances versées aux PME titulaires de marchés conclus avec ces catégories d'acheteurs sera doublé, à 10% du montant du marché. Le montant total des avances de trésorerie versées aux PME depuis la réforme de 2018 est estimé à 350 millions d'euros. 

Forte hausse des créations d'entreprises dans la construction pour la fin 2019 

La fin de l'année 2019 a été particulièrement dynamique en matière de création d'entreprise dans le secteur de la construction. Selon des chiffres de l'Insee, à fin novembre, pas moins de 7.738 entreprises ont été créées dans le bâtiment et les travaux publics, contre 7.224 le mois précédent, soit une hausse de 7,1%. Mais sur 12 mois cumulés, la progression est encore plus frappante : entre novembre 2018 et novembre 2019, le BTP a vu le nombre de ses créations de sociétés décoller de 16,5%.