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Lettre d'information ACS du 20 janvier 2020

Publié le 20 janvier 2020

La France championne de l'attractivité industrielle, mais bilan mitigé dans l'Ouest 

Selon les résultats d'un baromètre réalisé par EY, la France conserve pour la seconde année sa première place européenne en matière d'investissements industriels directs à l'étranger (IDE). La France a en effet accueilli 18 % des projets de création et d'extension d'unités de production portés par des investisseurs étrangers en Europe. Avec la réalisation de 339 projets de création et d'extension d'unités de production en 2018, l'Hexagone précède la Turquie (203 projets) et l'Allemagne (152 projets). Le cabinet d'audit souligne que si "70 % des dirigeants d'entreprises étrangères sont confiants quant aux perspectives de l'industrie en France", ils restent néanmoins prudents "dans leurs investissements, avec une majorité d'extensions et des projets qui ne créer qu'une trentaine d'emplois en moyenne". Parmi les points de vigilance relevés : l'éducation et la formation (37 %), le soutien aux PME (36 %), la diminution des coûts de main-d'oeuvre (32 %), le soutien aux industries de haute technologie et à l'innovation (32 %), ainsi que la diminution de la pression fiscale (26 %). D'un point de vue géographique, le pays est tiré par les Hauts-de-France, le Grand Est et l'Auvergne Rhône-Alpes. Si les Pays de la Loire arrivent en cinquième position avec 8% des projets), la Normandie (6%) et la Bretagne (4%) progressent plus difficilement. 

L'embellie des indicateurs bretons 

Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee Bretagne, la région profite d'une embellie du marché de l'emploi, ce qui lui permet d'afficher le taux de chômage le plus bas de France (7,1%). Grâce à la création nette de 16.600 emplois sur un an, l'emploi salarié a progressé de 1,4 % en Bretagne, c'est-à-dire à un rythme plus soutenu que la moyenne nationale. Si la Bretagne peut être auréolée du titre de « premier de la classe », c'est aussi grâce au département l'Ille-et-Vilaine, qui fait figure de surdoué (6,5 %). De plus, l'intérim, considéré comme un indicateur avancé de l'emploi, a progressé de 3,4 % sur un an, alors qu'il recule au niveau national (-1 %). Les créations d'entreprises s'affichent également à la hausse. Au 3e trimestre, on a assisté à un redémarrage des créations d'entreprises (7.000), tandis que les défaillances ont reculé bien plus vite que dans le reste de la France. La Bretagne se démarque également par un secteur de la construction bien orienté (permis de construire délivrés en hausse de 1,2%). Enfin l'« effet canicule » a été particulièrement bénéfique au secteur touristique régional et a largement compensé la désaffection de la clientèle étrangère (-7,5 %). L'emploi progresse, le chômage est au plus bas, la construction redémarre, et les hôtels font le plein : tous les indicateurs sont au vert. 

Pénurie de main-d'oeuvre en Ille-et-Vilaine 

A l'occasion de ses voeux, Emmanuel Thaunier, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) d'Ille-et-Vilaine, a souligné la bonne santé des entreprises du département. Il a néanmoins précisé que les commerces avaient pâti des manifestations à répétition et de l'ouverture des grandes surfaces le dimanche. Revers de ce dynamisme économique : la pénurie de main d'oeuvre. Pour remédier à cette situation, le président de la CCI 35 suggère d'aller chercher des candidats hors de la Bretagne, dans des régions où le chômage est plus important. L'emploi passant également par l'apprentissage, Emmanuel Thaunier a annoncé la fusion des CFA en une seule entité à partir de septembre 2020. L'objectif étant pour la CCI de se renforcer sur le marché de la formation. 

16 PME innovantes dans la première promo de Boost'Up Bretagne 

Constituée d'entreprises issues du numérique, de l'ingénierie ou encore de l'agroalimentaire, la première promotion de Boost'Up Bretagne réunit 16 PME innovantes à fort potentiel de développement. Parmi celles-ci, neuf sont rennaises. Mis en place par Bpifrance, la Région Bretagne et les sept technopoles de Bretagne, ce dispositif va offrir à des PME innovantes un accompagnement sur dix-huit mois articulé autour de trois axes. Leurs dirigeants seront également accompagnés en termes de conseil, avec la réalisation, par un consultant, d'un diagnostic individualisé pour identifier les leviers de croissance de l'entreprise. Les promotions de Boost'Up Bretagne, qui seront à chaque fois constituées de 15 à 20 structures, visent à intégrer des PME en forte croissance, réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 2 millions d'euros pour un effectif de plus de vingt salariés. Le chiffre d'affaires moyen des 16 premières PME sélectionnées s'élève à 4 millions d'euros. Toutes exportent et 60% d'entre elles disposent déjà d'implantations à l'étranger. D'ici à fin 2020, elles projettent de recruter globalement 180 collaborateurs.

La France devient un pays d'entrepreneurs 

En 2019, 815.257 sociétés ont vu le jour, soit 17,9 % de plus qu'en 2018 qui était déjà une excellente année. Parmi ces affaires nouvelles, un peu moins de la moitié ont le statut de microentreprises (47,4 %) – mais on compte aussi 201.287 sociétés et 181.885 entreprises individuelles classiques. Selon Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), ce dynamisme entrepreneurial doit beaucoup à trois éléments : la réforme de l'assurance-chômage de 2014 qui permet aux demandeurs d'emploi de créer leur entreprise tout en percevant leurs allocations, la conjoncture économique plutôt positive qui incite les porteurs de projet à se lancer et les mesures fiscales et sociales prises par le gouvernement d'Emmanuel Macron en faveur de l'entrepreneuriat. Ce dynamisme peut néanmoins s'interpréter comme le symptôme d'une précarisation du marché du travail. Qu'il s'agisse de cadres en milieu de carrière qui choisissent de se mettre à leur compte avant de retrouver un poste salarié ou de personnes qui se tournent vers des métiers de service (livraisons, services à la personne…) peu qualifiés, beaucoup de créateurs le deviennent par défaut. Dans le détail, les secteurs les plus dynamiques en 2019 ont été ceux des services aux ménages (+ 28,4 %) et du « soutien aux entreprises » (activités de consulting, structures spécialisées dans le coaching personnel…). Le secteur de l'industrie connaît également un bond inédit (+ 33,5 %). 

Le bâtiment recrute : 9.000 projets d'embauche en Bretagne 

D'après Xavier Champs, le président de la fédération du bâtiment d'Ille-et-Vilaine, si l'année 2019 a été marquée par de nombreux recrutements (+3,5% en CDI, +5% pour l'intérim), il faut s'attendre à un « atterrissage en douceur » pour 2020. Le scénario d'activité qui se dessine pour l'année à venir se traduirait par une activité en légère hausse pour la construction de logements. Pour la partie entretien amélioration, la réforme du CITE, crédit d'impôt pour la transition énergétique, risque d'aboutir à une baisse d'activité au second semestre. La FFB s'inquiète en revanche du principe de « zéro artificialisation », qui aboutira à interdire de construire en dehors des zones déjà construites. 9.000 projets d'embauche sont recensés en Bretagne, dans le secteur du bâtiment. 

L'artisanat du bâtiment ralentit, les professionnels pessimistes pour 2020 

Selon la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), la croissance de l'activité de l'artisanat du bâtiment a fortement ralenti au 4ème trimestre 2019, malgré un taux de chômage en baisse et des taux attractifs. Selon l'organisation, ce ralentissement s'explique notamment par « l'attentisme des clients face aux mesures d'aides aux travaux de transition énergétique» ainsi que par «le ralentissement global de la croissance du pays». La croissance annuelle retombe donc à 1,5% en volume, contre 2,5% en 2018. L'artisanat du bâtiment s'attend à enregistrer une croissance peu dynamique en 2020.